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Présentation de l'opération

Dossier IA67007884 réalisé en 2000

Fiche

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Aires d'études Strasbourg
Adresse Commune : Strasbourg
Adresse : 011 rue de l' Université

Présentation du contexte de l´étude. Peut-être moins convenus et plus inhabituels que les objets d´art, les instruments du patrimoine astronomique sont depuis quelques années recensés et étudiés par l´Inventaire dans le cadre d´un protocole signé avec le ministère de la Recherche. L´étude thématique nationale Pendant des décennies, dans une indifférence quasi générale, le patrimoine des observatoires a été négligé. c´est au début des années 1990, à l´occasion de réflexions sur le thème « astronomie et société », qu´un collectif d´astronomes français prit conscience de cette disparition régulière, progressive et généralisée du patrimoine de leurs établissements et sollicita l´instance de tutelle des observatoires, l´Institut National des Sciences de l´Univers (INSU/ CNRS), qui en 1992 finança une pré-enquête portant sur treize établissements. Les conclusions laissèrent apparaître que, si une partie de l´instrumentation des observatoires avait disparu et continuait de disparaître, un certain nombre d´instruments obsolètes avait traversé les ans dans des caves, des greniers, des remises et des placards, au gré des aléas de la science pratiquée dans les établissements. Echappant à toute logique patrimoniale, la conservation du patrimoine astronomique relevait pour l´essentiel de l´initiative personnelle de quelques astronomes, ingénieurs ou techniciens suffisamment sensibles au passé de leur discipline pour mettre à l´abri des objets destinés au rebut ou à la benne - objets dont ils percevaient plus ou moins consciemment la valeur patrimoniale ou qu´ils considéraient comme emblématiques de la mémoire de leurs propres travaux ou de ceux de leurs aînés. A la suite de ce constat, le ministère chargé de la Recherche mit en place à l´automne 1993 un groupe de réflexion sur le « patrimoine astronomique » chargé de faire des propositions pour sa conservation et sa mise en valeur. Constitué notamment d´astronomes et d´historiens des sciences et des techniques, ce groupe prit contact au début de 1994 avec les services de l´Inventaire du ministère de la Culture en vue de réaliser un inventaire thématique sur le patrimoine des observatoires astronomiques. La première convention triennale (1995-1998) permit à partir d´une opération pilote de mettre en place une méthodologie et d´établir un vocabulaire qui conduisit à la réalisation d´un thesaurus de l´instrumentation scientifique. Après validation des outils méthodologiques, l´opération d´inventaire fut poursuivie dans le cadre d´un second protocole (1999-2002). Le troisième (2003-2006) permit d´achever l´opération et de procéder à sa valorisation. Depuis, l'étude a fait l'objet d'une publication dans la collection "Parcous du Patrimoine" sous le titre "L'Observatoire astronomique de Strasbourg". Paru au moment des Journées Européennes du Patrimoine en 2009, l'ouvrage a été réalisé par le service Inventaire et Patrimoine de la région Alsace, en partenariat avec le Jardin des Sciences, structure de l'Université de Strasbourg. Le contexte local C'est dans le cadre des conventions nationales citées précédemment qu'a été entreprise une opération d'inventaire sur les instruments anciens de l'Observatoire de Strasbourg. Dès janvier 2004, les partenaires de l'époque, la DRAC Alsace et l'Université Louis Pasteur, ont entrepris d'étendre la démarche de l'inventaire à l'ensemble du patrimoine et des collections scientifiques de l'Université. Porté aujourd'hui par le service Inventaire et Patrimoine de la région Alsace et le Jardin des Sciences, pour l'Université de Strasbourg, ce projet se trouve localement à la convergence de plusieurs préoccupations. La première naît de la démarche générale de l'Inventaire qui se concentrera prochainement sur l'étude de la ville de Strasbourg. La seconde s'appuie sur le projet de sauvegarde du patrimoine de la physique de l'Université de Strasbourg. Menée en étroite collaboration avec l'Université et notamment avec le personnel de l'Observatoire, l'enquête a par ailleurs permis la mise en place d'une véritable démarche de sauvegarde et de valorisation. La méthode utilisée L´opération sur le patrimoine astronomique s´inscrivant dans les études thématiques entreprises par les services de l´Inventaire, sa mise en oeuvre suit la méthodologie habituelle. La démarche exhaustive, l´étude conjointe du mobilier et de l´immobilier, le recensement critique des oeuvres, les procédures et les critères de sélection constituent donc les principes de conduite de l´étude. En ce qui concerne la délicate question des critères de sélection, la méthodologie de l´Inventaire propose une approche particulièrement intéressante pour les historiens des sciences. La majorité des inventaires d´instruments scientifiques ont souvent comme objectif de faire partager à un public éclairé la rareté, la beauté et la valeur de « curiosités naturelles » ou d´objets scientifiques collectionnés dans un contexte particulier. En conséquence, seules s´y trouvent des pièces de prestige susceptibles d´en dire au moins autant sur la valeur du collectionneur (privé ou public) que sur leur valeur propre. La méthode appliquée dans le cadre de la présente opération est différente. Les « collections » à inventorier sont en effet constituées par l´ensemble des instruments encore présents dans les observatoires : grands instruments encore en place, instruments prestigieux exposés dans le bureau du directeur, instruments démantelés ou démontés remisés au fond des greniers à côté d´appareils de série qu´une mutation technologique a rendus obsolètes. Elles incluent même les instruments disparus s´ils sont documentés. Cette méthodologie contribue aussi à donner une vision plus globale et plus contextuelle du patrimoine étudié. Elle permet en effet non seulement d´accumuler des dossiers documentaires individuels mais aussi de redonner du sens à des instruments, et a fortiori à des bâtiments, dont la lisibilité a été perdue du fait de l´amnésie concernant leur place et leur fonction au sein de procédures scientifiques qui n´ont plus cours. Dans le même ordre d´idées, la redécouverte à la lumière de leurs « vestiges instrumentaux » de travaux scientifiques oubliés permet de révéler et de documenter des instruments démantelés, détruits, ou transformés au fil des ans. Enfin, l´Inventaire menant de front l´étude de l´architecture, de l´urbanisme et des objets mobiliers dans leur cadre territorial, la connaissance - ou plutôt la re-connaissance - des instruments disparus et de ceux devenus muets rend à nouveau intelligibles l´implantation et l´organisation des édifices sur leur site. Elle permet aussi de retrouver la destination première d´abris instrumentaux et de bâtiments dont l´architecture a pu être profondément modifiée à l´occasion de changements de fonction successifs ou dont la compréhension a été perturbée par des constructions postérieures. Les spécificités du patrimoine astronomique Les spécificités du patrimoine des observatoires sont de plusieurs ordres. Par exemple, en ce qui concerne le rapport mobilier/immobilier souvent évoqué dans les études patrimoniales, l´instrument astronomique prime toujours sur le bâti. En effet, à partir d´une certaine dimension, la lunette (ou le télescope) doit être installée à demeure sur de solides piliers et, devenue immobile par nécessité, elle est protégée par un abri adapté à la fois à sa forme, à ses dimensions et à l´usage que les astronomes en font. Ainsi l´étude des coupoles et autres abris est-elle toujours subordonnée à celle de l´objet. Pour ce qui est du corpus des objets patrimoniaux présents dans les observatoires, la spécificité tient au fait que ceux-ci se trouvent répartis dans un nombre restreint de sites bien identifiés, une douzaine, et que le nombre d´entrées - un peu plus d´un millier - est par nature limité. L´autre spécificité concerne les études sur le terrain : contrairement à celles que mène l´Inventaire dans d´autres domaines, elles sont réalisées par la même équipe de chercheurs quelle que soit la région où se trouve le site à inventorier.

Références documentaires

Bibliographie
  • LE GUET-TULLY Françoise, DAVOIGNEAU Jean (sous la direction de). Le Patrimoine de l'Astronomie, Lettre de l'OCIM n°84, novembre-décembre 2002.

  • LE GUET-TULLY, Françoise, DAVOIGNEAU Jean. L'inventaire et le patrimoine de l'astronomie : l'exemple des cercles méridiens et leurs abris. In Situ. [en ligne]. Numéro spécial. Septembre 2005 [03.05.06]. Accès Internet : <URL : http : //www.culture.gouv.fr/culture/revue-inv/insitu-ns/index-ns.html>.

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