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Moulin, scierie,moulin à foulon et huilerie dit Mittelmühle ou Sägmühle, moulin dit Abstmühle, moulin, tannerie et moulin à papier dit moulin Schanno, puis usine à papier Papeterie Schwindenhammer frères, puis Papeterie A. Scherb, puis Fabrique de Papiers A. Scherb, puis Papeterie Matussière et Forest-usine de Turckheim, puis Papeteries de Turckheim

Dossier IA68008461 réalisé en 2014

Fiche

  • Vue aérienne de la papeterie depuis le sud-ouest.
    Vue aérienne de la papeterie depuis le sud-ouest.
  • Impression
  • Agrandir la carte
  • Parties constituantes

    • bief de dérivation
    • cour
    • conciergerie
    • cheminée d'usine
    • remise de matériel d'incendie
    • atelier de fabrication
    • entrepôt industriel
    • magasin industriel
    • voie ferrée
    • bâtiment d'eau
    • chaufferie
    • salle des machines

Œuvres contenues

La rédaction de ce dossier intervient dans le cadre d'une opération d'urgence menée de mars à juin 2014 en raison d'un projet de requalification de la vaste friche industrielle constituée par l'ancienne papeterie Scherb avec démolition probable de certains bâtiments. Elle s'inscrit en outre dans une enquête thématique visant à interroger la transformation du paysage des vallées vosgiennes du Haut-Rhin sous l’effet de l’industrialisation. La synthèse ci-dessous donne ainsi lieu à une organisation spécifique des informations permettant de mettre en exergue divers aspects de la problématique retenue.

Cette opération d'urgence est menée par Déborah Schmitt dans le cadre d'un stage de Master Mecadocte (Université de Haute Alsace - Mulhouse) encadrée par Frank Schwarz et accompagnée par Jérôme Raimbault pour la campagne de prises de vues sur le terrain. Une campagne de prises de vues professionnelles est conduite parallèlement par Christophe Hamm et le dossier documentaire est rédigé par Frank Schwarz à partir des notes de Déborah Schmitt. La cartographie du site est réalisé par Abdessalem Rachedi.

Historique

Réutilisation d’un site proto-industriel

La papeterie exploitée par André Scherb au sud-ouest de l’actuelle gare de Turckheim s’établit sur le site de trois établissements protoindustriels mis en mouvement par les eaux du canal usinier de Turckheim, appelé Muhlbach (ou Logelbach) qui coule sur la rive droite de la rivière Fecht. D’amont en aval, s’égrenaient le moulin dit Mittelmühle ou Sägmühle, le moulin dit Abstmühle fondé par l’abbaye de Munster et enfin le moulin Schanno. Le moulin dit Mittelmühle ou Sägmühle dont la création remonterait à 1589, semble avoir également accueilli une scierie au cours de son histoire, lui valant l’une de ses deux dénominations. Mis en mouvement par deux roues verticales, le moulin se compose jusqu’au début du 19e siècle d’un seul bâtiment de plan rectangulaire irrégulier implanté parallèlement au canal des moulins. A la fin du 18e siècle, il est exploité par la famille Yantz, puis par Antoine Meyer au début du 19e siècle. En 1848, le site appartient à Jean-Louis Richert qui y exploite un moulin, un foulon à chanvre et une huilerie qu’actionnent quatre roues. Au moment de son rachat par la papeterie Schwindenhammer frères à la fin des années 1850, le moulin Richert se compose de trois corps de bâtiments adoptant un plan en U ouvert à l’est et ménageant une cour. Il est longé au sud par le canal des moulins. Ces bâtiments ont été intégrés à la papeterie Scherb et sont encore identifiables aujourd’hui (C1, C2, D et F).

La fondation du moulin dit Abstmühle par l’abbaye de Munster est datée de 1450. L’établissement demeure la propriété de l’abbaye jusqu’à la Révolution française où il passe entre les mains de Jacques Leiterer qui y fabrique du papier à la cuve à compter de 1791. Le site se compose alors de trois corps de bâtiments adoptant un plan en U ouvert à l’est et ménageant une cour. Au début du 19e siècle, Jean-Baptiste Adam y exploite un moulin à grains mû par deux roues hydrauliques. Vers 1848, André Scherb s’en rend acquéreur et poursuit l’exploitation du moulin durant quelques années. A cette époque, le site se compose de trois constructions établies sur la rive droite du canal des moulins : deux grands bâtiments de plan rectangulaire, l’un orienté nord-sud, le second est-ouest et, entre ces deux bâtiments, une petite construction de plan carré. L’ensemble de ces bâtiments a été démoli après la construction, en 1858 par les Papeteries Schwindenhammer frères, d’un nouveau moulin (A) destiné à la préparation de pâte à papier, entre le moulin Richert et le moulin dit Abstmühle.

Enfin, le moulin Schanno occupait la partie orientale du site actuel, juste en aval de l’entrée principale de la papeterie Scherb. Édifié en 1500, le site aurait également accueilli une tannerie à la fin du 16e siècle sous la direction d’Ulrich Undener de Gunsbach (Haut-Rhin). Au cours du 18e siècle, le moulin qui ne compte qu’un seul bâtiment jusque vers 1780, est exploité par un dénommé Boisgauthier (ou Boisgothier) avant d’échoir, en 1792, à Joseph Schanno, meunier à Rouffach (Haut-Rhin). La famille Schanno développe l’établissement et l’équipe de quatre roues hydrauliques. Les constructions, limitées au logis et à l’atelier de fabrication en 1787, sont considérablement augmentées. En 1858, le site se compose de deux grands bâtiments de plan rectangulaire. Le premier, orienté nord-sud, abrite les écuries et les remises. Il est prolongé au sud et dans son angle nord-est par deux petits corps de bâtiments. Le second bâtiment de plan rectangulaire, orienté est-ouest, accueille le moulin mis en mouvement par quatre turbines et implanté parallèlement au canal des moulins, sur sa rive gauche. Utilisé par André Scherb dès 1862, le moulin Schanno est définitivement acquis par ce dernier en 1874. Le bâtiment des écuries et des remises, remanié au début des années 1930, existe toujours sur le site (U).

Implantation

La papeterie d’André Scherb est établie sur le site de trois moulins installés le long du canal des moulins de Turckheim, appelé Muhlbach (ou Logelbach) et qui coule parallèlement au cours principal de la Fecht, sur sa rive droite. Jusqu’au début du 19e siècle, ce cours d’eau est constitué d’un entrelacs de bras de largeur variable et ne sera véritablement canalisé que vers 1850. Les trois moulins sont édifiés à l’écart de la ville de Turckheim massée derrière ses remparts au pied de la colline du Letzenberg, sur la rive gauche de la rivière. Avant leur transformation en papeterie, ces trois établissements protoindustriels sont desservis par un chemin dit Chemin des Moulins ou Mühlweg qui y donne accès depuis la route reliant Turckheim à Colmar, immédiatement après le pont qui franchit la Fecht. Les trois moulins établis pour deux d’entre eux (Sägmühle et moulin Schanno) sur la rive gauche du canal, le dernier sur la rive droite (moulin dit Abstmühle), sont bordés au nord par des prés et des prairies et au sud par des parcelles de vignes. Des jardins sont aménagés entre les trois établissements. Ils sont progressivement bâtis pour permettre la construction d’ateliers pour la papeterie.

En 1858, au moment de la construction d’un nouveau moulin (A) destiné à la préparation de pâte à papier, le cours du canal des moulins est modifié et déplacé vers le sud, entre le moulin Richert et le moulin dit Abstmühle.

Développement du site

En 1858, les Papeteries Schwindenhammer frères qui exploitent une papeterie en aval du site (étudiée, IA68001689), font construire sur place, entre le moulin Richert et le moulin dit Abstmühle, un nouveau moulin (A) destiné à la préparation de pâte à papier. Cet établissement est équipé de quatre cylindres défibreurs. En 1861, Joseph André Scherb, associé de la papeterie Schwindenhammer frères depuis 1857 et son mariage avec Marie Schwindenhammer, se retire de la société et décide de se lancer seul dans la fabrication de papier d’emballage. Lors du partage des actifs de la société, il se voit attribuer le nouveau moulin (A) de préparation de pâte à papier construit en 1858 et l’ancien moulin Richert en amont (C1, C2, D et F). Il fait l’acquisition d’une machine à papier de marque Huillier-Palez à Vienne (Isère) pour laquelle il fait édifier un nouvel atelier de fabrication (H) et équipe son usine de cinq récipients à vapeur cylindriques, en fonte, pour sécher le papier. Son entreprise, baptisée Papeterie A. Scherb en 1864, produit du papier d’emballage notamment pour la fabrication de tubes de filature réalisés par les tuberies Geiger et Dolt d’Ingersheim (Haut-Rhin). L’établissement produit également du papier destiné au façonnage de boîtes, comme les boîtes de fils à coudre DMC. La matière première se compose alors de vieux papiers, de chiffons et d’un peu de cellulose. André Scherb étend l’emprise du site productif en acquérant, en 1874, l’ancien moulin à grain dit moulin Schanno (U), qu’il exploitait depuis 1862. En 1885, il procède à la construction d’un nouveau bâtiment (S), pour abriter les turbines hydrauliques au sous-sol et des ateliers dans les étages.

En 1900, André Scherb fils succède à son père. En 1910, il fait construire une nouvelle chaufferie et une grande cheminée haute de 55 mètres en étendant la centrale d’énergie existante (R) au sud et à l’ouest. L’entreprise familiale est transformée en société anonyme en 1925, les actions étant partagées entre les différents membres de la famille. L’année suivante, une deuxième machine à papier produite par les Ets Allimand à Rives (Isère) est installée sur le site, dans un bâtiment dédié (K). La papeterie se développe vers le sud-ouest, le long de la rive gauche du canal usinier. Cette extension s’explique par la situation enclavée de l’usine contrainte par la route de Colmar à Turckheim à l’est et le cours de la Fecht doublée de la voie ferrée, au nord.

Louis-Pierre Widerkehr, après son mariage avec Léna Scherb en 1922, entre dans la société dont il prend la direction dès 1928 (après le décès d’André Scherb fils). L’usine est alors rebaptisée Fabrique de papiers A. Scherb. En 1931, l’ancien moulin Schanno est converti en bâtiment d’exploitation agricole engendrant d’importantes transformations. En 1936, après l’acquisition d’une licence de papier ingrain et de papier marbré, la machine à papier N°1 (installée en 1864) produit en grande quantité du papier marbré rouge et noir très prisé à cette époque. Durant la seconde guerre mondiale, Louis-Pierre Widerkehr et sa famille sont expulsés dès 1940. La production s’oriente alors vers les cartes de rationnement. Un commissaire allemand s’empare de la gestion de la papeterie et transforme toutes les liquidités en bons du trésor allemand. A la fin de la guerre, l’usine se retrouve sans réserves. Louis-Pierre Widerkehr reprend le contrôle de l’usine en 1945 et redémarre la machine à papier N°1 (de 1864) en mai, et la machine à papier N°2 (de 1926) en septembre, en produisant notamment le papier bleu et blanc des cigarettes de marque « Gauloises ».

En 1947, le capital de la société s’élève à 25 000 000 francs. L’année suivante, il est porté à 50 000 000 francs. En 1949, un incendie ravage la préparation de la machine à papier N°2. Le capital atteint néanmoins 100 000 000 francs en 1950 puis 200 000 000 francs en 1954. Bien que la plupart des actions de la société soient détenues par la famille Scherb-Widerkehr, le groupe Papeterie Matussière et Forest (PMF), société anonyme détenue à 55% par les membres des familles fondatrices (les Matussière et les Forest), en devient peu à peu l’actionnaire majoritaire. En 1954, un second incendie endommage le bâtiment de la préparation de pâte de la machine N°2 et en 1959 le feu détruit une partie des bâtiments de la préparation de la machine à papier N°1.

En 1961, le groupe Matussière et Forest prend le contrôle de la Fabrique de papier A. Scherb. Le président, Louis Matussière, impulse une nouvelle dynamique industrielle sur le site de Turckheim qui se spécialise dans la production de papier recyclé. En 1970 est mise en marche la première unité intégrée française de désencrage de vieux papiers. En 1973, une troisième machine à papier est achetée à Kiaers en Norvège et installée dans de nouveaux bâtiments (P et Q) conçus par l’architecte Jean Chomel (1919-2007). Après sa mise en service, la production passe de 19 000 tonnes à 31 000 tonnes de papier par an. A partir de 1982, la production de la machine à papier N°3 s’oriente vers le papier journal. En 1984, une seconde ligne de désencrage est ouverte et la production atteint 54 000 tonnes de papier par an.

Le groupe Matussière et Forest prend alors le contrôle de la papeterie Schwindenhammer (communément appelée site 2, étudiée IA68001689) exploitée sous la raison sociale Papeterie Ausseydat-Rey, qui est en liquidation judiciaire. En 1985, les deux papeteries de Turckheim sont fusionnées. La production totale des quatre machines à papier (trois sur le site Scherb et une sur le site Schwindenhammer) est de 100 000 tonnes par an. En 1991, la troisième machine à papier mise en service en 1973 doit être reconstruite, alors qu’une nouvelle ligne de désencrage est ouverte. Le papier d’écriture représente 96% de la production de l’entreprise, le reste se composant de papiers spéciaux et de papier ingrain. 290 personnes travaillent sur les 25 hectares formés par les deux entités. La société Matussière et Forest se voit récompensée du prix Eco-Produit à l’exposition universelle de Séville en 1992 pour son papier Alsaprint 100% recyclé et remporte, en 2001, le prix international de l’Industrie, pour son travail pionnier en matière de recyclage. En 2002, ce ne sont pas moins de 29 camions qui, chaque jour, viennent approvisionner le site en vieux papier. Les machines à papier fonctionnent 24h/24h et 360 jours/an. Avec ses quatre machines, l’usine Matussière et Forest de Turckheim produit plus de 140 000 tonnes de papier par an, tandis que la consommation d’eau s’élève à 20 m3 par tonne de papier produit.

En proie à des difficultés financières, le groupe Matussière et Forest est liquidé en 2008. Un regroupement d’actionnaires locaux décide alors de sauver la production de Turckheim en rachetant une partie des actifs de l’usine (dont la machine N°3 et les chaînes de désencrage). Début 2011, la nouvelle entité exploitée sous la raison sociale Papeteries de Turckheim, est finalement contrainte à la liquidation judiciaire, du fait de la contraction du marché du papier et de grandes difficultés pour s’approvisionner en matières premières.

Au moment de l'enquête, en 2014, le site est intégralement désaffecté et se cherche un nouvel avenir. L’ensemble des équipements techniques a été déposé et vendu à l’étranger.

Énergie

Le nouveau moulin (A) destiné à la préparation de pâte à papier et édifié en 1858 par les Papeteries Schwindenhammer frères est mis en mouvement par deux turbines hydrauliques alimentées par les eaux du canal des moulins de Turckheim, appelé Muhlbach (ou Logelbach). Les Papeteries Schwindenhammer frères se sont en effet portées acquéreurs du moulin Richert situé en amont de leur nouvelle usine et de l’ancien moulin de l’abbaye de Munster en aval, établissements dont ils ont arrêté l’activité et réuni les deux chutes au profit de leur nouvelle papeterie. Lorsqu’André Scherb prend la direction du site et fait l’acquisition d’une machine à papier de marque Huillier-Palez en 1861, il équipe son usine d’une machine à vapeur horizontale d’une puissance de huit chevaux alimentée par une chaudière cylindrique à trois bouilleurs et autorisée par arrêté préfectoral du 8 novembre 1861. En 1864, il se porte acquéreur de l’ancienne machine à vapeur Woolf à deux cylindres installée en 1842 dans la filature Kirschleger de Turckheim pour servir de moteur auxiliaire aux deux turbines, en période de basses eaux. En 1888, un nouveau bâtiment d’eau (S) est construit pour abriter les turbines. En 1926, deux machines à vapeur mettent en mouvement la seconde machine à papier installée sur le site. Enfin, en 1934, les turbines existantes sont remplacées par des turbines de type Kaplan alors que la papeterie recourt largement à l’énergie électrique livrée par les Forces Motrices de l’Est.En 1888, le moulin Schanno acquis en 1874 et intégré à la papeterie Scherb, est équipé d’une turbine Hercules-Progès, construite par Singrün à Epinal (Vosges). Elle est remplacée, en 1915, par une turbine de type Francis.

Description

Une emprise foncière de 15 hectares

Au cours de son histoire, la papeterie Scherb s’est progressivement étendue du nord-est vers le sud-ouest sur un terrain de 15 hectares délimité au nord par la voie ferrée Colmar-Metzeral. Les différents bâtiments s’articulent autour de trois grandes cours d’usine. La première, au nord-est du site, est commandée par la conciergerie (G) et regroupe les constructions les plus anciennes : l’ancien moulin Richert et ses dépendances (C1, C2, D et F), la remise d’incendie (B), le moulin à papier édifié en 1858 (A,) l’atelier de fabrication pour la machine à papier N° 1 installée vers 1862 (H) et celui pour la préparation de la pâte à papier (I). Ces bâtiments sont prolongés vers l’ouest par des ateliers de fabrication (K et N), des entrepôts industriels (M, E et J) et un magasin industriel (L) édifiés au fur et à mesure de l’extension de l’usine. Au nord, la cour d’usine est longée par une voie de chemin de fer dédiée le long de laquelle subsistent encore les vestiges d’une plaque tournante. A l’est et à l’écart, se dresse le dernier bâtiment qui subsiste de l’ancien moulin Schanno (U).

La seconde cour d’usine, au sud de la première, est bordée à l’ouest par le bâtiment d’eau édifié en 1885 (S) et la centrale d’énergie (R) composée de la chaufferie, de la salle des machines et de la cheminée d’usine. Au sud-est se dresse un vaste entrepôt industriel (T).

Enfin, le sud-ouest du site est occupé par une vaste cour qui servait au stockage en extérieur des vieux papiers destinés à être recyclés. Elle est bordée au nord-ouest par un entrepôt industriel (O), au nord par un atelier de fabrication édifié en 1973 pour accueillir la troisième machine à papier du site (P) et à l’est par un magasin industriel (Q). Pour l'identification des bâtiments, se reporter au plan de situation du site figurant dans les illustrations (IVR42_20166800266NUDA).

L'entrée de l'usine

La conciergerie (G) commande l’entrée de l’usine, au nord-est du site. Composée de deux corps de bâtiment, l’un orienté nord-sud, l’autre est-ouest, elle adopte un plan en T. Édifiée en brique apparente et pan de bois sur un soubassement en ciment, elle comporte un rez-de-chaussée et un étage carré sous un toit à longs pans couvert de tuiles plates et rehaussé d’un lambrequin en bois découpé. Le rez-de-chaussée est occupé par la loge du gardien ouvrant au nord et protégée par un auvent reposant sur des piliers en briques. L’étage, desservi par un escalier extérieur à garde-corps métallique dessinant l’emblème de la papeterie, le globe surmonté de la croix, est dédié au logement du gardien. A l’étage de l’aile orientée nord-sud, le remplissage en briques du pan de bois dessine, par un jeu de bichromie, des motifs géométriques et les pignons sont fermés par des panneaux de bois découpés de motifs d’arabesques. Attenant à la conciergerie, un portail avec piliers en grès et portique métallique, donne accès à la première cour d’usine.

L'ancien moulin Schanno

A distance de l’usine, à l’est du site, se dressent les anciennes dépendances du moulin Schanno (U) transformées en bâtiment d’exploitation agricole en 1931. De plan rectangulaire, ce bâtiment comporte un rez-de-chaussée et un comble à surcroît ajouré à l’est d’une grande lucarne axiale en pan de bois avec demi-croupe et balcon sur consoles en grès moulurées. Édifié en maçonnerie enduite et pan de bois en partie supérieure, il est couvert d’un toit à longs pans avec demi-croupes et tuiles en écaille. En partie nord, la faîtière est sommée de deux éléments en céramique représentant un coq et un chat. L’élévation postérieure, protégée par des auvents, est percée en partie centrale d’une porte charretière en plein cintre avec encadrement mouluré en grès rose. A droite de celle-ci, deux portes de garage résultent des transformations opérées au début des années 1930. Les autres baies sont en arc segmentaire et encadrements de grès. Le pan de bois du pignon nord dessine, en partie centrale, l’emblème de la papeterie.

L'ancien moulin Richert

L’ancien moulin Richert réinvesti par la papeterie Scherb se compose de trois corps de bâtiment (C1, C2, D et F) adoptant un plan en U ouvert à l’est et ménageant une cour. L’aile sud, de plan rectangulaire a été réaménagée en bureaux (C1). Édifié en maçonnerie enduite sur un soubassement en enduit dessinant des assises de pierre, ce bâtiment comporte un étage carré et un étage de comble sous un toit à longs pans brisés et grande croupe couvert de tuiles en écaille. Les baies rectangulaires sont encadrées de grès rose. L’élévation orientale est ornée de chaînes d’angle régulières à refend en pierre artificielle et surmontée d’une grande lucarne avec balcon dont le garde-corps en ferronnerie dessine l’emblème de la papeterie. Celui-ci orne également les grilles en fer forgé de certaines des baies du rez-de-chaussée. Une petite niche en arc brisé se loge dans l’angle nord-est du bâtiment prolongé à l’ouest par un atelier de réparation (C2) qui en reprend la morphologie. Édifié en brique apparente sur un soubassement en maçonnerie enduite, cet atelier comprend un rez-de-chaussée et un étage de comble sous un toit à longs pans brisés et grande croupe couvert de tuiles en écaille. Les élévations sud et ouest sont ajourées de grandes baies rectangulaires à châssis métallique avec linteaux en grès et appuis saillants en béton. Le soutènement intérieur est assuré par deux profilés métalliques médians sur colonne de fonte supportant une dalle en profilés métalliques et hourdis de briques.

Le corps central de l’ancien moulin Richert (D), en maçonnerie enduite, est percé au nord d’un passage de grande hauteur permettant la circulation d’un train. Les rails de la voie dédiée sont encore en place. Composé d’un rez-de-chaussée et d’un comble à surcroît, ce corps de bâtiment est couvert d’un toit à longs pans et tuiles en écaille. Le comble est ajouré, à l’est, d’une grande lucarne à demi-croupe dont le pan de bois reproduit, en partie centrale, l’emblème de la papeterie.

L’aile nord de l’ancien moulin Richert (F) est un bâtiment de plan rectangulaire à six travées d’ouvertures. Édifié en maçonnerie enduite, il comporte un rez-de-chaussée et un étage carré sous un toit à longs pans et demi-croupe couvert de tuile en écaille. Les baies rectangulaires sont encadrées de grès. Cette aile nord est prolongée, à l’est, d’une extension en rez-de-chaussée à deux travées d’ouvertures, édifiée en maçonnerie enduite et couverte d’un toit en appentis.

Les bâtiments construits autour de la première cour d'usine

L’atelier de fabrication (A) qui borde la frange sud de cette première cour d’usine résulte du moulin édifié en 1858 et destiné à la préparation de la pâte à papier. De plan rectangulaire, il comporte un rez-de-chaussée à 11 travées d’ouvertures et un étage carré correspondant à un remaniement du bâtiment originel qui comportait un étage carré et un étage de comble sous une vaste toiture à longs pans et demi-croupes. Élevé en maçonnerie enduite et pan de fer pour l’étage, sur un soubassement en appareil de grès rose, il est couvert d’un toit à longs pans en tôle nervurée. Les baies rectangulaires du rez-de-chaussée sont encadrées de grès rose, celles de l’étage présentent des appuis saillants en béton. Un vaste passage permettant la circulation d’un train est ménagé dans la partie orientale du bâtiment. Les rails de la voie de chemin de fer dédiée sont encore visibles au sol. Sur l’élévation antérieure, le linteau de la porte d’entrée est gravé du millésime 1862 et de l’emblème de la papeterie. Le soutènement intérieur de l’atelier au rez-de-chaussée est assuré par une file médiane de cinq poteaux circulaires en fonte supportant une dalle en profilés métalliques et voûtains en béton. Le bâtiment est flanqué au sud-est d’un réservoir de décantation conique. Il est prolongé, à l’ouest, d’une petite extension à deux travées en brique apparente dont l’angle nord-ouest, à pan coupé, est orné d’un bloc de grès sculpté de l’emblème de la papeterie et d’un tableau commémoratif des morts en bronze (étudié, IM68012503).

La remise d’incendie (B) fait face à cet atelier de fabrication (A) au nord de la première cour d’usine. De plan carré et édifiée en maçonnerie enduite et pan de bois en partie supérieure, elle comporte un rez-de-chaussée et un comble à surcroît sous un toit à longs pans et demi-croupes couvert de tuiles plates. L’élévation antérieure est percée au rez-de-chaussée d’une porte cochère en arc segmentaire avec encadrement alternant brique et pierre de taille en grès. A l’étage, une porte-fenêtre donne accès à un balcon à garde-corps en bois découpé sur consoles en grès moulurées, protégé par une avancée de toit.

Les premiers ateliers de fabrication

Au sud de l’ancien moulin Richert (C1, C2, D et F), deux ateliers de fabrication prolongent l’ancien moulin pour la préparation de la pâte à papier (A), vers l’ouest. Le premier (H) est l’atelier édifié vers 1862 pour recevoir la machine à papier Huillier-Palez. De plan rectangulaire et de très long développement, il est construit en maçonnerie enduite et compte un étage carré coiffé d’un toit à longs pans en tuile mécanique. Au sud, il est flanqué d’une extension couverte d’un toit en appentis. L’élévation nord est percée de deux portes piétonnes, l’une encadrée de granite, l’autre de grès.

Le second atelier (I), à l’ouest, est également de plan rectangulaire et comporte un étage carré sous un toit à longs pans en tuile mécanique. Édifié en béton armé avec parement en brique apparente, il est ajouré sur ses élévations nord et sud de grandes baies rectangulaires à châssis métallique avec appuis saillants et linteaux en béton armé. La dalle du premier étage et la couverture sont supportées par des sous-poutres en béton armé indiquant une reprise complète du bâtiment.

Face à cet atelier de fabrication (I) et à l’arrière des bâtiments de l’ancien moulin Richert (C1, C2, D et F) se dresse un ancien entrepôt industriel (E) organisé selon un plan en L et partiellement reconverti en vestiaire. Comportant un rez-de-chaussée et un comble à surcroît ajouré de lattis de bois sur l’élévation antérieure, il est construit en maçonnerie enduite et pan de bois sous un toit à longs pans couvert de tuile en écaille et de tuiles mécaniques. L’aile nord est percée au rez-de-chaussée de grandes baies rectangulaires sur son élévation antérieure. L’aile ouest présente un passage de grande hauteur permettant la circulation d’un train.

Les extensions construites à l'ouest du site

Correspondant à des phases successives d’extension de l’usine, plusieurs ateliers de fabrication, des magasins et des entrepôts industriels, très intriqués, se déploient à l’ouest des bâtiments les plus anciens massés autour de cette première cour d’usine, au nord-est du site. L’unité d’expédition du papier (L) est longée sur son élévation septentrionale par la voie de chemin de fer dédiée. Comportant un étage carré, elle est édifiée en maçonnerie enduite au rez-de-chaussée et en brique apparente à l’étage. L’ensemble est coiffé à l’est de trois travées de sheds orientées est-ouest et vitrées au nord, et à l’ouest de quatre travées à longs pans en tuile mécanique orientées nord-sud. Les élévations nord et est, couronnées d’un acrotère en brique apparente, sont percées de larges baies rectangulaires à châssis métallique avec appuis saillants et linteaux en béton.

Cette unité d’expédition est prolongée à l’ouest par un entrepôt industriel (M) de forme trapézoïdale à un étage carré dont le rez-de-chaussée, édifié en béton armé avec un système de soutènement fait de poteaux et de poutres, est traversé d’est en ouest par la voie ferrée qui dessert l’usine. L’étage est construit en charpente métallique apparente et bardage en tôle nervurée sous un toit à longs pans également couvert de tôle nervurée.

Accolés au sud de l’unité d’expédition (L) et de l’entrepôt industriel (M) se déploient l’atelier de fabrication (K) et l’entrepôt industriel (J) édifiés en 1926 pour recevoir la seconde machine à papier installée sur le site. En rez-de-chaussée surélevé et de plan rectangulaire allongé, l’atelier de fabrication (K) est édifié en béton armé et remplissage en maçonnerie enduite. Le toit à longs pans couvert de tuile mécanique repose sur d’imposantes fermes en béton armé, elles-mêmes soutenues par des poteaux de même matériau formant corbeau en partie supérieure. L’élévation méridionale est ajourée de grandes baies rectangulaires à châssis métallique et de baies filantes en partie haute. La machine à papier a été déposée, laissant au sol la fosse béante, mais l’atelier conserve son pont roulant. Le bâtiment est surmonté de cinq conduits de cheminée reliés entre eux par une passerelle de service. Au sud, un bâtiment en rez-de-chaussée, construit en béton armé et abritant deux vastes cuves qui émergent d’un toit en appentis en tuile mécanique, flanque l’atelier de fabrication. L’entrepôt industriel (J) qui lui est accolé au sud et à l’est, est également en rez-de-chaussée surélevé. Composé de deux travées à longs pans orientées est-ouest et d’inégal développement, il est construit en pan de fer et remplissage en brique apparente. La couverture de la travée méridionale reposant sur une charpente métallique apparente, est en ciment amiante et partiellement vitrée au sud. Celle de la travée nord est en tuile mécanique. Les élévations orientale et méridionale sont ajourées de baies filantes à châssis métallique.

Enfin, à l’ouest du site, le long de la voie ferrée Colmar-Metzeral, s’élève un dernier atelier de fabrication (N) qui servait à la préparation de la pâte à papier alimentant la machine N°2. De plan trapézoïdal, il comprend deux étages carrés sous un toit à dix travées de longs pans de taille décroissante, orientées nord-sud et couvertes de tuiles mécaniques. Soutenu par un ensemble de poteaux et de poutres en béton armé, il présente une élévation nord ajourée de grandes baies rectangulaires à châssis métallique, couronnée d’un acrotère et portant la raison sociale de l’entreprise « mf USINE DE TURCKHEIM » ainsi qu’une pierre en grès sculptée de l’emblème de la papeterie.

Les bâtiments bordant la seconde cour d'usine

La seconde cour d’usine, au sud de la première, est bordée à l’ouest par le bâtiment d’eau édifié en 1885 (S) et la centrale d’énergie (R). Le bâtiment d’eau (S), de plan rectangulaire et construit en maçonnerie enduite, comporte un sous-sol où étaient installées les turbines, un rez-de-chaussée surélevé et deux étages carrés dont le second correspond à une extension postérieure à la construction tout comme la grande travée méridionale du bâtiment (l’ancienne salle des machines de 1885) et sa partie occidentale. Couvert d’un toit à longs pans avec tôle ondulée en ciment amiante, le bâtiment est traversé en sous-sol par le canal usinier et prolongé à l’ouest par une construction de plan carré en rez-de-chaussée sous en toit en appentis couvert de tôle ondulée. Les baies des trois travées initiales du bâtiment d’eau sont en arc segmentaire avec encadrements en grès rose et appuis saillants.

La centrale d’énergie (R) se compose de trois corps de bâtiments accolés et d’une cheminée tronconique en briques, cerclée de métal. Le premier corps de bâtiment, implanté le plus au nord et jouxtant le bâtiment d’eau de 1885 (S), se compose d’un vaisseau coiffé d’un toit à longs pans soutenu par une charpente métallique apparente, couvert de tuiles mécaniques et ajouré d’un lanterneau. Édifié en pan de fer et remplissage en brique apparente, il est ajouré à l’est de grandes baies à châssis métallique. Ce bâtiment renferme encore deux corps de chauffe horizontaux. Le second bâtiment, édifié en brique apparente et accolé au premier par le sud, se compose d’un rez-de-chaussée de grande hauteur et d’un étage de comble sous un toit à longs pans couvert de tuiles mécaniques et souligné d’une corniche en brique à trois ressauts. Ce corps de bâtiment abrite une chaudière portant la raison sociale du constructeur, l’année de fabrication et la détermination du modèle : « ATELIERS HENRI LARDET GOLBEY VOSGES N° CONST 679 ANNEE 1962 CHAUDIERE MONOBLOC TYPE 236 ». Enfin, le dernier corps de bâtiment, implanté à l’ouest, est de plan carré en rez-de-chaussée sous un toit en appentis couvert de tôle ondulée en ciment amiante. Édifié en béton armé, il est ajouré à l’ouest et au sud de grandes baies rectangulaires. L’élévation méridionale est couronnée d’un acrotère. Ces deux derniers bâtiments correspondent à la construction, en 1910, d’une nouvelle chaufferie par extension de la centrale d’énergie existante.

La seconde cour d’usine est fermée à l’est par un entrepôt industriel (T) en rez-de-chaussée et de plan rectangulaire. Édifié en pan de fer et brique apparente sur un soubassement en béton, il est coiffé d’un toit à longs pans couvert de tôle ondulée en ciment amiante. L’élévation nord est longée par le canal usinier et ajourée, tout comme l’élévation sud, de baies filantes à châssis métallique en partie haute. Le mur-pignon oriental est orné d’une corniche et d’un bandeau en brique à ressauts ainsi que de chaînages d’angle en brique. Deux piliers en grès à refends sont engagés dans l’élévation orientale dont l’un est millésimé 1864 et porte deux monogrammes : DM et BW insérés dans un médaillon décoré d’un nœud de ruban. Le pignon est décoré de l'emblème de la papeterie figuré en briques saillantes. Cet atelier est prolongé à l’est d’une extension de grande hauteur en béton armé et bardage métallique coiffée d’un toit en appentis et tôle nervurée.

La cour d'usine au sud-ouest du site

Une troisième cour d’usine, de très grande superficie, occupe le sud-ouest du site. Elle servait au stockage en extérieur des vieux papiers destinés à être recyclés. Elle est bordée au nord-ouest par un entrepôt industriel (O) extrêmement vaste, formé de deux vaisseaux orientés nord-sud et d’une travée orientée est-ouest qui vient prolonger l’ensemble au sud. Construit en charpente métallique et bardage en tôle nervurée sur un soubassement en béton, cet entrepôt servait au stockage des vieux papiers. Il est couvert d’une charpente métallique apparente et d’une toiture à longs pans en tôle nervurée. Il est flanqué, à l’est, d’une construction plus récente en béton armé, habillée d’un bardage métallique. De plan rectangulaire et formant gradin à l’est, elle compte deux étages carrés.

Le nord de cette dernière cour d’usine est bordé par l’atelier de fabrication (P) conçu en 1973 pour installer la troisième machine à papier mise en service dans l’usine. De plan rectangulaire allongé, il se compose d’un rez-de-chaussée et d’un vaste vaisseau de très haut développement à l’étage. Édifié en béton armé et bardage métallique en partie supérieure, il est couronné d’un toit à longs pans couvert de tôle nervurée. La structure porteuse intérieure se compose de poteaux et de poutres en béton armé au rez-de-chaussée et d’une charpente métallique à l’étage. La machine à papier a été déposée laissant dans la dalle du premier niveau, une fosse béante. L’atelier est toujours équipé, à l’étage, de ses ponts roulants. L’atelier initial a subi des extensions avec l’ajout d’une travée habillée de bardage métallique au sud-ouest, d’un corps de bâtiment au nord-est et de constructions en rez-de-chaussée sur son élévation nord. Une passerelle, au nord-ouest, permet de relier cet atelier à l’unité de préparation (N) de la pâte à papier qui alimentait la machine N°2.

La frange orientale de cette troisième cour d’usine est occupée par un magasin industriel (Q) contemporain de l’atelier de fabrication (P) conçu pour la machine à papier installée en 1973. Il a été étendu par la suite. De plan rectangulaire irrégulier, il se déploie en rez-de-chaussée surélevé. Il est édifié en charpente métallique et bardage en tôle nervurée sur un soubassement en béton et couvert d’une toiture à longs pans en tôle nervurée. L’angle sud-ouest du bâtiment est occupé par un quai de chargement. Le long de l’élévation orientale ont été disposés les vestiges d’une meule en granite ainsi qu’une cuve en fonte qui porte la raison sociale du fabriquant : « USINES BEYER ST DIE ».

Appellations Mittelmühle ou Sägmühle ; Abstmühle ; moulin Schanno , Papeterie Schwindenhammer frères, puis Papeterie A. Scherb, puis Fabrique de Papiers A. Scherb, puis Papeterie Matussière et Forest-usine de Turckheim, puis Papeteries de Turckheim
Destinations usine à papier
Parties constituantes non étudiées bief de dérivation, cour, conciergerie, cheminée d'usine, remise de matériel d'incendie, atelier de fabrication, entrepôt industriel, magasin industriel, voie ferrée, bâtiment d'eau, chaufferie, salle des machines
Dénominations moulin, moulin à huile, scierie, moulin à papier, usine à papier, tannerie, moulin à foulon
Aire d'étude et canton Vallées vosgiennes du Haut-Rhin - Wintzenheim
Hydrographies Fecht (dérivation de la)
Adresse Commune : Turckheim
Lieu-dit : Hinter den Muehlen
Adresse : 01 rue de la Papeterie
Cadastre : 2016 08 10, 13, 31 à 33, 44, 49, 52, 54, 55, 65, 74, 75, 77 à 79 ; 2016 65 14 à 16, 22, 23, 66, 71, 76 à 78, 82, 83, 95

En 1858, les Papeteries Schwindenhammer frères, qui exploitent une papeterie en aval du site (étudiée, IA68001689), font construire sur place, un moulin destiné à la préparation de pâte à papier. En 1861, cet établissement passe sous le contrôle de Joseph André Scherb. Ce dernier, qui exploite sous la raison sociale Papeterie A. Scherb, fait alors l’acquisition d'une machine à papier pour laquelle il fait édifier un nouvel atelier de fabrication et fabrication. En 1885, il procède à la construction d’un nouveau bâtiment pour abriter des turbines hydrauliques au sous-sol et des ateliers dans les étages.

En 1900, André Scherb fils succède à son père. En 1910, il fait construire une nouvelle chaufferie. En 1926, une deuxième machine à papier produite est installée sur le site, dans un bâtiment dédié. Entre 1949, et 1959, trois incendies touchent le site. En 1961, le groupe Matussière et Forest prend le contrôle de la Fabrique de papier A. Scherb. En 1973, une troisième machine à papier est acquise et installée dans de nouveaux bâtiments conçus par l’architecte Jean Chomel (1919-2007).

En proie à des difficultés financières, le groupe Matussière et Forest est liquidé en 2008. L'usine est alors exploitée par une nouvelle entité, elle-même liquidée au début de l'année 2011. Au moment de l'enquête, en 2014, le site est intégralement désaffecté et se cherche un nouvel avenir.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle, 4e quart 19e siècle, 2e quart 20e siècle, 3e quart 20e siècle , daté par source
Secondaire : 1er quart 20e siècle, 2e quart 20e siècle , daté par source
Dates 1858, daté par source
1861, daté par source
1885, daté par source
1910, daté par source
1926, daté par source
1973, daté par source
Auteur(s) Auteur : Chomel Jean, architecte, attribution par source
Auteur : Schwindenhammer Jacques, auteur commanditaire, attribution par source
Auteur : Schwindenhammer Louis, auteur commanditaire, attribution par source
Auteur : Scherb André, auteur commanditaire, attribution par source

Les différents bâtiments de la papeterie Scherb s’articulent autour de trois grandes cours d’usine. La première, au nord-est du site, est commandée par la conciergerie en brique apparente et pan de bois et regroupe les constructions les plus anciennes : l’ancien moulin Richert et ses dépendances adoptant un plan en U, la remise d’incendie en maçonnerie enduite et pan de bois en partie supérieure, le moulin à papier édifié en 1858, l’atelier de fabrication pour la machine à papier N° 1 et celui pour la préparation de la pâte à papier, tous trois de plan rectangulaire et couverts d'un toit à longs pans. Ces bâtiments sont prolongés vers l’ouest par des ateliers de fabrication, des entrepôts industriels et un magasin industriel mis en œuvre au fur et à mesure de l’extension de l’usine. Édifiés en rez-de-chaussée ou comportant pour certains un à deux étages ils sont majoritairement construits en béton armé et coiffés de toits à longs pans. A l’est de la cour d’usine et à l’écart se dresse un bâtiment en rez-de-chaussée avec comble à surcroît formant l'ultime vestige de l’ancien moulin Schanno.

La seconde cour d’usine, au sud de la première, est bordée à l’ouest par le bâtiment d’eau à deux étages carrés en maçonnerie enduite et par la centrale d’énergie composée de la chaufferie, de la salle des machines et de la cheminée d’usine. Au sud-est se dresse un vaste entrepôt industriel en pan de fer et brique apparente sous un toit à longs pans couvert de tôle ondulée en ciment amiante.

Enfin, le sud-ouest du site est occupé par une vaste cour qui servait au stockage en extérieur des vieux papiers destinés à être recyclés. Elle est bordée au nord-ouest par un entrepôt industriel construit en charpente métallique et bardage en tôle nervurée, au nord par un atelier de fabrication pour la troisième machine à papier du site, édifié béton armé et composé d’un rez-de-chaussée et d’un vaste vaisseau à l’étage et à l’est, par un magasin industriel en charpente métallique et bardage en tôle nervurée.

Murs brique
béton béton armé
maçonnerie enduit
grès
pan de bois
pan de fer
essentage de tôle
Toit tuile plate, tuile mécanique, tôle nervurée, ciment amiante en couverture, verre en couverture
Plans plan rectangulaire régulier, plan régulier en U, plan régulier en L, plan carré régulier
Étages sous-sol, en rez-de-chaussée, rez-de-chaussée surélevé, 2 étages carrés, comble à surcroît, étage de comble, 1 vaisseau
Couvertures toit à longs pans demi-croupe
toit à longs pans brisés croupe
shed
appentis
Énergies énergie hydraulique produite sur place
énergie thermique produite sur place
énergie électrique achetée
Statut de la propriété propriété d'une personne morale

Références documentaires

Bibliographie
  • WIDERKEHR, Xavier. Mémoire sur les moulins situés sur les propriétés Scherb et leur extension ultérieure. Colmar : s.n., 1995.

(c) Région Grand Est – Inventaire général - Schmitt Déborah - Schwarz Frank - Raimbault Jérôme
Jérôme Raimbault

Chercheur au Service de l'Inventaire Général du Patrimoine Culturel de la Région Grand Est.


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