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Observatoire astronomique

Dossier IA67007888 réalisé en 2000

L´existence d´observatoires astronomiques à Strasbourg remonte à la fin du 17e siècle.

La tour de l´Hôpital

Le premier observatoire de la ville de Strasbourg est construit en 1673 par Julius Reichelt, professeur de mathématiques, sur la tour de l´enceinte de la ville située à gauche de l´entrée principale de l´hôpital civil. Bien que cet observatoire reste en fonction jusque vers 1825, il est officiellement désaffecté à la Révolution. Transformé en observatoire populaire, il sert alors à l´instruction des élèves et du public.

L´observatoire de la rue de l´Académie

Un deuxième observatoire est édifié en 1828 sur le toit des bâtiments de l´Académie alors installée dans un ancien hospice pour enfants réaménagé à partir de 1826. Les bâtiments abritent aujourd´hui l´école publique primaire de la rue de l´Académie.

Tout au long du 19e siècle cet édifice abrite, outre l´observatoire, le cabinet d´histoire naturelle de Hermann, un cabinet d´anatomie, un laboratoire de chimie, une collection d´instruments de physique, les salles de cours et les bibliothèques des différentes facultés.

Les archives de la rue de l´Académie ayant brûlé lors de l´invasion allemande de 1870, il reste peu de traces des activités de ces deux premiers observatoires.

L´Observatoire allemand

Lorsqu´en 1872 l´Alsace est cédée à l´Allemagne, l´Empereur Guillaume 1er décide de faire de Strasbourg la vitrine de son empire, en y édifiant notamment une université de prestige et un observatoire.

La construction de l´observatoire est confiée à l´astronome August Winnecke (1835-1897), ancien directeur de l´observatoire de Pulkovo, et au "Baumeister" Hermann Eggert. Commencés en 1876, les travaux s´achèvent en 1880. Les instruments astronomiques sont installés durant l´hiver 1880-1881 et l´observatoire est inauguré le 22 septembre 1881 à l´occasion de l´assemblée générale de la « Astronomische Gesellchaft », prestigieuse association internationale d´astronomes dont Winnecke assure alors le secrétariat.

En 1919, lorsque l´Alsace redevient française, l´astronome de l'observatoire de Bordeaux Ernest Esclangon (1876-1944) est nommé à la fois professeur d´astronomie à la faculté des Sciences de l´université de Strasbourg et directeur de l´observatoire. Esclangon modernise les bâtiments en installant l´électricité, le téléphone et la TSF. Il équipe l´atelier de nombreuses machines-outils qui permettent à l´équipe en place de construire une instrumentation moderne et de qualité. Sous son impulsion l´établissement prend place parmi les plus grands observatoires d´Europe. En 1929 Esclangon est nommé à la direction de l´observatoire de Paris (poste qu'il occupera jusqu'à sa mort) et entre à l´Académie des sciences. Son successeur André Danjon (1890-1967), qui deviendra lui aussi académicien et directeur de l´observatoire de Paris de 1945 à 1963, maintient l´établissement au plus haut niveau.

Depuis 1919 l´observatoire est rattaché à la faculté des Sciences puis, à partir de 1972, à l´Université Louis Pasteur. Si les conditions d´observation se sont détériorées et si les instruments sont devenus obsolètes, cet observatoire reste un symbole de prestige pour une science en constante évolution marquée par des changements technologiques importants.

Précision dénomination observatoire astronomique
Parties constituantes non étudiées jardin
Dénominations observatoire
Aire d'étude et canton Strasbourg
Adresse Commune : Strasbourg
Adresse : 011 rue de l' Université

La construction de la grande coupole, du bâtiment méridien, des logements, ainsi que des galeries reliant les différents édifices et de la rotonde a débuté en 1877. Elle s'inscrit dans le cadre de l'édification de la nouvelle université, décidée par l'empereur allemand Guillaume Ier en 1872. Les 5 mires et la cabane mobile datent aussi de cette époque. La coupole métallique du jardin, aujourd'hui disparue, avait été construite dès 1874 pour y faire des observations avant l'achèvement des bâtiments. Réalisés par Hermann Eggert (par ailleurs architecte du Palais du Rhin de Strasbourg), selon les plans d'August Winnecke, directeur de l'Observatoire jusqu'en 1886, les bâtiments sont inaugurés en 1881. Le bâtiment méridien est pourvu d'une annexe en 1930. Celle-ci est rehaussée d'un étage en 1958. On y aménage un planétarium en 1982 (à l'emplacement de la salle méridienne Cauchoix) et, en 1987, une crypte aux étoiles dans les sous-sols. En 1995, la nouvelle bibliothèque est aménagée dans la salle méridienne Repsold et le bâtiment de la grande coupole est restauré. En 1998 ce dernier est pourvu d'extensions cubiques à chacun de ses angles.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle
Secondaire : 2e moitié 20e siècle
Dates 1877, daté par source, daté par travaux historiques
1930
1958
1982
1987
1995
1998
Auteur(s) Auteur : Eggert Hermann, architecte, attribution par source
Personnalité : Winnecke August, commanditaire

L'ensemble est composé à l'origine de trois bâtiments : la grande coupole avec au rez-de-chaussée des salles pour l´administration et une salle de cours, à l´est un bâtiment regroupant les deux instruments méridiens, une petite lunette équatoriale et un altazimut, et au sud le logement du directeur et la bibliothèque. L´observatoire s'intègre dans le plan général du campus universitaire, le bâtiment de la grande coupole étant précisément situé dans le prolongement de l'axe reliant le Palais du Rhin au Palais Universitaire. Les trois bâtiments, de style néo-renaissance, sont reliés entre eux par trois galeries couvertes percées de fenêtres qui se rejoignent dans une rotonde. Ces galeries permettaient de circuler facilement d'un bâtiment à un autre tout en maintenant à l´écart la fonction habitation et en isolant la grande lunette des autres instruments. Elles matérialisent la disposition particulière des bâtiments orientés suivant 3 directions à 120° les unes des autres. La petite coupole et l´ancienne cabane mobile de l´héliomètre sont situées dans le périmètre du parc de l'Observatoire, au sud du bâtiment méridien, tandis que les cinq cabanes abritant les mires se trouvent dans le Jardin Botanique (au nord pour les mires nord de l'instrument méridien et de l'altazimut, au sud pour les mires sud de l'instrument méridien, de l'altazimut et de l'héliomètre. Le programme architectural d'origine tient compte de certaines contraintes scientifiques spécifiques des observatoires astronomiques de la fin du 19e siècle : à l'écart de l'agglomération, implantation du bâtiment abritant l´instrument le plus important dans un bâtiment isolé, orientation astronomique du bâtiment abritant les instruments méridiens, piliers des instruments conçus en vue d´assurer la meilleure stabilité possible. L´observatoire de Strasbourg se trouvant au centre d'une vaste plaine alluvionnaire, des dispositions particulières furent prises : ensemble du bâtiment de la grande coupole reposant sur un socle en béton de 1,50 m d´épaisseur coulé sur la nappe phréatique, surélévation des salles méridiennes pour cause de brouillard récurrent, piliers creux reposant sur des fondations en béton coulées au niveau de la nappe phréatique pour les autres coupoles, système de piliers creux à contreforts pour les instruments méridiens. Afin d´éviter la transmission de vibrations, chacun des piliers était par ailleurs soigneusement isolé des murs du bâtiment.

Murs grès
bois
pierre de taille
Toit zinc en couverture
Statut de la propriété propriété de l'Etat
Intérêt de l'œuvre à signaler

Annexes

  • L´architecture spécifique de l´Observatoire

    Le site

    L´Observatoire actuel a été construit entre 1877 et 1881 dans le cadre de l´édification de la nouvelle université décidée par l´empereur allemand Guillaume Ier en 1872. Les bâtiments ont été réalisés par Hermann Eggert, par ailleurs architecte du Palais du Rhin, selon les plans d´August Winnecke, directeur de l´Observatoire jusqu´en 1886. L´ensemble est composé de trois édifices : la grande coupole, le bâtiment méridien qui abrite actuellement la bibliothèque et le Planétarium, et la maison qui abritait autrefois les appartements du directeur. Ces édifices sont reliés par des galeries couvertes qui se rejoignent en une rotonde au milieu du jardin. Ainsi, contrairement aux observatoires de Paris ou de Vienne, l´observatoire de Strasbourg n´est pas constitué d´un seul bâtiment. Pour autant la disposition générale n´est pas éclatée comme dans les observatoires français construits dans les années 1880 où chacun des instruments possède son propre abri isolé implanté à distance des autres locaux. Avec ses trois pôles bien identifiés, le plan général du site est d´un type intermédiaire s'inspirant de celui de l´observatoire de Pulkovo.

    Une architecture au service de la science

    L´aspect extérieur des bâtiments rappelle la Renaissance par l´emploi de motifs empruntés à l´Antiquité. C´est le cas plus particulièrement des frontons ornant chacune des façades du bâtiment de la grande coupole qui sont décorés de têtes sculptées entourées de motifs symbolisant des feuillages d´arbres. A l´est sont figurés le Soleil et le chêne, à l´ouest la Lune et le pin, au sud le Jour et le palmier, et au nord La Nuit et le laurier.

    Derrière cette enveloppe élégante se cache une architecture particulièrement innovante qui tient compte du fonctionnement des instruments et optimise les conditions d´observation. Discuté dès l´élaboration des premiers plans, l´emplacement précis de chaque instrument fait ainsi l´objet d´une collaboration fructueuse entre architectes, astronomes, opticiens et ingénieurs qui travaillent de concert pour mener à bien les idées de Winnecke. Ce dialogue réussi entre architecture et astronomie est salué et admiré dès les premières années d´activités du nouvel observatoire.

    L´emplacement de l´observatoire et la disposition des bâtiments

    L´Observatoire est implanté dans une vaste plaine sur un sol alluvionnaire. Situé au-delà des anciens remparts de la ville mais à l´intérieur des limites des nouvelles fortifications allemandes, il se trouve à l´est de la ville et ne souffre pas (du moins à l´origine) de la pollution lumineuse de la cité. La grande lunette équatoriale est abritée dans un bâtiment monumental isolé, distinct de celui dans lequel se trouvent les deux instruments méridiens et les deux autres instruments équatoriaux. Le plan de masse de ce deuxième bâtiment a la forme d´un L dont les côtés sont orientés astronomiquement (est-ouest et nord-sud). Le bâtiment d´habitation est lui-aussi isolé des deux autres.

    Des fondations solides

    Pour être fiables les observations astronomiques doivent s´effectuer avec des instruments dont la stabilité est la plus grande possible. Un grand soin est donc accordé aux fondations des deux bâtiments abritant les instruments.

    La grande coupole, qui ne pèse pas moins de 34 tonnes, abrite la grande lunette équatoriale de 49 cm de diamètre laquelle avec sa monture pèse environ 5 tonnes. La stabilité de l´ensemble nécessite un système de fondation particulier. L´instrument, sa monture et la coupole reposent sur une dalle de béton d´1,50 m d´épaisseur, coulée sur la nappe phréatique, qui isole le bâtiment des vibrations provoquées par le trafic ainsi que des variations de la température terrestre. C´est sur cette dalle que repose la première couche de moellon constituant les fondations de l´édifice au niveau du sol. L´élévation comporte 8 piliers sur lesquels repose une succession de 3 voûtes, la monture et le pied de l´instrument reposant sur la deuxième.

    Les petites coupoles nord et sud de l´autre bâtiment abritent respectivement une lunette équatoriale de 16 cm et une lunette altazimutale. Chaque instrument repose sur un pilier creux de près de 15 m de haut. Les fondations des piliers, en béton, ont été coulées au niveau de la nappe phréatique. En outre, afin d´éviter au maximum les vibrations, les piliers ne sont pas en contact avec les murs extérieurs.

    Des toitures adaptées

    Les toitures qui abritent les instruments ont été conçues spécifiquement en fonction du type d´observations à effectuer de sorte que chacune des coupoles dispose d´un mécanisme particulier. L´ouverture de la grande coupole, qui mesure 12 m de diamètre, s´effectue à l´aide de deux trappes hémisphériques d´1,80 m de large. Actionnées depuis l´escalier mobile sur lequel s´installe l´astronome pour observer, elles s´écartent sur un rail et permettent d´observer dans toutes les directions y compris au zénith. Un système d´arrosage permettait, en cas de forte chaleur, de refroidir la toiture en zinc. Les deux coupoles situées dans l´autre bâtiment fonctionnent selon des principes différents. La coupole sud s´ouvre par une trappe dont les 2 extrémités roulent sur 2 rails situés à l´extérieur le long d´un même diamètre. La coupole nord ne possède pas de trappe : ses 2 moitiés s´écartent l´une par rapport à l´autre en glissant sur des rails parallèles situés à la base de la coupole. Rendu nécessaire par la position excentrique de la lunette de l´altazimut par rapport à sa monture, ce système évite de donner à l´ouverture des trappes une dimension exagérée.

Références documentaires

Documents figurés
  • WINTERHALTER, Albert G. The International Astrographic Congress and a Visit to certain European Observatories and other Institutions, report to the Superintendant, Washington Observations for 1885, Appendix I, Washington, Government printing office, 1889.

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  • HECK, André. L´Observatoire astronomique de Strasbourg et son histoire multinationale, Orion, n°319 (6/2003) Première partie : le contexte ; n°320 (1/2004) Deuxième partie : les directeurs ; n°321 (2/2004) Troisième partie : des instruments et des grands projets ; n°322 (3/2004) Quatrième partie : encore quelques grands hommes.

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  • Annalen der Kaiserlichen Universitäts-Sternwarte in Strassburg, G.Braun Verlag, Karlsruhe, 1896-1912.

  • Sciences en photographie, 1885-1932. Collection Images de l´Université Louis Pasteur, Strasbourg, 2001.

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