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Usine de matériel agricole Edgar Heywang Bourgheim

Dossier IA67011402 réalisé en 2012

Fiche

Œuvres contenues

La rédaction de ce dossier intervient dans le cadre d'une opération d'urgence menée par Frank Schwarz et Jérôme Raimbault en 2012 dans un contexte de démolition programmée de la quasi totalité des bâtiments productifs pour laisser place à des immeubles résidentiels et à une zone d'activité. La campagne de prises de vues est assurée par Jérôme Raimbault et la cartographie du site par Audrey Schneider.

L'enquête a donné lieu à la rédaction d'une synthèse qui précise l'historique de l'usine et en approfondit la description.

Historique

La création de l'usine à Bourgheim à la veille de la deuxième guerre mondiale

En 1930, Edgar Heywang (1906-1961) crée avec un associé un atelier de mécanique à Valff (Bas-Rhin) et y fabrique des moulins concasseurs, symbole de la société Heywang. En 1939, il se sépare de son associé et fonde à Bourgheim une fabrique de construction de machines agricoles. Il crée également une société-sœur, la S.E.T.A. à Elsenheim (Bas-Rhin), qui produit des machines semblables. Dans ses premiers ateliers de Bourgheim, implantés en bordure de l’actuelle rue Edgar-Heywang, l’entrepreneur augmente la production de concasseurs et développe la fabrication de déchargeurs à griffes et de scies à ruban. Au cours de la deuxième guerre mondiale, l’usine travaille pour le compte de l’armée française et produit des couronnes en aluminium.

Le développement du site

En 1947, Edgar Heywang entreprend l’édification, à l’ouest du site, d’ateliers à sheds qui abritent une fonderie d’aluminium et des ateliers d’usinage. Une extension est réalisée l’année suivante de manière à offrir une surface de travail de 3 456 m2. La construction, y compris les structures métalliques porteuses, est intégralement réalisée par une équipe interne d’une quinzaine de maçons. Dans le même temps, des hangars en bois sont édifiés en partie centrale du site pour le montage des machines agricoles et un magasin d’outillage au nord. Un bâtiment administratif vient enfin flanquer les ateliers à sheds, au sud. En 1949, Edgar Heywang lance la fabrication en grande série de distributeurs d’engrais chimiques, puis en 1950 de scies circulaires et de pompes à purin. En 1951, débute la production d’arracheuses à pommes de terre et en 1953 celle des épandeurs de fumier dont la société Heywang devient le premier producteur français. Au cours de la même année, la villa patronale est édifiée à l’ouest de l’usine et la Sarl Ets Edgar Heywang est transformée en Société Anonyme avec un capital de 42 500 000 francs. En 1954, la société entreprend la construction d’une moissonneuse-lieuse sous licence danoise qui connaît un grand succès et assure l’essor de l’entreprise. L’effectif passe de 120 employés vers 1954 à 220 vers 1960. L’entreprise se dote également d’une ferme modèle, édifiée en 1957 au nord-ouest de l’usine, où elle expérimente les prototypes qui sortent de ses ateliers. La même année, elle débute la construction d’un magasin d’exposition qui fait face au site productif et vient s’appuyer contre une maison d’habitation acquise par l’entreprise.

Une politique sociale ambitieuse

Edgar Heywang développe également une politique sociale de grande ampleur qui marque durablement le tissu villageois de Bourgheim. Dès 1947, il entreprend la construction de logements ouvriers édifiés par son équipe de maçons. La première réalisation comprend deux pavillons de deux logements chacun dessinés par l’architecte G. Howald (permis de construire accordé le 5 mars 1947). Elle est mise en œuvre à l’ouest du site, le long des ateliers à sheds. D’autres réalisations voient le jour notamment une petite cité ouvrière de 8 bâtiments identiques, dont seuls quatre seront effectivement réalisés, à l’est de l’usine (permis de construire accordé le 21 février 1955). Au total, ce sont une cinquantaine de logements qui sont mis à la disposition du personnel de l’usine.

Les unités de production satellites

Les années 1960 voient la construction d’un bureau d’étude qui vient flanquer les ateliers initiaux à l’entrée sud du site. Une cantine pour le personnel est également réalisée au sud-ouest de l’usine, de l’autre côté de la rue Edgar-Heywang, à proximité du magasin d’exposition. A cette époque, les Ets Heywang exploitent une scierie à Barr (Bas-Rhin) qui fournit le bois nécessaire à la fabrication des épandeurs à fumier et des remorques ainsi qu’une fonderie à l’entrée ouest d’Erstein (Bas-Rhin) d’une capacité de 2000 tonnes par an. Ces deux sites ont aujourd’hui disparu. L’entreprise s’adapte sans cesse à la demande du marché : en 1965 elle lance la fabrication de remorques auto-chargeuses et de grues hydrauliques puis, en 1969, d’un système de pulvérisation pneumatique, le « Pulvérix ».

Une nouvelle étape d'extension de l'usine

Les années 1970 marquent une nouvelle étape d’extension de l’usine et de réaménagement de la chaîne de production. En 1972-1973, un nouveau hall est construit en partie centrale du site, en lieu et place des ateliers de montage en bois, détruits par un incendie en 1961. D’une surface couverte de 1 260 m2, il accueille l’unité de soudage avec ses 30 cabines de soudure. En 1974, est inaugurée une nouvelle unité de peinture aménagée en grande partie dans un nouveau hall d’une surface couverte de 2 300 m2 édifié au nord-est du site. En 1976-1977, un nouveau magasin de stockage de 2 940 m2 est édifié sous la forme d’un vaste hall à deux travées qui vient flanquer le nouvel atelier de soudure, au sud. Il est destiné au stockage de l’encours de fabrication et de l’ensemble des éléments de construction nécessaires au montage des machines. Enfin, en 1977 est réalisée une unité de raboterie au nord-ouest de l’usine en remplacement de la scierie de Barr. Les années 1970 marquent aussi le retour de la famille Heywang à la tête de l’entreprise. Claude Heywang, fils du fondateur de l’entreprise, est nommé Président directeur général de la Société Heywang S.A. en novembre 1973 après avoir occupé le poste de Directeur technique de 1961 à 1970, puis de Directeur Général de 1970 à 1973.

La phase de déclin

L’entreprise connaît des difficultés à partir de 1982 avec l’imposition par Bruxelles de quotas laitiers qui aboutissent à une baisse de 30 % de la production. L’effet est immédiat. Les agriculteurs ne peuvent plus investir et les ventes de la société reculent considérablement (jusqu’à 60 %). Elle est également affectée par une réduction des horaires de travail hebdomadaire dans la métallurgie qui passent de 42,5 heures à 38,5 heures par semaine sans baisse de salaire. L’effectif de l’usine est alors d’environ 300 personnes. En 1985, elle dépose le bilan et doit licencier 120 personnes, en trois étapes. En 1987, l’usine est reprise par la SERMAP qui y produit surtout des épandeurs et des évacuateurs de fumier. Au début des années 2000, elle connaît cependant une nouvelle phase de difficultés avec la limitation des productions céréalières qui aboutit à sa liquidation définitive le 15 octobre 2003. Le site de Bourgheim emploie encore 68 personnes. A cette date, l’entreprise n’est plus propriétaire de ses murs qui ont été cédés pour faire face aux difficultés financières. L’ancienne cantine est transformée en appartements tandis que le magasin d’exposition devient la salle des fêtes communale.

En 2012, le site fait l’objet d’un programme immobilier résidentiel de 60 logements et d’une zone d’activité de plus de trois hectares qui prévoit la démolition de la grande majorité des bâtiments industriels. Seuls le bâtiment administratif et le hall de l’unité de peinture seront conservés et intégrés au nouveau projet.

Description

Une emprise usinière de 15 hectares

L’usine Heywang se déploie sur un terrain de 15 hectares et se compose de 6 000 m2 de bâtiments. Elle comprend, du sud-ouest au nord-est, une loge de concierge (A), le bureau d’études (B), le bâtiment administratif (C), les ateliers d’usinage (D) flanqués au nord du hall de stockage de la ferraille (E), les ateliers de soudure (F), le magasin d’outillage (G), un vaste dépôt (H), les ateliers de montage (I), l’unité de peinture (J), la menuiserie (K), l’atelier de finition (L) et le hall des expéditions (M). L’entrée du site productif et l’entrée des bureaux, toutes deux situées au sud, sont commandées par un portail en fer forgé portant les initiales EHB pour Edgar Heywang Bourgheim. En face de l’usine, au sud, se dressent l’ancienne cantine aujourd’hui reconvertie en logements (N) et l’ancien magasin d’exposition devenu atelier communal et bibliothèque municipale (O). L’ensemble des terrains environnants, à l’ouest au sud et à l’est, sont occupés par des maisons ouvrières dont trois petites cités aux pavillons standardisés (P, Q et R). Enfin, à l’ouest de l’usine, dans la rue du Vignoble, se trouvent la villa patronale (S) ainsi que la ferme modèle (T). Pour l'identification des bâtiments, se reporter au plan de situation du site figurant dans les illustrations (IVR42_20166710087NUDA).

La loge du concierge

La loge du concierge (A) est une construction en maçonnerie enduite, comprenant un rez-de-chaussée couvert d’un toit en terrasse.Le bureau d’études (B) à un étage carré vient flanquer au sud et à l’ouest les ateliers initiaux, de plan rectangulaire, coiffés d’un toit à longs pans et couverts de tuiles mécaniques. Il s’agit d’un bâtiment en maçonnerie enduite à pan coupé qui développe treize travées dont trois sur le pan coupé. L’entrée sous auvent est aménagée dans un petit avant-corps et surmontée d’une verrière rectangulaire à armature en métal. La partie centrale de la verrière est décorée du logo de l’entreprise. Les élévations antérieures sont couronnées d’un acrotère qui dissimule une toiture en terrasse couverte de tôles ondulées en ciment-amiante.

Le bâtiment administratif

Le bâtiment administratif (C) composé de l’espace d’accueil et de bureaux comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé et un étage carré délimité par un bandeau d’étage en pierre artificielle. Edifié en maçonnerie enduite, il compte 9 travées sur l’élévation antérieure avec un avant-corps à cinq travées. L’entrée est percée en partie médiane sous un auvent mouluré en pierre artificielle et surmontée d’un balcon. Elle est précédée d’une volée d’escalier droite. Les encadrements des baies sont en pierre artificielle avec chanfrein. La toiture est à longs pans et croupes avec couverture en tuiles mécaniques. Une grande lucarne rampante en maçonnerie est placée dans l’axe. Elle comporte deux baies jumelées séparées par un montant en pierre à décor géométrique.

Les ateliers d’usinage

Les ateliers d’usinage (D) en rez-de-chaussée à 12 travées de sheds en parpaings partiellement enduits ne forment pas un bâtiment homogène. Ils résultent vraisemblablement d’au moins deux campagnes de construction que l’on peut identifier au travers des structures métalliques porteuses qui sont toutes de confection artisanale. Les deux premières travées au sud, la partie orientale des six travées centrales et les quatre travées au nord sont soutenues par des rangées de poteaux cylindriques supportant une poutrelle en treillis faite de deux tubes ronds assemblés par des fers plats. La partie orientale des six travées centrales est soutenue par des piliers carrés faits de profilés métalliques avec remplissage en maçonnerie et supportant une poutrelle en treillis. L’ensemble des travées est contreventé au moyen de tirants métalliques. Un vestiaire occupe l’angle sud-est du bâtiment et une forge est aménagée contre l’élévation ouest, en partie centrale. Les ateliers sont ajourés par des oculi percés dans les pignons orientaux et par les sheds vitrés sur leur versant nord et couverts de tuiles mécaniques ou pour certains de ciment amiante (en partie centrale). Ces ateliers sont flanqués au nord- ouest de deux hangars sous toits à longs pans et tôles ondulées en ciment amiante. Un transformateur électrique les surplombe au sud-ouest.

Le hangar à ferraille

Accolé aux ateliers d’usinage au nord, le hangar à ferraille (E) se présente sous la forme d’une vaste halle de grande hauteur et de plan rectangulaire avec charpente métallique apparente en treillis. Les élévations sont en maçonnerie enduite en partie basse et en bardage métallique en partie haute. Les pignons sont essentés de bois et la couverture est à longs pans avec tôles ondulées en ciment amiante. Une fosse servant à la pesée des chargements est aménagée dans la partie la plus à l’est du bâtiment.

L’unité de soudure et de stockage de la fabrication en cours

L’unité de soudure et de stockage de la fabrication en cours (F) occupe trois travées de hall accolées et supportées par une charpente métallique faite de profilés en H. Les élévations sont en maçonnerie enduite en partie basse et en bardage plastique en fibre de verre en partie haute. La couverture est à longs pans avec tôles ondulées en ciment amiante.

Le magasin d’outillage

Le magasin d’outillage (G) se compose d’un bâtiment de plan rectangulaire, en maçonnerie enduite, à deux travées de sheds en rez-de-chaussée vitrés au nord et couverts de tuiles mécaniques. Il est soutenu, en partie médiane, par une rangée de poteaux cylindriques supportant une poutrelle en treillis faite de deux tubes ronds assemblés par des fers plats. L’ensemble est contreventé au moyen de tirants métalliques. La mise en œuvre est identique à celle des travées nord et sud des ateliers d’usinage et vraisemblablement contemporaine. L’élévation sud du magasin d’outillage est ajourée de grandes baies rectangulaires à châssis métalliques.

Dans le prolongement est du magasin d’outillage se dresse un vaste dépôt (H) de plan rectangulaire avec charpente en bois apparente. Il est couronné d’un toit à longs pans et couvert de tuiles mécaniques. Une grande lucarne à deux pans, essentée de bois, ajoure le versant sud en partie centrale. Les élévations percées de grandes baies rectangulaires à châssis métalliques sont en maçonnerie enduite. Les pignons sont essentés de bois.

Les ateliers de montage

Les ateliers de montage (I) en rez-de-chaussée se composent de deux espaces accolés. Au nord se déploie un atelier à 11 travées de sheds vitrés au nord et couverts de tôles ondulées en ciment-amiante. Ces travées sont soutenues par dix rangées de cinq poteaux métalliques profilés en H et supportant des poutrelles en treillis. L’ensemble est contreventé au moyen de tirants métalliques. Les élévations sont en maçonnerie enduite. Au sud, se dresse un hall de grande hauteur en maçonnerie enduite. De plan rectangulaire, il est couvert d’un toit à longs pans avec tôles ondulées en ciment amiante et équipé d’un pont roulant.

L’unité de peinture

L’unité de peinture (J) est édifiée au nord-est du site, en dehors de l’enceinte primitive. Elle comprend deux bâtiments parallèles et accolés. Le premier, à l’est, consiste en une vaste halle de grande hauteur et de plan rectangulaire avec charpente métallique apparente. Les élévations sont en maçonnerie enduite et la couverture est à longs pans avec tôles ondulées en ciment amiante. Le second, à l’ouest, est un atelier en rez-de-chaussée avec charpente métallique apparente en treillis. Les élévations sont en pans de fer et maçonnerie enduite, la couverture est à longs pans avec tôles ondulées en ciment amiante.

La menuiserie

La menuiserie (K) se présente sous la forme d’un petit bâtiment de plan rectangulaire, en maçonnerie enduite, à deux travées de sheds en rez-de-chaussée, vitrés au nord et couverts de tuiles mécaniques.

L’atelier de finition

L’atelier de finition (L) présente une mise en œuvre comparable à celle de la menuiserie : un bâtiment de plan rectangulaire quoique de plus grand développement, en maçonnerie enduite mais avec pans de fer, à deux travées de sheds en rez-de-chaussée, vitrés au nord et couverts de tuiles mécaniques. L’élévation sud est ajourée de grandes baies rectangulaires à châssis métalliques.

L’unité des expéditions

L’unité des expéditions (M) se compose de quatre vastes halls de grande hauteur avec charpente métallique apparente en treillis. Ils sont couverts de longs pans et de tôles ondulées en ciment amiante. L’ensemble est supporté par trois rangées de 12 poteaux profilés en H.

L’ancienne cantine du personnel

L’ancienne cantine du personnel (N), qui fait face au site productif de l’autre côté de la rue Edgar-Heywang, est un bâtiment en maçonnerie enduite à pan coupé épousant l’angle des rues Edgar-Heywang et du Moulin. Comportant deux étages carrés coiffés d’un toit en terrasse, elle développe sept travées d’ouvertures et se prolonge à l’est par un corps de bâtiment en porte-à-faux soutenu par quatre poteaux circulaires. Les baies du premier étage présentent un encadrement saillant en pierre artificielle de même que la verrière rectangulaire monumentale en verre dépoli qui ajoure le premier et le second étage du pan coupé. Celui-ci est percé en rez-de-chaussée de la porte d’entrée principale, protégée par un petit auvent en pierre artificielle et encadrée d’un parement de grès à bossage. L’angle nord-est du bâtiment est également ajouré d’une verrière en verre dépoli.

L’ancien magasin d’exposition

L’ancien magasin d’exposition (O), implanté à l’ouest de la cantine du personnel, s’appuie contre une maison d’habitation plus ancienne à un étage carré couvert d’un toit à longs pans avec grandes croupes et tuiles mécaniques. L’ancien espace d’exposition se compose d’un rez-de-chaussée de plan rectangulaire couvert d’un toit en terrasse dissimulé par un acrotère. L’élévation antérieure sur rue est rythmée par sept travées de grandes baies rectangulaires, aujourd’hui partiellement occultées, avec jambages saillants en pierre artificielle imitant le grès et corniche en béton. La travée médiane est percée de la porte d’entrée, encadrée de colonnes en pierre artificielle et auvent en béton.

Les cités ouvrières

Les trois cités ouvrières recensées sont de petites entités ne comptant chacune que quelques logements. La plus ancienne (P), située 48 et 49 rue du Vignoble en face de la villa patronale, se compose de deux pavillons identiques abritant chacun deux logements. Construits en maçonnerie enduite, ils comportent un rez-de-chaussée et un étage de comble sous un toit à longs pans et demi-croupes. La couverture est en tuiles mécaniques. Ils sont flanqués, de part et d’autre, d’un garage surmonté d’une terrasse. Chaque logement est pourvu d’une cour sur rue et d’un jardin à l’arrière. Une deuxième cité ouvrière est desservie par une petite voie formant impasse au 54 à 57 rue Edgar-Heywang (Q). Elle se compose de quatre pavillons individuels de conception identique si ce n’est l’absence de sous-sol sur les deux maisons au sud. De plan rectangulaire et édifiés en maçonnerie enduite, ils comportent un rez-de-chaussée et un étage de comble sous un toit à longs pans couvert de tuiles mécaniques. Une troisième cité à deux maisons comportant chacune deux logements se déploie rue du Moulin (R), à l’arrière de l’ancienne cantine du personnel. Construit en maçonnerie enduite, chaque pavillon comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé et un étage de comble sous un toit à longs pans avec demi-croupes et tuiles mécaniques. Les encadrements des baies en pierre artificielle sont moulurés avec appuis saillants. Chaque logement bénéficie d’une cour privative et d’un jardin à l’arrière.

La villa patronale

Située à l’ouest de l’usine, au 45 rue du Vignoble, la villa patronale (S) s’inscrit dans un parc arboré aujourd’hui divisé en plusieurs parcelles bâties. Quelques beaux sujets sont encore présents dont un très grand séquoia. L’ensemble est délimité par une clôture en ciment armé décorée à intervalle régulier du logo des Ets Heywang sur plaque en fonte polychrome. Edifiée en maçonnerie enduite, la maison comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage de comble sous une toiture à longs pans et croupes. La couverture, percée sur trois versants d’une grande lucarne, est en tuiles plates. Sur l’élévation principale, la travée centrale forme un avant-corps en légère saillie où sont percées la porte d’entrée protégée par un auvent en béton sur colonnes semi-engagées ainsi qu’une vaste baie rectangulaire ornée d’une verrière (étudiée IM67015790). L’élévation sud est flanquée d’un avant-corps semi-circulaire surmonté d’une terrasse et l’élévation nord d’un petit corps de bâtiment constituant vraisemblablement une adjonction postérieure à la construction. Les encadrements des baies sont en pierre artificielle avec appuis saillants.

La ferme modèle

La ferme modèle (T), située au 47 rue du Vignoble, se compose d’une maison d’habitation en maçonnerie enduite. Elle comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé et un étage de comble sous un toit à longs pans couvert de tuiles mécaniques. L’encadrement de la porte d’entrée en pierre artificielle est mouluré. L’exploitation agricole se compose de deux bâtiments articulés en L. Le premier, à l’arrière, adopte un plan rectangulaire sous un large toit à longs pans couvert de tuiles mécaniques. Il est percé au sud d’une grande porte charretière. Le second, dans la cour, est placé en retour d’équerre et comporte un rez-de-chaussée et un étage de comble ouvert sur cour, sous un toit à longs pans et tuiles mécaniques.

Appellations Etablissements Edgar Heywang Bourgheim
Parties constituantes non étudiées conciergerie, bureau, bâtiment administratif d'entreprise, atelier de fabrication, atelier de conditionnement, atelier de réparation, magasin industriel, cantine, magasin de commerce, logement d'ouvriers, cité ouvrière, logement patronal, ferme, cour, transformateur
Dénominations usine de matériel agricole
Aire d'étude et canton Bas-Rhin - Obernai
Adresse Commune : Bourgheim
Lieu-dit : Auf dem Schafplatz
Adresse : 39 rue Edgar-Heywang , 50 rue Edgar-Heywang , 54 rue Edgar-Heywang , 55 rue Edgar-Heywang , 56 rue Edgar-Heywang , 57 rue Edgar-Heywang , 45 rue du Vignoble , 47 rue du Vignoble , 48 rue du Vignoble , 49 rue du Vignoble , 40 rue du Moulin , 41 rue du Moulin , 42 rue du Moulin , 43 rue du Moulin , 44 rue du Moulin
Cadastre : 2010 02 189 ; 2010 02 214 à 217 ; 2010 02 230 et 231 ; 2010 02 254 ; 2010 02 259 ; 2010 02 303 ; 2010 02 313 ; 2010 03 82 à 86 ; 2010 03 92 à 95 ; 2010 03 128 ; 2010 03 155 à 157 ; 2010 03 159 ; 2010 03 173 à 175 ; 2010 03 177 ; 2010 03 185 ; 2010 09 398

En 1939, Edgar Heywang (1906-1961) fonde sur le site une fabrique de construction de machines agricoles qui produit des concasseurs, des déchargeurs à griffes et des scies à ruban. En 1947, il entreprend l’édification d’ateliers à sheds qui abritent une fonderie d’aluminium et des ateliers d’usinage. Une nouvelle extension est réalisée l’année suivante. Dans le même temps, sont édifiés des hangars en bois pour le montage des machines agricoles, un magasin d’outillage et un bâtiment administratif.

En 1953, une villa patronale est édifiée à l’ouest de l’usine dont l'effectif passe de 120 employés vers 1954 à 220 vers 1960. L’entreprise se dote également d’une ferme modèle, édifiée en 1957, et d'un magasin d’exposition. Des logements d'ouvriers sont également bâtis à proximité de l'usine ainsi qu'une cantine.

Les années 1960 voient la construction d’un bureau d’étude à l’entrée sud du site. La décennie suivante marque le réaménagement de la chaîne de production. Une nouvelle unité de soudage et un atelier de peinture voient le jour entre 1972 et 1974. En 1976-1977, un nouveau magasin de stockage est édifié. Enfin, en 1977 est réalisée une unité de raboterie au nord-ouest de l’usine. Claude Heywang, fils du fondateur de l’entreprise, est nommé Président directeur général de la Société Heywang S.A. en novembre 1973.

L’entreprise connaît des difficultés à partir de 1982. L’effectif est alors d’environ 300 personnes. En 1985, elle dépose le bilan et doit licencier 120 personnes, en trois étapes. En 1987, l’usine est reprise par la SERMAP. Au début des années 2000, elle connaît cependant une nouvelle phase de difficultés qui aboutit à sa liquidation définitive le 15 octobre 2003.

En 2012, le site fait l’objet d’un programme immobilier résidentiel et d’une zone d’activité de plus de trois hectares qui prévoit la démolition de la grande majorité des bâtiments industriels.

Période(s) Principale : 20e siècle , daté par source
Dates 1939, daté par source
1947, daté par source
1948, daté par source
1953, daté par source
1955, daté par source
1957, daté par source
1972, daté par source
1973, daté par source
1974, daté par source
1976, daté par source
1977, daté par source
Auteur(s) Auteur : Howald G., architecte, attribution par source
Auteur : Heywang Edgar, auteur commanditaire, attribution par source

L’usine Heywang se déploie sur un terrain de 15 hectares et se compose de 6 000 m2 de bâtiments. L'entrée du site est commandée par la loge du concierge (A) et le bureau d’études (B), édifiés en maçonnerie enduite. La partie ouest de l'emprise est occupée par le bâtiment administratif (C) à un étage carré sous un toit à longs pans et croupes, un atelier de fabrication (D) en parpaings de béton couvert de sheds et un hangar à ferraille (E).

La partie sud-est de l'usine accueille l'unité des expéditions (M), l'atelier de finition (L), l'atelier de menuiserie (K), l'unité de peinture (J) et un dépôt (H) aux pignons essentés de planches. Il s'agit de bâtiments de plan rectangulaire, en rez-de-chaussée, coiffés de sheds avec tuiles mécaniques ou de longs pans avec tôles ondulées en ciment-amiante. Les ateliers de montage (I), couverts pour partie de sheds et pour partie d'un toit à longs pans, occupent l'ouest du site et les ateliers de soudure (F), la partie centrale.

Diverses constructions se déploient autour de l'emprise manufacturière : la cantine du personnel (N) et le magasin d’exposition (N) ainsi que deux logements d'ouvriers (R) au nord, la villa patronale (S), la ferme modèle (T) et une cité ouvrière (P) à l'ouest enfin une dernière cité cité ouvrière (Q) à l'est. Pour l'identification des bâtiments, se reporter au plan de situation du site figurant dans les illustrations (IVR42_20166710087NUDA).

Murs parpaing de béton
fer pan de fer
maçonnerie enduit
essentage
essentage de planches
pierre artificielle
Toit tuile mécanique, tuile plate, verre en couverture, ciment amiante en couverture
Plans plan rectangulaire régulier
Étages sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
Couvrements charpente métallique apparente
charpente en bois apparente
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans croupe
toit à longs pans demi-croupe
terrasse
shed
Énergies énergie électrique achetée
États conservations établissement industriel désaffecté, vestiges
Statut de la propriété propriété d'une société privée
propriété privée
Éléments remarquables logement patronal
(c) Inventaire général - Schwarz Frank - Raimbault Jérôme
Jérôme Raimbault

Chercheur au Service de l'Inventaire Général du Patrimoine Culturel de la Région Grand Est.


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