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Usine de teinturerie La Bonnal S.A., puis Teinturerie Centre Alsace

Dossier IA67080360 réalisé en 2016

Fiche

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  • Usine de tabac Mayer Frères, puis brosserie Pfleger, puis usine de bonneterie La Bonnal S.A., puis Labonal

La rédaction de ce dossier intervient dans le cadre d'une opération d'urgence menée par Frank Schwarz en mai 2016 à la demande de l'architecte des bâtiments de France amené à se prononcer sur une demande de démolition des bâtiments de la teinturerie et souhaitant disposer d'éléments quant à l'intérêt patrimonial du site. La campagne de prises de vues est assurée par Christophe Hamm.

Appellations La Bonnal ; Teinturerie Centre Alsace
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, transformateur, conciergerie, bureau, entrepôt industriel, chaufferie, magasin industriel
Dénominations usine de teinturerie
Aire d'étude et canton aire d'étude du département 67 - Barr
Adresse Commune : Dambach-la-Ville
Lieu-dit : R.D. 210
Adresse : 1 route d' Epfig
Cadastre : 2018 901 286, 287

En 1924, Salomon Lipovsky, un immigré russe, réinvestit les locaux d’une ancienne fabrique de cigares à la sortie nord du village de Dambach-la-Ville et y fonde une fabrique de chaussettes (étudiée,IA67080373) qui prend le nom La Bonnal S.A. (La Bonneterie Alsacienne). Pour pouvoir teindre elle-même les fils de ses chaussettes, l’entreprise décide en 1935 d’édifier une teinturerie, à environ trois km de l’usine-mère, le long de la R.N. 422 (actuelle route départementale D1422). Cet emplacement est choisi pour des questions d’accessibilité et d’écoulement des eaux, dont l’activité de teinture et de mercerisage fait un usage important. Une station de pompage d’une capacité de 360 m3/h est ainsi mise en place en 1936.

L'établissement se compose alors de l'atelier de teinturerie, d'une chaufferie, flanquée au sud d'un atelier de réparation lui-même prolongé par la conciergerie, d'un transformateur et d'un hangar industriel qui borde le site à l'ouest. Il est équipé d'une chaudière à vapeur produite par les Ets Delaunay-Belleville à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) en 1924 et rachetée aux Mines Domaniales de la Sarre et d'un récipient à vapeur cylindrique traversé par 135 tubes des Ets Scheidecker à Thann (Haut-Rhin) pour réchauffer l'eau.

En 1955, la teinturerie est prolongée au nord d'une extension en rez-de-chaussée dont les plans sont livrés par l’architecte Camille Kuhn d'Obernai. En 1968, elle fait l'objet d'une nouvelle extension au nord-est visant à augmenter la surface de l'atelier de formage. Entre 1968 et 1972, un magasin industriel est construit au nord-ouest du site, en deux campagnes de travaux.

En 1979, le groupe Bloquert-Davesne, qui exploite la marque de chaussettes Kindy, prend le contrôle de La Bonnal qui devient, en 1986, Labonal. Avec l’arrivée du nouvel actionnaire, le parc de machines de la teinturerie est modernisé et le personnel s’établit à une quinzaine de salariés. Le site se tourne vers de nouvelles activités de teinture, pour d’autres clients que la seule usine de Dambach-la-Ville. La marque Labonal disparaît du marché entre 1994 et 1998, date de la reprise de l’usine par un groupe de cadres. Une nouvelle société, Labonal, est créée. L’activité de teinturerie est abandonnée et le site est racheté par la société Teinturerie Centre Alsace (TCA) qui y exerce une activité de teinture d’articles confectionnés et de fil d’Écosse jusqu'à sa cessation d'activité le 31 octobre 2003. Depuis, l’usine est à l'abandon et sa démolition est envisagée pour laisser place à de nouvelles activités.

Période(s) Principale : 2e quart 20e siècle , daté par source, daté par travaux historiques
Secondaire : 3e quart 20e siècle
Dates 1935, daté par source, daté par travaux historiques
1955, daté par source
1968, daté par source
Auteur(s) Auteur : Kuhn Camille,
Camille Kuhn

Architecte établi à Obernai (Bas-Rhin) et actif au milieu du 20e siècle.


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architecte, attribution par source
Auteur : Lipovsky Salomon,
Salomon Lipovsky

Industriel d'origine russe établi à Dambach-la-Ville (Bas-Rhin).


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auteur commanditaire, attribution par source, attribution par travaux historiques

Implantés à l’intersection des routes départementales D1422 et D210, les bâtiments de la teinturerie se distribuent autour d’une cour d’usine : à l’est, se déploie l’atelier de fabrication et, à l’ouest, se succèdent, du sud au nord, un transformateur électrique, un bâtiment administratif intégrant la conciergerie, un entrepôt industriel, la chaufferie monumentale de l’usine et un magasin industriel.

L’atelier de fabrication, en rez-de-chaussée, adopte un plan rectangulaire allongé. Construit en béton armé, il est couvert d’un toit-terrasse en béton soutenu par des poutrelles métalliques profilées en I et ajouré de 15 lanterneaux vitrés percés d’oculi à l’est et à l’ouest. L’élévation sud de l’atelier est pourvue de deux oculi en partie haute. Il est flanqué à l’ouest d’une travée en rez-de-chaussée, coiffée d’un toit-terrasse en béton armé, et ajourée à l’ouest de baies rectangulaires en bandeau avec appuis saillants en béton. Des extensions en rez-de-chaussée, édifiées en béton armé et couvertes de toit-terrasses en béton, s’adossent à l’élévation orientale de l’atelier. Elles sont couronnées d’un acrotère.

Construit en béton armé sous une toiture débordante dans le même matériau, le transformateur électrique comporte trois niveaux d’ouvertures rectangulaires. Le bâtiment administratif, dont il est séparé par le portail d’usine en fer forgé à deux vantaux, est bâti en maçonnerie enduite. Il comporte un rez-de-chaussée et un étage carré sous un toit à longs pans avec croupe et tuiles mécaniques. Son élévation sud porte un auvent qui protège l’entrée piétonne du site. A l’arrière, s’étend un entrepôt industriel en rez-de-chaussée, coiffé d’un toit à longs pans avec tôle ondulée en ciment-amiante soutenu par une charpente métallique en treillis. Édifié en pan de fer et maçonnerie de briques enduites, il est ajouré à l’est et à l’ouest de baies rectangulaires en bandeau à châssis métalliques.

Dominant de sa haute stature l’ensemble du site, la chaufferie occupe le cœur de l’usine. Bâtie en maçonnerie enduite, elle forme un vaste vaisseau sous un toit à longs pans en ciment-amiante, encadré de pignons débordants et supporté par une charpente métallique en treillis. L’ensemble est ajouré de vastes baies rectangulaires en partie basse et d'oculi à châssis métalliques en partie haute. Une cheminée métallique circulaire de grand développement émerge de la toiture. Les chaudières ont été déposées. Un magasin industriel, de plan irrégulier, ferme le site au nord-ouest. Édifié en maçonnerie enduite, il comporte trois travées en rez-de-chaussée, orientées nord-sud dont l’une, à l’ouest, est coiffée d’un toit à longs pans et les deux autres de sheds vitrés à l’est. L’ensemble est soutenu par une charpente métallique en treillis et couvert de tôles ondulées en ciment-amiante.

Murs béton
maçonnerie enduit
brique pan de fer enduit

Toit béton en couverture, ciment amiante en couverture, tuile mécanique
Plans plan rectangulaire régulier
Étages en rez-de-chaussée, 1 étage carré, 1 vaisseau
Couvertures terrasse lanterneau
toit à longs pans croupe
shed
Énergies énergie thermique produite à distance
énergie électrique achetée
États conservations établissement industriel désaffecté, menacé
Statut de la propriété propriété d'une société privée

Références documentaires

Bibliographie
  • Dambach-la-Ville. Cité médiévale. Strasbourg : Carré Blanc Éditions, 2008.

  • Dambach-la-Ville. Sur la route du vin. Strasbourg : Éditions COPRUR, 1984.

(c) Région Grand Est – Inventaire général - Schwarz Frank