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Edito

Depuis sa création en 1964, les chercheurs, cartographes et photographes du Service de l’Inventaire du Patrimoine de la Région Alsace ont constitué une importante documentation sur le patrimoine alsacien, riche de plus de 50.000 dossiers documentaires et de près de 250.000 clichés. 

Réalisée en format papier jusqu’en 2004 puis nativement numérique, cette documentation est désormais accessible depuis le site internet de l'inventaire du Patrimoine d’Alsace. Vous êtes ici sur la page vous permettant d’accéder directement aux dossiers numériques. Celle-ci s’enrichira pour regrouper à terme l’intégralité de la documentation produite. Vous pouvez d’ores et déjà consulter environ 20 000 dossiers des communes et enquêtes dont la liste détaillée est disponible sur cette page

D’autres dossiers viendront bientôt compléter cette base. En attendant, nous vous invitons à consulter également les dossiers documentaires numérisés sur l’onglet « dossiers documentaires » de notre site ou sur le portail documentaire du Ministère de la Culture (http://www.culture.gouv.fr/culture/inventai/patrimoine/) 

Nous vous souhaitons une agréable découverte.

 
Lumière sur

Les cités

SYNTHESE

7 dossiers : 1 repéré ; 6 sélectionnés

7 cités sont implantées sur le territoire de Schiltigheim dont une, la Cité des Ecrivains, à cheval sur le ban communal et celui de Bischheim. A ce corpus, il convient d’ajouter les deux immeubles aménagés rue de Gambsheim étudiés dans le cadre du lotissement de la rue de Gambsheim1, les immeubles de logements sociaux construits dans le quartier des Maréchaux2 et enfin,

vraisemblablement les maisons sises rues Scheer datées de la fin du 19e siècle ainsi que celles de la rue des Bosquets (No 1 à 19, début du 20e siècle). En effet, la disposition et l’uniformité du bâti de ces deux derniers ensembles témoignent d’opérations menées d’un seul tenant. Toutefois, faute de sources, il n’est pas possible d’affirmer que ces logements étaient spécifiquement destinés à une population ouvrière ou à lutter contre la pénurie de logements

Les premières cités

Les premières cités schilickoises remontent aux premières années du 20e siècle. La première d’entre elle est le fait d’une société coopérative le Schiltigheimer Bauverein (société coopérative de construction de Schiltigheim) créée en 1901 à l’instigation de l’industriel Léon Ungemach3. Destinées en priorité, mais non exclusivement, aux ouvriers de l’usine de conserverie Ungemach, les « Maisons Ungemach », ne sont toutefois pas implantées à proximité de l’entreprise. La cité compte trois immeubles de 15 logements (complétés dans un second temps d’un quatrième édifice) vraisemblablement mis en oeuvre par les architectes strasbourgeois Berninger et Kraft dont l’activité, dans le logement social est par ailleurs attestée. A l’exception de l’aménagement de la rue bordant cette cité (actuelle rue de la Paix), il semble que cette cité soit la seule réalisation de la coopérative.

Il revient à l’administration impériale des chemins de fer (Reicheisenbahn in Elsass-Lothringen) de mettre en oeuvre la seconde opération à partir de 1906 : une cité-jardin composée de 9 maisons implantée à proximité de la gare de triage dans la partie occidentale du territoire communal et agrandie à deux reprises dans les années 1920 (construction de 36 maisons supplémentaires) et dans en 1968 (construction d’un immeuble d’habitation).

Les hésitations communales

La municipalité ne reste pas inactive face à la crise du logement, sensible à Schiltigheim à partir du début du 20e siècle. Cependant, elle ne s’implique pas immédiatement dans la construction de logements, son intervention se bornant dans un premier temps à créer en 1907 un office public de logements, destiné à mettre en relation propriétaires et locataires4.

L’entre-deux-guerres voit l’aggravation du phénomène de pénurie. Pour tenter d’y faire face, la municipalité décide de l’achat de plusieurs sites industriels et de leur réaménagement en logements

(usine Kallinich en 1920, malterie Jung en 1923)5.

Dans le même temps, des discussions s’engagent au sein du Conseil Municipal sur l’opportunité pour la commune de s’investir dans la construction de logements sociaux. Plusieurs propositions sont faites : création d’une société de construction (1921) ou d’une société de crédits immobiliers (1922), adhésion à des Offices publics d’Habitations Bon Marché (1923 ou 19 janvier 1922 à voir), proposition du service communal des travaux publics de construire des maisons rue d’Alsace (1923), proposition de l’Office Départemental des Habitations à Bon Marché de construire 39 logements dans la commune contre cession gratuite des terrains et prêt sans intérêt de la commune (29 janvier 1925). Toutes sont rejetées ou ajournées6.

La mise en oeuvre dune politique active en matière de logement

En 1926, le maire socialiste Adolphe Sorgus, élu l’année précédente, fait adhérer la commune à l’Office départemental d’Habitations Bon Marché. Entre 1926 et 1932, 416 nouveaux logements ont aménagés dans la cité construite rue d’Alsace, de Lorraine et de Moselle7.

Au lendemain de la guerre, dans un contexte de crise du logement accrue, trois ensembles d’immeubles de logements sociaux sont construits rue Oberlin (60 logements), rue de Gambsheim (60 logements) et entre les rues de Lattre-de-Tassigny, de Vendenheim et de Sarrebourg (172 logements)8. Leur implantation, dans l’espace aggloméré ou en proximité immédiate, les situent dans la continuité des opérations antérieures, alors que, dans le même temps, le parti architectural adopté (des barres) et surtout leur implantation en rupture d’alignement par rapport à la rue annoncent la rupture.

Celle-ci sera véritablement consommée avec la réalisation et l’approbation des documents du groupement d’urbanisme de Strasbourg et du plan directeur de Schiltigheim qui marquent le départ de l’extension du territoire aggloméré de Schiltigheim. Si certains immeubles de logements sociaux sont intégrés à des opérations qui constituent de véritables morceaux de ville, d’autres opérations sont spécifiquement dédiées au logement social. C’est le cas des cités des Ecrivains et du Marais, respectivement conçues par Gustave Stoskopf (1961, 1205 logements dont 591 sur le territoire communal) et Henri-Jean Calsat (1964, 790 logements).

1) Voir dossier « lotissement de la rue de Gambsheim » référence : IA67016032

2) Voir dossier « secteur urbain concerté : quartier des Maréchaux », IA67016207

3) Archives départementales du Bas-Rhin : 397D1323

4) Archives municipales de Schiltigheim : D1907 (délibérations du Conseil municipal du 18 juillet et du 29 août 1907)

5) Voir dossiers « Ancien ensemble industriel Kallinich « et « Maison et malterie Jung »

6) Les archives municipales et communautaires de Strasbourg conservent également un projet de maisons ouvrières

projetées à Schiltigheim, signé de l’architecte municipal de Strasbourg Dauchy et daté de 1920 (843 mi 23/2).

7) Voir dossier « Cité d’habitations à bon marché » IA67015563

8) Voir dossiers « Cité d’habitation à bon marché IA67016037, Cité d’Habitation à loyers modérés Sainte-Odile

IA67015819 et lotissement de la rue de Gambsheim IA67016032

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