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Usine de produits agro-alimentaires dite Société coopérative de consommation de Strasbourg et environs, puis Union des Coopérateurs d'Alsace

Dossier IA67012101 réalisé en 1992

Fiche

La mise à jour du dossier intervient dans le cadre d'une opération d'urgence menée en décembre 2008 en raison du déménagement progressif des activités de l’Union des Coopérateurs d’Alsace (COOPE) au profit de sa plate-forme logistique de Reichstett et de l'avenir incertain du site au terme de ce mouvement de transfert. Cette opération d'urgence est menée par Frank Schwarz et la campagne de prises de vues est assurée par Claude Menninger et Frédéric Harster. En 2015, après le départ définitif de l’Union des Coopérateurs d’Alsace de ses locaux historiques et la définition d'un projet de reconversion du site, un complément de prises de vues est mené par Frédéric Harster.

Dans le cadre de cette reprise d'étude, le titre courant a été précisé et certaines informations liées aux matériaux de construction et de couverture, au type de couverture et au nombre d'étages ont été complétées.

Appellations union des Coopérateurs d'Alsace
Parties constituantes non étudiées atelier de conditionnement, atelier de réparation, entrepôt industriel, magasin industriel, bureau, cantine, vestiaire d'usine, chaufferie, cheminée d'usine, remise ferroviaire, voie ferrée, passerelle, poste de chargement, cour
Dénominations usine de produits agro-alimentaires
Aire d'étude et canton Strasbourg
Adresse Commune : Strasbourg
Lieu-dit : Port du Rhin
Adresse : 3 rue de la Coopérative
Cadastre : 1990 HZ/58.N : 155, 157, 158, 151ET152ET154ET183ET189ET195ET197ET209ET223/153

L'usine fut fondée en 1911 (porte la date) autour d'une boulangerie industrielle, avec une extension vers 1930 (construction d'un bâtiment abritant des bureaux, une cantine, un vestiaire d'usine et une petite chaufferie en sous-sol) et une autre au cours des années 1950, plus significative, car elle signale une diversification des activités. Sont alors construits : un atelier d'embouteillage, une unité de transformation de la viande et des magasins industriels. Le bâtiment abritant la chaufferie (avec cheminée d'usine) et le service technique n'a pas pu être daté. C'est en 1976 que l'Union des Coopérateurs d'Alsace aurait racheté d'anciens magasins militaires ouvrant au No 10 de la rue du Port du Rhin, qu'elle a utilisés pendant une vingtaine d'années comme entrepôts industriels. Ces bâtiments sont aujourd'hui désaffectés. L'U.C.A. diffuse les produits alimentaires de ses adhérents via le réseau de ses magasins de distribution (enseigne COOPE).

Étude d'urgence 2008/2015 :

La création de la Société coopérative de consommation de Strasbourg

Le 15 septembre 1902 se tient à Strasbourg une assemblée constitutive qui donne naissance à la Société coopérative de consommation de Strasbourg et environs à l’initiative d’un certain nombre d’ouvriers parmi lesquels le métallurgiste Zabka, le typographe Ruhfel et le traiteur Meyer. Elle adopte le sigle COOPE. Cette société fédère, à ses débuts, 125 familles avec pour objectifs « d’acheter ou de fabriquer des denrées alimentaires de provenance alsacienne ou non, pour les revendre au prix le plus juste ». Dès le 28 novembre 1902, un premier magasin est ouvert rue des Dentelles à Strasbourg qui servira également d’entrepôt. D’autres magasins voient le jour dans les années suivantes dans les quartiers strasbourgeois du Neudorf, de la Krutenau et de Cronenbourg mais également à Schiltigheim (Bas-Rhin) et rue de Bischwiller et rue de Molsheim à Strasbourg. Trois boulangeries sont aussi créees pour répondre à la demande.

L'installation au Port du Rhin

Les locaux de la rue des Dentelles se révèlent rapidement trop exigus pour stocker les denrées du fait du développement de la société qui compte de plus en plus de coopérateurs. Les sociétaires décident alors la construction d’un vaste entrepôt central doté d’une boulangerie industrielle. En juin 1911, ils font l’acquisition, auprès de la Ville de Strasbourg, d’un terrain situé au Port du Rhin dans la partie nord de la Sporeninsel, l’île aux épis de rétention et de stabilisation entre Rhin et Petit-Rhin. Le terrain est situé dans une zone où la municipalité strasbourgeoise a décidé, dès 1886, la construction d’un port relié au Rhin par un chenal d’une profondeur de 2 mètres. Cet emplacement est choisi en raison de son intérêt en termes d’accès, de transport, de déchargement, de stockage mais aussi pour ses possibilités d’extension future. Les bâtiments initiaux comprennent un entrepôt central et des locaux administratifs pour accueillir le siège social de la société (A1) ainsi qu’une boulangerie industrielle (B1). Les plans en sont dressés par les architectes Eugène Haug et Edouard Kettner. Les travaux débutent sous leur contrôle au mois de juillet 1911 et le site est inauguré en mai 1912.

Dans le même temps, la COOPE multiplie les points de vente sur le territoire régional et développe même ses activités outre-Rhin en reprenant les magasins de vente de la Société coopérative de consommation d’Offenbourg et en ouvrant un magasin à Lahr.

Le développement du site

Dès 1916, elle fait l’acquisition d’un terrain de 22,67 ares qui jouxte son entrepôt central, à l’est, afin de disposer de la réserve foncière nécessaire à ses projets d’extension. Durant la première guerre mondiale, la boulangerie industrielle (B1) doit être agrandie avec la mise en place de deux nouveaux fours. En 1920, les bâtiments initiaux sont également agrandis, au nord.

En 1923, la COOPE fait l’acquisition d’un nouveau terrain de 40 ares qui jouxte son entrepôt central, à l’ouest. Elle y aménage des garages et y fait édifier, en 1924, un chai d’une contenance de 2 573 hl ainsi qu’une fabrique de pâtes alimentaires (C). La société poursuit son développement et compte plus de 60 succursales en 1923. En 1927, au moment de son 25e anniversaire, elle affiche 25 000 sociétaires.

En 1928-1929, l’entrepôt central connaît de nouvelles extensions. Un corps de bâtiment (B2) de quatre niveaux, orienté est-ouest, vient prolonger les constructions originelles, au nord. La surface de bureaux et de magasins est ainsi plus que doublée. A l’est du site, on édifie un hangar à bois et un dépôt de sel, aujourd’hui disparus. Le chai (C) est également agrandi et sa contenance est portée à près de 10 000 hl.

En 1930, une nouvelle campagne de travaux est menée avec la construction d’ateliers de menuiserie et de serrurerie (E), de garages couverts de quatre travées de toit à longs pans aujourd’hui disparus et, au nord-ouest du site, d’une cave à bière (D) équipée d’une unité de sous-tirage. Dans le même temps, la boulangerie industrielle (B1) est agrandie et dotée d’un four automatique et d’une unité de pâtisserie industrielle. On aménage également, au sein des locaux, un atelier de torréfaction du café. A cette extension des locaux répond une augmentation des effectifs employés sur place qui passent de 480 en 1927 à plus de 800 en 1932.

En 1932, on procède à la construction d’un hangar à charbon aujourd’hui démoli, dans le prolongement sud du magasin à bois. Deux années plus tard, l’extension se poursuit au nord-est de l’emprise usinière avec l’édification, à l’emplacement du grand chai actuel et de ses espaces de stockage et de production (I) d’un hall pour l’emballage et d’un vaste garage. Dans le même temps, on procède à l’installation de nouvelles cuves au sein de la cave à vin d’une capacité de stockage supplémentaire de 1 144 hl et on y introduit le traitement par le froid.

La reconstruction du site suite à la deuxième guerre mondiale

En 1940, alors que les troupes allemandes pénètrent dans Strasbourg, l’entrepôt central est la proie des flammes. Des travaux de reconstruction sont menés rapidement mais l’ensemble des biens de la Société coopérative de consommation de Strasbourg et environs est mis sous séquestre et la société elle-même est absorbée par une entreprise allemande. Au cours de l’hiver 1944-1945, de nouveaux bombardements endommagent fortement les bâtiments.

Les travaux de reconstruction sont conduits par l’architecte strasbourgeois Adolphe Schulé. La Société coopérative de consommation de Strasbourg et environs réintègre son siège social en juin 1946. En 1950, le chai est une nouvelle fois augmenté d’une capacité de stockage de 3 045 hl portant sa contenance totale à plus de 14 000 hl. L’année suivante, Adolphe Schulé livre les plans d’un entrepôt (A2) qu’il accole aux bâtiments originels (A1), par l’est. Les travaux sont menés au cours des années 1951-1952. Parallèlement, la société poursuit son développement, multiplie les ouvertures de points de vente et comptabilise plus de 100 000 sociétaires en 1953.

La construction du nouveau chai

En 1959, un nouvel entrepôt (H) d’une surface de 8 157 m2, destiné à accueillir l’unité d’emballage, la mercerie et l’électroménager, est construit au nord-est du site, selon les plans d’Adolphe Schulé. En 1961, sont lancés les travaux d’un nouveau chai (I) édifié au nord du site, en lieu et place du hall pour l’emballage et d’un vaste garage construits en 1934. Également conçu par l’architecte Adolphe Schulé et exécuté par l’entreprise de gros-œuvre Borsari et Cie de Paris, le bâtiment comprend 148 cuves en ciment verré d’une contenance totale de 35 296 hl. Lors de sa mise en fonction, ce chai est considéré comme le plus moderne de l’Est de la France. C’est à cette époque que la COOPE, qui compte alors 3 400 employés dont 1 200 occupés dans l’entrepôt central et 2 200 dans les succursales, se tourne résolument vers la distribution moderne et ouvre le premier supermarché du mouvement coopératif français en 1961.

Le nouveau chai (I) est agrandi vers le nord et l’est en 1963-1964. La cuverie est augmentée d’une superficie de 336 m2. De nouvelles surfaces de stockage et une salle de tirage sont également créées représentant 14 562 m2. Installée au 1er étage, la salle de tirage est équipée de cinq chaînes d’embouteillage, trois pour le vin à grand rendement, une pour les vins fins et une dernière pour la limonade.

L'heure des fusions et de la diversification commerciale

En 1967, la Société coopérative de consommation de Strasbourg et environs, à la tête de près de 500 points de vente à l’enseigne COOPE dans le Bas-Rhin, et les Coopérateurs de Mulhouse, forts de 109 succursales, fusionnent et donnent ainsi naissance à l’Union des Coopérateurs d’Alsace (UCA). Ils sont rejoints, en 1972, par les Coopérateurs de Colmar et environs.

En 1976, l’Union des Coopérateurs d’Alsace se rend acquéreur des locaux des anciennes Caves et entrepôts du Rhin (Cavina) érigés en 1920 selon les plans d’Eugène Haug et ouvrant au N° 10 de la rue du Port-du-Rhin. Ils servent dès lors d’entrepôt industriel. Dans le même temps, l’Union des Coopérateurs d’Alsace ouvre son premier centre commercial Rond-Point à Colmar (Haut-Rhin) et transfère une partie de ses entrepôts au sein de sa nouvelle plate-forme logistique de plus de 20 000 m2 de surface de stockage, érigée à Reichstett (Bas-Rhin). L’épicerie, les liquides et les produits non alimentaires quittent alors l’entrepôt central du Port-du-Rhin.

En 1977, l’Union des Coopérateurs d’Alsace est rejointe par les Coopératives des Mines de Potasse (C.M.P.) et la Coopérative de Mulhouse et Environs (C.M.E.). L’année suivante, elle enregistre une dernière fusion avec son proche voisin, l’Union Sociale qui formera le département Collectivités de l’UCA.

Le transfert des activités vers la plate-forme logistique de Reichstett

En 1997, de nouveaux transferts d’activités sont opérés au profit de la plate-forme logistique de Reichstett. Les produits frais, la boucherie et la charcuterie, les fruits et légumes, l’unité beurre-œufs-fromages quittent à leur tour les entrepôts historiques du Port-du-Rhin, laissant de nombreuses surfaces de stockage sans affectation. En 1999, on procède à la démolition de l’unité de boucherie-charcuterie implantée au nord-est du site et en 2007, à celle des garages construits en 1930, dans le prolongement nord des ateliers de menuiserie et de serrurerie (E).

En 2006, on met fin à l’exploitation du grand chai (I). Dès lors, ne demeurent sur le site du Port-du-Rhin que la direction de la société, les services administratifs, commerciaux et informatiques, un garage et des ateliers techniques établis dans des locaux situés de l’autre côté de la rue de la Coopérative ainsi qu’une activité de boulangerie avec la production de pains et de viennoiseries. De nombreuses surfaces sont inexploitées et d’autres, au sein de l’ancienne cave à bière, servent d’ateliers d’artistes.Aujourd’hui le site se cherche un nouveau destin après le départ, en 2014, de l’Union des Coopérateurs d’Alsace de ses locaux historiques. L’avenir de l’emprise usinière est cependant lié aux évolutions urbanistiques voulues par la Ville de Strasbourg qui ont fait l’objet d’un schéma directeur des Deux-Rives établi en février 2011.

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle , daté par source
Principale : 2e quart 20e siècle , daté par source
Principale : 3e quart 20e siècle , daté par source
Dates 1911, porte la date, daté par source
1920, daté par source
1924, daté par source
1928, daté par source
1930, daté par source
1951, daté par source
1959, daté par source
1961, daté par source
1963, daté par source

Cette usine n'a pas pu être visitée. Elle est pourvue d'une voie ferrée et sa cour intérieure est équipée d'une rotonde ferroviaire. Le bâtiment tout en béton à 4 étages carrés, sous-sol et terrasse abrite les bureaux, la cantine, les vestiaires d'usine et une chaufferie avec cheminée d'usine marchant aujourd'hui. L'atelier de conditionnement effectuant l'embouteillage est un grand bâtiment de plan rectangulaire construit en béton avec une façade en verre. Les anciens magasins militaires aujourd'hui désaffectés sont en brique maçonnée et enduit, avec 1 étage carré et une toiture à deux pans de tuiles. Le petit bureau situé à droite de l'entrée est également en brique maçonnée et enduit, avec 2 étages carrés et toiture en pavillon recouverte de tuiles (pignons couverts).

Plan de situation du site.Plan de situation du site.

Étude d'urgence 2008/2015 :

Une enclave de 6,3 hectares au cœur de la zone d'activités du Port du Rhin

Le site historique de la Société coopérative de consommation de Strasbourg et environs occupe la majeure partie d’un vaste terrain dessinant un demi-cercle, délimité au nord par le tracé rectiligne de la rue du Port-du-Rhin et, au sud, par le tracé convexe de la rue de la Coopérative, doublée d’une voie de chemin de fer. Cette emprise usinière est traversée, en son centre, par un réseau de voies ferrées dédiées. La plaque tournante, autrefois implantée dans la cour de l’usine, a aujourd’hui disparu. Les services techniques de l’entreprise ont par ailleurs annexé un terrain à l’ouest du site, de l’autre côté de la rue de la Coopérative. La surface globale occupée par l’Union des Coopérateurs d’Alsace au Port-du-Rhin, jusqu’à son départ récent, représente 6,3 hectares.

Le site s’organise autour des bâtiments originels : entrepôt industriel et bureaux (A1) et boulangerie industrielle (B1) qui ont connu une première extension importante en 1928-1929 (B2) puis une seconde en 1951 (A2). Au nord-ouest de ce noyau initial, se dressent le chai et la fabrique de pâtes alimentaires (C) édifiés en 1924 et, dans leur prolongement ouest, la cave à bière (D), bâtie en 1930. Édifies la même année, les ateliers de menuiserie et de serrurerie (E) sont accolés à la boulangerie industrielle, par l’ouest. Le logement patronal (F) est implanté à l’arrière des bâtiments originels, en cœur de parcelle. Sur la portion nord de l’usine, sont alignés un entrepôt industriel (H), le nouveau chai augmenté d’un entrepôt industriel et d’une salle d’embouteillage (I) et l’entrepôt industriel (J) autrefois occupé par la société des Caves et entrepôts du Rhin (Cavina). Enfin, le long de la rue du Port-du-Rhin, sont implantés un logement de contremaître (G) ayant également servi d’infirmerie, un logement ouvrier (L) et, à l’extrême nord-est du site, un magasin de commerce (Q). Entre ces constructions, des garages pour automobiles, des garages à vélo et un blockhaus sont alignés en retrait de la clôture en gravillons lavés.

Les entrepôts originels

L’une des deux constructions initiales (A1), qui accueillait un entrepôt industriel et des bureaux, est un bâtiment de plan rectangulaire, à quatre étages carrés sous un toit à longs pans avec grande croupe et couverture de tuile en écaille. Édifiée en maçonnerie de brique enduite sur un soubassement en blocs de grès bouchardés, elle présente une élévation sur rue à trois travées avec avant-corps en partie médiane. L’élévation ouest est flanquée d’un quai de chargement. Le bandeau d’étage en partie haute et les appuis saillants des fenêtres sont en grès. Ce bâtiment originel (A1) a été prolongé à l’est par une extension (A2) à ossature porteuse faite de poteaux et de poutres en béton armé et remplissage en brique enduite. De plan rectangulaire au sol et couvert d’un toit en terrasse recouvert de bitume, cette construction comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée et cinq étages carrés, la partie centrale étant évidée au niveau des étages. La tourelle du monte-charge émerge en toiture Les élévations nord, sud et est sont flanquées d’un quai de chargement et couronnées d’une corniche et d’un acrotère en béton armé. Les étages sont percés de grandes baies rectangulaires avec appuis saillants en béton. L’entrepôt initial et son extension (A1 et A2) sont séparés de la boulangerie industrielle (B1) par un corps de passage traversé par une voie de chemin de fer. La partie antérieure de ce corps de passage est protégée par un auvent en béton armé. La partie médiane forme une cour recouverte d’une verrière à charpente métallique. L’accès à cette partie de l’usine s’effectue par un portail à deux battants métalliques portant chacun la dénomination sociale COOPE en lettres entrelacées.

La boulangerie industrielle

La boulangerie industrielle (B1) s’inscrit en symétrie du bâtiment de stockage et de bureau (A1) qui se dresse à sa droite. De plan rectangulaire, elle compte quatre étages carrés sous un toit à longs pans avec grande croupe et couverture de tuiles en écaille. Édifiée en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès bouchardés, elle présente une élévation sur rue à trois travées avec avant-corps en partie médiane. Le bandeau d’étage en partie haute et les appuis saillants des fenêtres sont en grès. Le soutènement intérieur est assuré par un système de poteaux et de poutres en béton armé. La boulangerie au rez-de-chaussée est équipée de deux fours récents et se déploie partiellement dans une extension en rez-de-chaussée qui flanque l’élévation occidentale du bâtiment. Cette extension intègre une cheminée d’usine en brique, de forme tronconique, ornée du millésime 1911 en briques rouges. L’unité de pâtisserie industrielle est localisée au sous-sol où se situent également des silos à farine de marque Estève. Accolée à la boulangerie par le nord, l’extension de l’entrepôt central (B2) réalisée en 1928-1929, est un bâtiment de plan rectangulaire irrégulier, à quatre étages carrés sous un toit à longs pans et croupes couvert de tuiles en écaille. Édifiée en maçonnerie de brique enduite, il est percé de nombreuses baies rectangulaires avec appuis saillants en grès. Le soutènement intérieur est assuré par un système de poteaux et de poutres en béton armé.

Le chai initial et la fabrique de pâtes alimentaires

Le chai initial et la fabrique de pâtes alimentaires (C), édifiés en 1924, se composent de deux corps de bâtiment accolés et orientés est-ouest. Le premier, à l’est, comporte un sous-sol et un rez-de-chaussée surélevé sous un toit en terrasse recouvert de bitume. Le second, de plan rectangulaire comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage de comble sous un toit à longs pans et tuiles en écaille d’où émerge, au nord, la tourelle du monte-charge. Son élévation méridionale, donnant sur la cour d’usine, est flanquée d’un quai de chargement protégé par un auvent. L’ensemble est construit en maçonnerie enduite avec un soutènement intérieur fait de poteaux et de poutres en bois pour le bâtiment à l’est, en béton armé pour le bâtiment à l’ouest. De grandes baies rectangulaires avec appuis saillants en pierre artificielle ajourent les deux bâtiments, au sud. Les élévations nord sont percées de baies plus petites et, au premier étage du bâtiment occidental, d’orifices circulaires permettant de ventiler les chambres de séchage des pâtes alimentaires. Ce corps de bâtiment abritait en effet la fabrique de pâtes alimentaires au premier étage et l’unité de fromage à la coupe au rez-de-chaussée. Le rez-de-chaussée du bâtiment accolé était utilisé pour l’emballage des fruits et des légumes. Le sous-sol, commun aux deux corps de bâtiment, servait de cave de garde pour le vin. Il se compose de deux caves en enfilade qui se déploient d’est en ouest et sont reliées, à l’est, au nouveau chai (I) par un tunnel souterrain et, à l’ouest, au sous-sol de la cave à bière (D). La cave située sous la fabrique de pâtes alimentaires abrite 58 tonneaux en bois de petit et de moyen format et la cave orientale, deux séries de cuves en béton disposées de part et d’autre d’un couloir de circulation central.

La cave à bière

La cave à bière (D) est de plan triangulaire et épouse, sur son élévation occidentale à huit travées d’ouvertures, le tracé courbe de la rue de la Coopérative. Édifiée en béton armé avec une ossature de poteaux et de poutres et remplissage en maçonnerie enduite, elle comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé et quatre étages carrés sous un toit en terrasse recouvert de bitume. Le bâtiment est prolongé au sud par une extension en rez-de-chaussée sous un toit en terrasse. L’élévation orientale, donnant sur la cour d’usine, est flanquée d’un quai de chargement protégé par un auvent en béton armé, du local du compresseur avec sa cheminée carrée en brique et d’une cage d’escalier en demi hors-œuvre éclairée au sud par une verrière toute hauteur. L’élévation nord, à sept travées d’ouvertures, était longée par une voie ferroviaire aujourd’hui déferrée. Les étages, majoritairement reconvertis en ateliers d’artistes, sont ajourés de grandes baies rectangulaires à châssis métalliques et appuis saillants en béton armé. Au-sol, la cave de garde contient 14 foudres, d’une contenance de 6 000 à 8 500 litres, de nombreuses cuves en béton marquées de différents millésimes et un tableau de commande des flux avec plaque de marbre.

Les ateliers de menuiserie et de serrurerie

Les ateliers de menuiserie et de serrurerie (E) se composent de deux corps de bâtiment accolés mais décalés au sud pour s’adapter au tracé courbe de la rue de la Coopérative. Construits en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès, ils comportent chacun un rez-de-chaussée et un étage carré sous un toit à longs pans avec croupes et demi-croupes et couverture de tuiles en écaille. Les ateliers sont ajourés de baies avec appuis saillants en ciment moulé. Le soutènement intérieur est assuré par un système de poteaux et de poutres en béton armé.

Le logement patronal

Le logement patronal (F), affecté par la suite à un usage syndical, est implanté à l’arrière des bâtiments originels, en cœur de parcelle. Édifié en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès assisés à motifs rustiques, il comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage de comble sous un toit à longs pans et grande croupe à l’ouest, couvert de tuiles en écaille. Les encadrements rectangulaires des baies sont en grès avec appuis saillants. La partie est du bâtiment abritait la laverie de l’usine.

L’entrepôt industriel établi au nord-est du site

Sur la partie nord du site, sont alignés un entrepôt industriel (H), le nouveau chai augmenté de surfaces d’entreposage et d’une salle d’embouteillage (I) et l’entrepôt industriel ( J) autrefois occupé par la société des Caves et entrepôts du Rhin (Cavina). L’entrepôt industriel (H) de plan rectangulaire comprend un sous-sol, un rez-de-chaussée et deux étages carrés sous un toit en terrasse avec dalles de béton quadrillées d’où émerge, en partie centrale, la tourelle de la cage d’escalier et du monte-charge. Édifié selon un système de poteau-poutre en béton armé avec remplissage en maçonnerie enduite et parement en pierre artificielle, il est éclairé par des baies rectangulaires en bandeau, en partie haute de chaque niveau. Les élévations sont couronnées d’un acrotère en béton armé et flanquées, en rez-de-chaussée, de quais de chargement. A l’ouest, à l’est et au nord, ces quais de chargement sont protégés par de très larges auvents à structure métallique, recouverts de tôle ondulée en ciment amiante et retenus par de longs tirants en treillis métalliques ancrés dans les façades. L’entrepôt est flanqué, dans son angle sud-ouest, d’une cage d’escalier hors-œuvre, ajourée à l’ouest d’une baie vitrée toute hauteur à châssis métallique. Le soutènement intérieur est assuré par cinq rangées de sept poteaux champignons en béton armé. Cet entrepôt est relié aux espaces d’entrepôt du nouveau chai (I) au moyen d’une passerelle aérienne habillée de tôle nervurée et d’un tunnel souterrain.

Le nouveau chai

Le nouveau chai augmenté de surfaces d’entreposage et d’une salle d’embouteillage (I) est un bâtiment de plan rectangulaire, à ossature de poteaux et de poutres en béton armé avec remplissage en maçonnerie enduite et parement de briques rouges pour la partie chai (angle sud-ouest), parement en pierre artificielle pour les espaces de stockage et la salle d’embouteillage. Le chai proprement dit occupe la partie sud-ouest de l’édifice et comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée et trois étages carrés. Il est composé de 148 cuves en ciment verré, allant de 30 à 2 000 hectolitres, réparties sur quatre niveaux (sous-sol, rez-de-chaussée et deux étages) et desservies par des passerelles de circulation en béton armé et garde-corps métalliques. Ces passerelles délimitent des vides, rectangulaires en périphérie et octogonal au cœur du dispositif. Dans le vide central, on a aménagé, en porte-à-faux, le laboratoire et le bureau du chef de cave, intégralement vitrés et de plan hexagonal. Les façades des cuves sont habillées, sur toute leur hauteur, d’un revêtement de faïence colorée. Le dernier niveau sert d’espace de stockage. L’ensemble est ajouré par une travée de shed en béton armé, vitré au nord. Les cuves sont reliées par des canalisations en inox et les flux de vin sont contrôlés au moyen d’un tableau synoptique de marque Gasquet, installé au rez-de-chaussée, avec contrôle schématique de l’ensemble des circuits et signalisation lumineuse des principaux circuits dont certains sont télécommandés, de même que les neuf pompes. Le sol du rez-de-chaussée et l’ensemble des passerelles de circulation sont recouverts d’un carrelage blanc et marron dessinant un fin damier. Le chai est séparé de l’entrepôt, à l’est, par un mur fait de briques de verre n partie centrale. Les extensions du bâtiment, composées des espaces de stockage et de la salle d’embouteillage, occupent l’angle sud-est et toute la partie nord de la construction. Elles comportent un sous-sol, un rez-de-chaussée et trois étages carrés à l’exception de la partie la plus au nord qui n’en compte que deux, formant ainsi un gradin. L’ensemble est coiffé d’une toiture en terrasse avec une verrière en partie centrale encadrée par les tourelles des deux cages d’escalier et des deux monte-charges. Les élévations sont couronnées d’un acrotère en béton armé et flanquées, en rez-de-chaussée, de quais de chargement, sauf à l’ouest où se situe la rampe d’accès au sous-sol. A l’ouest, à l’est et au nord, la rampe d’accès et les quais de chargement sont protégés par de très larges auvents à structure métallique, recouverts de tôle ondulée en ciment amiante et retenus par de longs tirants en treillis métalliques ancrés dans les façades. Les espaces de stockage sont éclairés par des baies rectangulaires en bandeau, en partie haute de chaque niveau. Le soutènement intérieur est assuré par sept rangées de 11 poteaux champignons en béton armé. La salle d’embouteillage est installée au premier étage de la partie nord du bâtiment et compte quatre travées. Les deux travées les plus septentrionales sont ouvertes sur deux niveaux formant un vaisseau éclairé par une verrière en accordéon toute hauteur réalisée par les Ets Wehr et par deux séries de 12 lanterneaux. L’ensemble des machines a été déposé et vendu au moment de l’arrêt de l’activité au début de l’année 2006.

Les anciens locaux de la société Cavina

L’entrepôt industriel (J) autrefois occupé par la société des Caves et entrepôts du Rhin (Cavina), adopte un plan en L ouvert au nord-est sur une grande cour contrôlée par une conciergerie (K). L’aile orientée nord-sud de l’entrepôt industriel (J), construite en maçonnerie enduite, se compose d’un sous-sol et d’un rez-de-chaussée surélevé sous un toit en appentis recouvert de zinc. Son élévation orientale, protégée par un auvent sur arbalétriers en bois, est bordée au sud par un quai de chargement. Au sous-sol, le soutènement est assuré par un système de poteau-poutre en béton armé. L’aile orientée est-ouest se compose de trois corps de bâtiment accolés. Les deux les plus à l’est sont de plan rectangulaire. Édifiés en maçonnerie enduite, ils comportent un sous-sol commun qui abrite des cuves en béton avec couloir de circulation médian, un rez-de-chaussée surélevé et un étage carré sous un toit à longs pans et tuiles mécaniques pour l’un, un toit en terrasse recouvert de zinc pour le second. Les élévations nord et sud sont flanquées d’un quai de chargement, longé au sud par une voie ferrée. Les surfaces de stockage sont ajourées de grandes baies rectangulaires à appuis saillants en pierre artificielle. Ces deux corps de bâtiment sont prolongés à l’ouest par un bâtiment de plan carré qui accueille la cage d’escalier et le monte-charge. Construit en béton armé, il comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé et deux étages carrés sous un toit en terrasse recouvert de zinc d’où émerge, en partie centrale, la tourelle abritant la machinerie du monte-charge.

La conciergerie (K), qui contrôle la grande cour des entrepôts Cavina, adopte un plan en L et comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé et un étage de comble. Édifiée en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès à bossage rustique, elle est coiffée d’un toit à longs pans brisés couvert de tuiles en écaille. Les baies rectangulaires sont encadrées de pierre artificielle avec appuis saillants. Les garages établis à l’est de la conciergerie en reprennent la mise en œuvre : maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès à bossage rustique. L’élévation nord est ajourée de baies en arc segmentaire avec appuis saillants en grès.

Le logement de contremaître

Le logement de contremaître (G,) ayant également servi d’infirmerie, établi le long de la rue du Port-du-Rhin, en bordure nord de l’usine, comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé et un étage carré. De plan rectangulaire et édifié en maçonnerie enduite sur un soubassement en faux appareil, il est coiffé d’un toit à longs pans avec grandes croupes et tuiles en écaille. Son élévation nord, à cinq travées d’ouvertures, est marquée par un léger avant-corps médian à trois travées, encadrées de pilastres cannelés et surmontées d’un fronton triangulaire ajouré d’une baie semi-circulaire. L’élévation occidentale est percée d’une grande porte d’entrée avec encadrement en plein cintre surmontée de quatre petites baies en bandeau. Les encadrements rectangulaires des baies à appuis saillants sont en pierre artificielle. A l’ouest du logement ouvrier, une petite construction en rez-de-chaussée, qui servait de logement au chauffagiste de l’usine, est aujourd’hui convertie en musée privé et présente une collection d’objets liés à l’histoire de la COOPE.

Le logement ouvrier

Le logement ouvrier (L) abrite deux unités d’habitation qui semblent résulter de deux campagnes de construction successives. De plan rectangulaire et construit en maçonnerie enduite, il comporte un rez-de-chaussée et un comble à surcroît sous un toit à longs pans avec croupes et couverture de tuiles en écaille.

Les locaux des services techniques

A l’ouest de l’emprise usinière, de l’autre côté de la rue de la Coopérative, les services techniques étaient établis, jusqu’à leur départ récent, sur un terrain où sont édifiées quatre constructions. Au nord de la parcelle sont implantés des garages (M) en rez-de-chaussée, construits en pan de fer et maçonnerie enduite sous deux travées de toits à longs pans accolées avec charpente métallique apparente et couvertes de tôle ondulée en ciment amiante. Ces deux travées sont adossées au nord à un bâtiment plus ancien, en maçonnerie enduite et soutènement intérieur en poteaux et poutres en béton armé, sous un toit en appentis avec jours centraux. Au fond de la cour, se trouve un hangar (N) de plan rectangulaire en charpente métallique sous un toit à longs pans en tôle nervurée. L’élévation postérieure est fermée au moyen de tôles ondulées. Le hangar sur rue (O), également de plan rectangulaire, est à charpente en bois sous un toit à longs pans en tuiles mécaniques. Les élévations, autrefois ouvertes, ont été closes au moyen de panneaux de bois. Les ateliers (P), en rez-de-chaussée et édifiés en pan de fer et maçonnerie enduite, occupent la partie sud de la parcelle. Ils sont couverts d’une toiture en terrasse sur la partie antérieure et flanqués, à l’arrière d’un corps de bâtiment à longs pans et tôle nervurée.

Murs béton béton armé
brique enduit
verre
pan de fer enduit
grès
maçonnerie enduit
Toit tuile plate, béton en couverture, tuile mécanique, zinc en couverture, tôle nervurée, bitume, verre en couverture, ciment amiante en couverture
Étages sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 5 étages carrés
Couvrements
Couvertures terrasse
toit à deux pans croupe
toit à deux pans demi-croupe
appentis massé
shed
verrière
Énergies énergie thermique
énergie électrique achetée
produite sur place
achetée
États conservations désaffecté
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