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Moulin, puis usine de tabac, puis tissage de toile de coton, puis filature et tissage de coton de la "Société de filature et tissage mécanique du Bas-Rhin", puis "Spinnerei & Weberei Huttenheim-Benfeld", puis "Filature et Tissage de Huttenheim", puis "Filatures et Tissages Kullmann & Cie", puis usine d’éléments préfabriqués Ergé

Dossier IA67077978 réalisé en 2013

Fiche

Œuvres contenues

La rédaction de ce dossier intervient dans le cadre d'une opération d'urgence menée par Frank Schwarz et Jérôme Raimbault en 2013 dans un contexte de démolition programmée d'un vaste atelier à sheds à l'ouest du site. La campagne de prises de vues est assurée par Jérôme Raimbault pour les vues chercheurs et par Christophe Hamm pour les vues professionnelles. La cartographie du site est réalisée par Abdessalem Rachedi.

Elle a donné lieu à la rédaction d'une synthèse qui précise l'historique de l'usine et en approfondit la description.

Historique

Un site proto-industriel réinvesti

La filature et le tissage de Huttenheim occupe l’emplacement de l’ancien moulin de Huttenheim attesté dès 1646 par un contrat de location passé entre la commune et le meunier Hans Schnellen. En 1710, le moulin est vendu par la commune d’Huttenheim et en 1730 il passe aux mains du Sieur Bernard Mainoni. En 1780, Etienne Mainoni y fonde, dans de nouveaux bâtiments, une manufacture de tabac active jusqu’en 1806, date à laquelle elle est la proie d’un incendie. Les Sieurs Mainoni vendent alors l’ensemble du site à MM. Bayer et Bruck qui y font édifier un nouveau bâtiment et poursuivent la production de tabac jusqu’à un nouvel incendie, en 1817. Les constructions servent ensuite de caserne à un détachement de dragons autrichiens faisant partie de l’armée d’occupation des alliés. Par arrêté préfectoral du 20 février 1823, Valentin Bayer obtient l’autorisation d’établir sur le site une fabrique de toile de coton comptant 300 métiers à tisser. En 1825, il cède son établissement à Job Dixon et aux frères Risler (Mathieu et Jérémie) qui exploitent depuis 1817, à Cernay (Haut-Rhin), le premier établissement d’Alsace spécialisé dans la construction de machines textiles. Pour donner de l’envergure au nouvel établissement, ces derniers font appel à des investisseurs. Ensemble ils fondent la « Société de filature et tissage mécanique du Bas-Rhin », autorisée par ordonnance royale du 11 avril 1826. Job Dixon et les frères Risler apportent à la société la jouissance des terrains et des bâtiments existants tandis que leurs associés, au nombre desquels se trouvent Valentin Bayer et Alfred Renouard de Bussierre, font des apports en numéraire. Les statuts initiaux prévoient de confier la construction de nouveaux bâtiments et des machines nécessaires à Job Dixon et aux frères Risler, ensemble dont ils demeureront propriétaires à l’expiration de la société, au bout de 21 années d’existence.

Une nouvelle usine d'une ampleur considérable

La construction de la nouvelle usine débute le 20 juin 1826 et donne naissance à un établissement considérable équipé de 23 000 broches et 400 métiers à tisser mécaniques, employant à ses débuts 390 ouvriers. Toutefois, le contrat passé entre les actionnaires de la « Société de filature et tissage mécanique du Bas-Rhin » n’est pas respecté. Job Dixon et les frères Risler ne parviennent pas à honorer leurs engagements et quittent le projet avant l’achèvement des bâtiments. La manufacture, devenue propriété de la société, est opérationnelle en 1828. L’unité de filature se déploie au sein d’une construction monumentale de 89 mètres de façade comptant 29 travées d’ouvertures sur sept niveaux coiffés d’un toit à longs pans et grandes croupes. A cheval sur un large canal usinier, le bâtiment est percé en rez-de-chaussée de deux grands arcs voûtés en plein cintre où sont disposées deux roues hydrauliques. Placées en retour d’équerre, deux ailes de 63 mètres de développement flanquent l’élévation sud de la filature. Il s’agit du remploi de deux bâtiments qui dépendaient de l’ancienne manufacture de tabac. L’aile occidentale est reconvertie en tissage prolongé de bureaux et l’aile orientale sert de magasins et d’écuries. La manufacture est équipée, dès l’origine, d’une machine à vapeur de 80 chevaux installée dans une centrale d’énergie implantée à l’est de la filature. Deux nouveaux canaux usiniers sont percés en 1832 et 1836, de part et d’autre du bief initial.

Deux ailes supplémentaires, détachées et symétriques (B) et (D), de 132 mètres de développement chacune, sont construites dans un second temps pour accueillir des ateliers de tissage. Attestées en 1838, elles sont vraisemblablement édifiées entre 1833 et 1837 comme semblent l’indiquer les états comptables de l’établissement conservés aux Archives Départementales du Bas-Rhin (mention de constructions nouvelles). En 1838, deux machines à vapeur supplémentaires, d’une puissance respective de 30 et 80 chevaux, sont installées en vue de renforcer l’énergie motrice de l’établissement. Elles sont logées dans de nouvelles constructions disposées aux ailes de la filature. En 1846, le nouveau bâtiment de tissage situé à l’ouest (B) est équipé, à son extrémité nord, d’une chaudière pour servir au chauffage des ateliers. Deux années plus tard, le tissage situé à l’est (D) est également pourvu d’une chaudière à son extrémité nord, pour servir de moteur auxiliaire aux chaudières de la machine à vapeur de 106 chevaux qui équipe alors l’établissement.

Au milieu du 19e siècle, l’usine de Huttenheim est l’un des plus importants sites cotonniers d’Alsace. En 1865, elle compte 31 152 broches et 780 métiers à tisser et emploie 1600 ouvriers. A cette période, les ateliers sont actionnés par six roues hydrauliques développant 200 chevaux et deux machines à vapeur de 150 chevaux. Vers 1870, une politique de construction de logements ouvriers est initiée par le nouveau directeur de l’usine, M. Gelly. Trois petites cités sont alors bâties au sein du village d’Huttenheim (quartier Michel, cité Saint-Léger et cour Wirmels). C’est également à cette période que sont érigés les premiers ateliers en rez-de-chaussée et couverts de sheds qui se déploient au sud de l’emprise manufacturière (aujourd’hui disparus).

L'incendie du 2 octobre 1881

Le site est frappé par un violent incendie le 2 octobre 1881 qui ruine la grande filature de sept niveaux ainsi que les deux ailes en retour d’équerre, vestiges de l’ancienne manufacture de tabac. Le sinistre provoque le dépôt de bilan de la « Société de filature et tissage mécanique du Bas-Rhin ». Dès l’année suivante, le Baron Ludwig von Erlanger fonde une nouvelle société dénommée « Spinnerei & Weberei Hüttenheim-Benfeld » (Filature et Tissage de Huttenheim-Benfeld) et dirigée par A. Bloch et A. Stein. Celle-ci entreprend la reconstruction des bâtiments en conservant partiellement le rez-de-chaussée de la filature originelle et en optant pour des ateliers en rez-de-chaussée ou à un étage carré. C’est vraisemblablement à cette époque que sont construits les ateliers en rez-de-chaussée (aujourd’hui en grande partie disparus) qui prolongent les unités productives au nord-ouest ainsi que le bâtiment de plan rectangulaire (C) édifié entre les deux canaux qui subsistent à ce jour.

En 1906, un nouvel incendie touche l’usine et endommage l’unité de traitement de la laine de vigogne ainsi que les bureaux et les ateliers d’apprêt dont le premier étage sera totalement reconstruit (B). Une centrale hydroélectrique (U), attestée en 1916, est établie sur le canal usinier médian. Elle est équipée de deux turbines, produites et installées par les Ets Schneider et Jacquet de Strasbourg. Elles développent ensemble une force de 294 chevaux.

Durant la première guerre mondiale, l’établissement connait une activité réduite et accueille un hôpital pour chevaux. Détenue en majeure partie par des capitaux allemands, l’usine d’Huttenheim est placée sous séquestre à la fin du conflit.

La fin de la vocation textile du site

La société « Filature et Tissage de Huttenheim » qui poursuit l’exploitation, fusionne en 1926 avec les Ets Kullmann & Cie de Mulhouse. Dès lors, l’établissement est exploité sous la raison sociale « Filatures et Tissages Kullmann & Cie » et emploie 900 ouvriers. Entre 1926 et 1928, le parc des machines est modernisé. On procède à l’installation de 35 384 broches de continus à filer, 1 040 broches de continus à retordre et 522 métiers à tisser automatiques. La société est toutefois contrainte au dépôt de bilan en 1931 mais l’activité se poursuit, marquée par des grèves en 1936. Durant la seconde guerre mondiale, l’usine est occupée par deux entreprises allemandes : les Ets Junker qui produisent des pièces de rechange pour l’aviation et la société Bob und Reuther de Mannheim qui fabrique des obus. Après les hostilités, l’industriel Joseph Riebel acquiert l’ensemble des actions Kullmann et relance l’activité. L’usine tourne alors à plein régime et emploie près de 600 personnes. Elle exporte la majeure partie de sa production en Afrique du Nord et dans les colonies françaises. En 1955, elle connait de graves difficultés et se voit contrainte de licencier la moitié de son personnel. Des efforts de modernisation et de reconversion partielle (fil synthétique) sont entrepris pour sauver l’usine, en vain. L’activité textile prend définitivement fin en avril 1962. Les machines en bon état sont transférées au Sénégal. Les Ets Kullmann & Cie se défont progressivement des 36 maisons comportant 60 logements qu’ils possèdent à Huttenheim.

Un nouveau destin pour l'ancienne usine textile

En 1969, le site devient le siège de la Société Ergé qui produit des baraques de chantier et autres constructions préfabriquées et emploie à ses débuts une centaine de personnes sur site. Cette société tire son nom des initiales de son fondateur, Robert Geyler, R.G. devenant Ergé. En 1970, celle-ci procède au comblement du canal usinier situé à l’est. Après une période de développement qui voit ses effectifs croître jusqu’à près de 600 personnes et de nouveaux locaux faire leur apparition notamment au nord-ouest de l’usine où les anciens magasins à coton sont remplacés par des halls en charpente et bardage métalliques, la Société Ergé connait des difficultés. Elle est placée en liquidation judiciaire en 1984. Peu de temps avant, la Société Batiloc, spécialisée dans la location de bâtiments préfabriqués, s’est établie sur le site d’Huttenheim. Reprise par les Ets Houot de Gérardmer (Vosges), l’activité de construction modulaire est néanmoins poursuivie sur place par une nouvelle société dénommée « Ergé 2000 » qui disparaît à son tour en 1994. A ce jour, seule la Société Batiloc est encore présente sur le site. La majeure partie des bâtiments est inoccupée.

Description

Un site industriel bordé de cours d'eau

Le site de la filature et du tissage de Huttenheim occupe une bande de terre formant une île, bordée à l’ouest par l’ancien canal d’amenée du moulin de Benfeld dénommé Muhlbach et à l’est par la rivière Ill. D’une emprise foncière de plus de 40 hectares, le site n’est accessible que par un pont établi sur le Muhlbach, au sud-ouest de l’usine. Celle-ci se compose de bâtiments productifs de différentes époques, depuis la fondation de la filature en 1826 jusqu’aux années 1980. Les constructions se dressent de part et d’autre de trois canaux usiniers de grande largeur (respectivement 18 m et 20,5 m de large), dont le plus oriental a été comblé. Du sud vers le nord, s’échelonnent deux constructions en pan de bois (W) et (X), quatre grands ateliers de fabrication (A), (B), (C) et (D) et un entrepôt industriel (E). Puis, à cheval sur les canaux usiniers, se dressent la centrale hydroélectrique avec sa turbine (U) et une longue construction de plan rectangulaire allongé à un étage carré, vestige de la filature originelle qui barre le site d’est en ouest (F), (G), (H), (I) et (J). Enfin, sur la partie nord du site sont disposés l’usine à gaz et la forge de l’usine (K), un ensemble de magasins industriels (L), (M) (N) et (O), un transformateur électrique (Q) et divers ateliers de fabrication (P), (R), (S), (T) et (V). Pour l'identification des bâtiments, se reporter au plan de situation du site figurant dans les illustrations (IVR42_20166700074NUDA).

Les deux constructions en pan de bois et maçonnerie enduite (W) et (X), figurées sur un plan de 1848, sont disposées parallèlement. De plan rectangulaire sous un toit à longs pans et tuiles plates, elles comportent toutes deux un rez-de-chaussée et un étage de comble. Elles étaient prolongées au sud par des hangars aujourd’hui disparus. Le bâtiment à l’ouest, de plus grand développement, est sommé au nord d’un petit campanile (à la cloche disparue). Il accueillait la salle à manger et les cuisines de l’usine ainsi qu’un atelier de fabrication de peignes à tisser. Les baies disposent d’un encadrement en bois en plein cintre. La construction à l’est, avec ouvertures rectangulaires, abritait la menuiserie et le dépôt d’incendie avec écurie aménagée dans la partie nord de l’édifice.

L'atelier de fabrication à sheds voué à la démolition

Le premier atelier de fabrication (A) de plan rectangulaire et en maçonnerie enduite est une construction en rez-de-chaussée vraisemblablement contemporaine de la reconstruction du site dans le dernier quart du 19e siècle et démoli après inventaire (printemps 2013). Il se compose de six travées de sheds vitrés au nord et couverts de tuiles mécaniques, prolongées au nord par 22 travées coiffées de toits à deux pans accolés et partiellement vitrés au nord. L’élévation occidentale de cet ensemble (a1) est percée de baies en plein cintre avec arc, fausse clé saillante et bandeau d’imposte en brique enduite. L’élévation orientale est ajourée de petites ouvertures semi-circulaires en partie haute avec une mise en œuvre similaire (arc, fausse clé saillante et bandeau d’imposte en brique enduite). Les élévations nord et sud sont décorées d’une corniche en brique à trois ressauts. Sur l’élévation est, les tuiles de rive des travées de sheds sont ornées d’un décor à fleur de lys. La structure porteuse intérieure se compose de poteaux circulaires en fonte supportant des sous-poutres en profilés métalliques pour les travées de sheds et en bois pour les travées à deux pans. L’ensemble est stabilisé au moyen de tirants métalliques. Cet atelier de fabrication est flanqué, dans son angle nord-est, d’un bâtiment plus tardif (a2), de plan rectangulaire à un étage carré coiffé d’un toit à longs pans et tuiles mécaniques. Élevé en maçonnerie enduite, il est ajouré de grandes ouvertures rectangulaires avec appuis saillants en béton moulé. La structure porteuse intérieure consiste en un système de poteaux/poutres en béton armé. Ce corps de bâtiment est prolongé vers l’ouest par une construction légère bardée de tôle nervurée (a3). Enfin, l’atelier de fabrication est relié à un ancien magasin industriel et à la cantine de l’usine reconvertis en garages au moyen d’une travée bâtie couverte d’une structure légère faite de panneaux nervurés en résine (a4). Le bâtiment des garages (A’) est bâti en pan de bois et maçonnerie enduite et coiffé d’une série de neuf toits à deux pans perpendiculaires aux sheds et couverts de tuiles mécaniques. Six des neuf travées de l’élévation sud sont repercées de portes de garages. Les trois autres sont ajourées de grandes baies en plein cintre avec encadrement en bois.

Les ateliers de fabrication originels

Les ateliers de fabrication (B) et (D) constituent deux constructions parfaitement symétriques qui encadraient, à distance, le corps principal à sept niveaux de la filature et ses deux ailes en retour d’équerre aujourd’hui disparues. De plan rectangulaire allongé, elles se déploient sur 132 mètres de long et comptent chacune 43 travées d’ouvertures. Élevées en moellons de grès enduits, elles comportent un rez-de-chaussée et un étage carré et sont cantonnées de chaînes d’angle harpées régulières en grès. Les baies en plein cintre du rez-de-chaussée sont décorées d’un arc et d’une fausse clé saillante en brique enduite. Les appuis de fenêtre, les bandeaux d’imposte, de niveau et d’appui sont en grès.

L’aile occidentale (B) comporte un étage remanié suite à l’incendie de 1906 qui touche les bureaux et l’unité d’apprêt qui y étaient installés. Il est percé de baies rectangulaires et couronné d’une corniche en briques à trois ressauts. La toiture est à longs pans et tôle nervurée. Le soutènement du rez-de-chaussée est assuré, dans la partie nord du bâtiment, par un système de poteaux/poutres en béton armé et, dans la partie sud, par des poteaux circulaires en fonte surmontés de profilés métalliques en I sur lesquels repose un solivage en bois.

L’aile orientale (D) semble se présenter dans sa morphologie originelle à l’exception de deux tourelles et d’une petite adjonction en rez-de-chaussée qui flanquent l’élévation orientale du bâtiment. Créées pour accueillir les sanitaires, ces deux tourelles sont percées de jours rectangulaires encadrés de grès et coiffées de toitures à quatre pans et tuiles plates. L’étage de l’atelier de fabrication est ajouré de baies avec encadrements rectangulaires en grès et coiffé d’une toiture à longs pans avec grandes croupes et tuiles plates. Les fermetures d’avant-toit sont en bois. La structure porteuse intérieure se compose, au rez-de-chaussée, de solives en bois de grande section reposant sur une sous-poutre médiane soutenue par une rangée de poteaux de différente facture dont les éléments originels semblent être des poteaux circulaires en fonte. A l’étage, le soutènement est également médian mais assuré par 36 poteaux circulaires en bois de grand diamètre et ornés de chapiteaux doriques.

L'atelier de fabrication édifié après l'incendie de 1881 et couvert d'une charpente métallique

L’atelier de fabrication (C) édifié entre les deux canaux usiniers qui subsistent aujourd’hui est vraisemblablement contemporain de la reconstruction post-incendie de l’usine en 1881. De plan rectangulaire, il est élevé en briques de couleur jaune et comporte un rez-de-chaussée et un étage carré. Les élévations est et ouest, à 19 travées d’ouvertures avec arc segmentaire en briques rouges, sont rythmées par des pilastres en brique et décorées d’une frise en brique à trois ressauts. Les pignons nord et sud sont couronnés d’un fronton ajouré d’une baie semi-circulaire avec arc en brique. Le bâtiment est flanqué dans son angle nord-est d’un monte-charge hors-œuvre en brique. L’angle sud-est est occupé par une demi-travée formant ressaut et abritant la cage d’escalier, un monte-charge et les sanitaires. Au rez-de-chaussée, des poteaux faits de profilés métalliques en U boulonnés supportent une dalle en béton et poutrelles métalliques. L’étage présente une charpente métallique apparente dessinant une grande nef centrale et deux bas-côtés soutenus par des poutrelles en treillis. En partie haute, le volume central ménage un lanterneau vitré sur les pans les plus verticaux de la toiture à longs pans et tôle ondulée en ciment amiante. Le bâtiment est prolongé au sud par un atelier moderne (C’) avec charpente et bardage métalliques sous une couverture à longs pans en ciment amiante et tôle nervurée. Au nord, cet atelier de fabrication a été relié à l’ancienne filature (H) par un bâtiment de liaison édifié postérieurement et soutenu par un système de poteaux/poutres en béton armé.

L’entrepôt industriel établi au sud-est du site (E) est composé d’une charpente métallique essentée de tôle nervurée. Comportant sept travées à longs pans accolés, il est prolongé au nord et au sud par deux hangars industriels avec toit en appentis pour l’un et deux toits à longs pans accolés pour l’autre. L’ensemble des couvertures est réalisé en tôle nervurée.

La centrale hydroélectrique

Établie sur le bief médian, la centrale hydroélectrique (U) se compose de deux corps de bâtiment accolés, de plan rectangulaire et bordés à l’ouest par un canal de décharge. Édifiée en béton armé et remplissage en brique enduite, la centrale présente une structure porteuse apparente en poteaux/poutres sous une toiture en béton armé à deux pans de très faible pente. La partie occidentale, de plus grand développement, abrite la salle des machines ajourée au nord et à l’ouest de grandes baies rectangulaires avec châssis métalliques vitrés. Sur l’élévation méridionale, le canal d’amenée se divise en deux prises d’eau contrôlées par des batardeaux automatisés. La salle des machines est conçue pour deux turbines dont une, à l’arrêt, subsiste aujourd’hui. Seules les parties sèches du groupe turbo-alternateur sont visibles. La turbine à axe vertical et vraisemblablement de type Francis est immergée dans une chambre d’eau en béton armé. Elle est surmontée d’un multiplicateur de vitesse de conception suédoise (SVENSKA TURBINFABRIKS A.B. LJUNGSTRON FINGSPRONG SWEDEN), d’un alternateur et d’une excitatrice également de construction suédoise (ASEA). La marche de la turbine est contrôlée par un régulateur de marque SCHNEIDER et JAQUET de Strasbourg (Bas-Rhin), entreprise qui a procédé à l’installation de la centrale. La partie orientale de la construction, en rez-de-chaussée, contient les transformateurs électriques et l’ensemble des tableaux de contrôle et de distribution.

L'unité de filature

La construction de plan rectangulaire allongé à un étage carré qui s’étend sur plus de 220 mètres de long et barre le site d’est en ouest, agglomère des bâtiments de différentes époques (F), (G), (H), (I) et (J). Elle est longée au sud par une voie de chemin de fer privée. En partie médiane se dressent les vestiges de la filature originelle sur lesquels a été reconstruite la nouvelle filature à 43 travées d’ouvertures dont les élévations nord et sud sont ornées d’une corniche en briques à trois ressauts sous un toit à longs pans avec tôles ondulées en ciment amiante. De cette construction médiane de 144 mètres de façade, les parties latérales (h1) et (h3) conservent en rez-de-chaussée et pour partie à l’étage, les élévations en moellons de grès enduits de la construction initiale et notamment une même scansion de quatre baies en rez-de-chaussée (les deux prises d’eau en plein cintre et parement en blocs de grès appareillés, une porte en plein cintre et une grande ouverture en arc segmentaire toutes deux ornées d’un arc, d’une clé saillante et d’un bandeau d’imposte en grès). Sur la partie occidentale du bâtiment (h3), les prises d’eau ont été équipées d’un bâti dormant en chêne. On retrouve le même dispositif de fermeture sur l’une des prises d’eau de la partie est du bâtiment (h1). L’étage de ces deux parties latérales (h1) et (h3) a été remonté en brique enduite et l’ensemble consolidé au moyen de tirants métalliques. Le soutènement intérieur du rez-de-chaussée associe des poteaux en béton armé et des piliers circulaires en fonte remployés. L’étage est soutenu par une charpente métallique enduite. Le couvrement est en béton coffré. La partie médiane de la filature (h2), longue de 90 mètres et totalement reconstruite, présente une mise en œuvre similaire à l’atelier de fabrication qui lui fait face (C) et qui lui est vraisemblablement contemporain. Élevée en brique de couleur jaune, elle aligne 26 travées d’ouvertures avec arc segmentaire en brique rouge. Les élévations nord et sud sont rythmées par des pilastres en brique renforcés de tirants métalliques. Les deux niveaux de cette partie du bâtiment sont soutenus par des colonnes circulaires en fonte avec dalle et couvrement en béton armé.

Les centrales d'énergie

La filature est flanquée, à l’est et à l’ouest, de deux corps de bâtiment qui correspondent à l’emplacement des deux centrales d’énergie édifiées en 1838. A l’est se dresse un bâtiment (G) à un étage carré construit en brique enduite et tirants métalliques sur les vestiges de l’ancienne salle des machines en moellons de grès dont il subsiste des parties sur l’élévation méridionale. De part et d’autre, les pignons forment un mur pare-feu. Ce bâtiment est prolongé, à l’est, par une ancienne chaufferie (F) construite en brique enduite en rez-de-chaussée sous un toit à longs pans et tôle nervurée partiellement effondré. Les murs-gouttereaux sont rythmés par des pilastres en brique enduite. L’élévation sud est ajourée de baies en plein cintre et à arc segmentaire. A l’ouest de la filature (H), se succèdent la seconde salle des machines (I) et la chaufferie (J) avec sa cheminée d’usine. De plan rectangulaire à deux travées d’ouvertures, la salle des machines (I) à un étage carré est bâtie en maçonnerie enduite et couverte d’un toit à longs pans et tuiles plates. L’étage, qui accueillait autrefois la machine à vapeur, conserve encore le tableau de contrôle du groupe turbo-alternateur qui lui a succédé. La salle, équipée d’un imposant pont roulant, est ajourée de grandes baies toute hauteur en plein cintre avec appui mouluré, clé et imposte saillantes en grès. Le sol est recouvert d’un carrelage bicolore et les murs d’une faïence murale en partie basse. Le pignon ouest est percé d’une baie semi-circulaire avec appui en grès mouluré. La chaufferie (J), qui prolonge la salle des machines à l’ouest, est en rez-de-chaussée coiffé d’une charpente métallique apparente sous un toit à longs pans et tôle ondulée en ciment amiante. De plan rectangulaire et construite en maçonnerie enduite, elle intègre une cheminée d’usine circulaire en brique avec cerclage métallique et couronnement orné d’une frise en brique à ressauts. La base de la cheminée, de très haute stature, se compose de blocs de grès appareillés et remplissage de brique. Le bac de pression qui servait à alimenter en eau les sprinklers, vaste cuve en tôle rivetée, est en place au sous-sol. D’après le timbre présent sur l’enveloppe, elle a été installée en 1937.

L'usine à gaz et la forge

Au nord-est de la filature se dresse un édifice fortement remanié qui abritait l’usine à gaz et la forge de l’usine (K). De plan carré, l’édifice a été prolongé contre son élévation nord-est d’une travée couverte d’un toit en appentis. Élevé en moellons de grès enduit, le bâtiment est cantonné de chaînes d’angle harpées régulières en grès. Il comporte un rez-de-chaussée et un étage carré sous un toit à quatre pans avec couverture en tuiles mécaniques et corniche moulurée en grès. Les baies en plein cintre du rez-de-chaussée sont décorées d’un arc et d’une fausse clé saillante en brique enduite. Les bandeaux d’imposte, de niveau et d’appui sont en grès. Les fenêtres de l’étage, dont la majorité est remaniée, étaient encadrées de grès. Le soutènement intérieur est assuré par des profilés métalliques en I soutenus par des poteaux circulaires en fonte. Les supports de la travée médiane sont décorés (fûts cannelés en partie haute, chapiteaux composites avec volutes aux angles) et portent la plaque du fondeur (Gebr. GIENANTH HOCHSTEIN). La dalle haute du rez-de-chaussée, exécutée en béton et poutrelles métalliques, est vraisemblablement postérieure à la construction. Elle porte encore les roues et poulies de l’ancien système de transmission.

Les magasins industriels

L’ensemble des magasins industriels (L), (M) et (N), implanté en écart, agrège des constructions de différentes époques. Le bâtiment (N) le plus au nord, de plan rectangulaire, est figuré sur un plan de 1838. Élevé en pan de bois et maçonnerie enduite, il comporte un rez-de-chaussée soutenu par une rangée de poteaux médians en bois portant chacun quatre arbalétriers et un étage de comble avec charpente apparente et habillage intérieur des rampants en lattis et plâtre. Il est couvert d’un toit à longs pans avec tuiles mécaniques et lucarnes rampantes. Un bâtiment de liaison (M) en charpente et bardage métalliques sous une toiture en tôle nervurée, relie cette construction à un second magasin (L) en rez-de-chaussée sous un toit à longs pans couvert de tuiles mécaniques. De plan rectangulaire, il est construit en maçonnerie enduite et ajouré à l’est de baies en plein cintre. A l’arrière de cet ensemble, un magasin industriel (O) en charpente et bardage métalliques sous une toiture à longs pans en tôle nervurée ferme le site au nord-est.

Enfin, la partie nord-ouest du site est occupée par différents ateliers de fabrication et par un transformateur électrique (Q) établi au droit du canal usinier occidental. De plan carré et bâti en maçonnerie enduite, cet édicule en rez-de-chaussée est couvert d’un toit en pavillon et tuiles plates. Il est sommé d’un épi de faîtage.

La teinturerie

Un premier atelier de fabrication (P), dédié à la teinturerie, est établi entre les deux biefs qui subsistent sur le site. De plan rectangulaire, il est soutenu par un ensemble de poteaux et de poutres en béton armé habillés de brique. Le toit en terrasse, ajouré de deux lanterneaux, est en pan de fer et hourdis de brique. En partie haute, les élévations nord, est et ouest sont percées de petites baies horizontales de forme rectangulaire. De grande hauteur, le bâtiment est pourvu à l’est d’une mezzanine avec garde-corps métallique. Il est flanqué au sud d’un hangar en charpente métallique et toiture à longs pans couverte de tôle nervurée.

Les ateliers de fabrication implantés au nord-ouest de l'emprise usinière

La rive gauche du canal usinier occidental est occupée par un vaste atelier de plan rectangulaire allongé (R), prolongé au nord par une petite construction en pan de fer (T) et flanqué à l’est d’une extension en rez-de-chaussée (S). Cet atelier de fabrication à un étage carré sous un toit en terrasse agrège des constructions de différentes époques dont les élévations sont couronnées d’une frise en brique à trois ressauts. La partie sud, en moellons de grès enduits, comporte quatre travées d’ouvertures. Les baies du rez-de chaussée sont en plein cintre avec arc et clé saillante en brique enduite. A l’étage, les ouvertures sont rectangulaires et encadrées de grès. Cantonnée de chaînes d’angle harpées régulières, cette première construction est ornée de bandeaux d’imposte, d’étage et d’appui en grès. La partie médiane à six travées qui la prolonge au nord est élevée en moellons de grès enduits pour le rez-de-chaussée et en brique enduite pour l’étage. Le vocabulaire décoratif est comparable à l’exception des bandeaux d’imposte, d’étage et d’appui exécutés en brique partiellement enduite. Le soutènement intérieur de ces deux constructions est de même facture laissant supposer une reprise postérieure à leur édification, peut-être à la suite de l’incendie de 1881. Au rez-de-chaussée, une rangée médiane de poteaux circulaires en fonte soutient des sous-poutres métalliques sur lesquelles repose une dalle en poutrelles métalliques et voûtains en béton. A l’étage, de grandes fermes en béton armé soutiennent un couvrement en béton coffré. La partie nord de l’atelier compte 12 travées d’ouvertures. Les baies du rez-de-chaussée sont en plein cintre et l’étage est ajouré de petites ouvertures à arc segmentaire en brique placées en partie haute des murs-gouttereaux. Édifiée intégralement en brique enduite, cette construction est renforcée de petits contreforts en briques à deux ressauts. Au rez-de-chaussée, des poteaux et des poutres en béton armé soutiennent une dalle en béton coffré. A l’étage, une rangée médiane de poteaux en béton supporte des sous-poutres métalliques et une dalle en béton. L’extension (S) qui flanque cet atelier à l’est, comporte un rez-de-chaussée sous un toit en appentis couvert de tôle nervurée. Rythmée par 14 travées d’ouvertures, elle est ajourée de baies à arc segmentaire en brique. Une construction de grande hauteur et de plan rectangulaire, couronnée d’un acrotère en brique à ressauts, surplombe cette extension en partie médiane.

L’atelier est prolongé au nord par une construction perpendiculaire (T) à un étage carré, en pan de fer et maçonnerie enduite. La dalle de l’étage, en poutrelles métalliques et voûtains en béton, repose sur trois profilés en I de grande section. Le couvrement en béton coffré est supporté par une rangée médiane de poteaux en béton et sous-poutres métalliques et enduites.

L’atelier de fabrication (V) qui ferme le site au nord-ouest est de conception plus récente. Réalisé en charpente et bardage métalliques sous une couverture en tôle nervurée, il comporte quatre travées à longs pans orientées est/ouest et réalisées en deux campagnes de construction.

Appellations "Filature et Tissage de Huttenheim"
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, entrepôt industriel, centrale hydroélectrique, usine à gaz, forge, magasin industriel, transformateur, cantine, bief de dérivation, cité ouvrière, cheminée d'usine, logement d'ouvriers, cour
Dénominations moulin, usine de tabac, tissage, filature, usine d'éléments préfabriqués
Aire d'étude et canton Bas-Rhin - Benfeld
Hydrographies Ill (dérivation de l')
Adresse Commune : Huttenheim
Lieu-dit : Fabrik, Bruehly
Adresse : 10 rue du Travail
Cadastre : 2013 21 54 à 63 ; 2013 21 98 à 99 ; 2013 24 54 à 63 ; 2013 24 76

La filature et le tissage de Huttenheim occupe l’emplacement de l’ancien moulin de la commune. En 1780, Etienne Mainoni y fonde, dans de nouveaux bâtiments, une manufacture de tabac. En 1823, Valentin Bayer obtient l’autorisation d’établir sur le site une fabrique de toile de coton. En 1825, il cède son établissement à Job Dixon et aux frères Risler. Avec des investisseurs, ils fondent la « Société de filature et tissage mécanique du Bas-Rhin » qui entame, en 1826, la construction de la nouvelle usine. Ce nouvel établissement est équipé, dès l’origine, d’une machine à vapeur de 80 chevaux. Deux nouveaux canaux usiniers sont percés en 1832 et 1836, de part et d’autre du bief initial.

En 1838, deux machines à vapeur supplémentaires sont installées en vue de renforcer l’énergie motrice de l’établissement. Au milieu du 19e siècle, l’usine de Huttenheim est l’un des plus importants sites cotonniers d’Alsace. En 1865, elle compte 31 152 broches et 780 métiers à tisser et emploie 1600 ouvriers. A cette période, les ateliers sont actionnés par six roues hydrauliques développant 200 chevaux et deux machines à vapeur de 150 chevaux. Vers 1870, une politique de construction de logements ouvriers est initiée par le directeur de l’usine.

Le site est frappé par un violent incendie le 2 octobre 1881 qui ruine l'établissement et provoque son dépôt de bilan. Dès l’année suivante, le Baron Ludwig von Erlanger fonde une nouvelle société dénommée « Spinnerei & Weberei Hüttenheim-Benfeld » (Filature et Tissage de Huttenheim-Benfeld) qui entreprend la reconstruction des bâtiments .

En 1906, un nouvel incendie touche l’usine et endommage l’unité de traitement de la laine de vigogne ainsi que les bureaux et les ateliers d’apprêt. Une centrale hydroélectrique, attestée en 1916, est établie sur le canal usinier médian. Durant la première guerre mondiale, l’établissement connait une activité réduite et accueille un hôpital pour chevaux. Détenue en majeure partie par des capitaux allemands, l’usine d’Huttenheim est placée sous séquestre à la fin du conflit.

La société « Filature et Tissage de Huttenheim » qui poursuit l’exploitation, fusionne en 1926 avec les Ets Kullmann & Cie de Mulhouse. Dès lors, l’établissement est exploité sous la raison sociale « Filatures et Tissages Kullmann & Cie » et emploie 900 ouvriers. La société est toutefois contrainte au dépôt de bilan en 1931 mais l’activité se poursuit. En 1955, elle connait de graves difficultés et se voit contrainte de licencier la moitié de son personnel. L’activité textile prend définitivement fin en avril 1962.

En 1969, le site devient le siège de la Société Ergé qui produit des baraques de chantier et autres constructions préfabriquées. Cette dernière est placée en liquidation judiciaire en 1984. Peu de temps avant, la Société Batiloc, spécialisée dans la location de bâtiments préfabriqués, s’est établie sur le site d’Huttenheim. Elle est toujours présente sur le site.

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle , daté par source
Principale : 4e quart 19e siècle , daté par source
Secondaire : 1er quart 20e siècle , daté par source
Dates 1826, daté par source
1881, daté par source
Auteur(s) Auteur : Mainoni Etienne, auteur commanditaire, attribution par source
Auteur : Bayer Valentin, auteur commanditaire, attribution par source
Auteur : Dixon
Auteur : Risler Mathieu, auteur commanditaire, attribution par source
Auteur : Risler Jérémie, auteur commanditaire, attribution par source
Auteur : Renouard de Bussière (de) Alfred , auteur commanditaire, attribution par source

Le site de la filature et du tissage de Huttenheim, d'une emprise foncière de plus de 40 hectares, occupe une bande de terre formant une île, bordée à l’ouest par un canal d’amenée d'eau et à l’est par la rivière Ill. Il se compose de bâtiments productifs de différentes époques, depuis la fondation de la filature en 1826 jusqu’aux années 1980. Les constructions se dressent de part et d’autre de trois canaux usiniers dont le plus oriental a été comblé.

En cœur de site, se dressent les ateliers de fabrication originels (B) et (D) en maçonnerie enduite, comportant un étage carré sous un toit à longs pans. Ils encadrent l'unité de filature à un étage carré qui résulte de la reconstruction partielle de l'édifice suite au sinistre de 1881 et agglomère des corps de bâtiments de différentes époques (F), (G), (H), (I) et (J). Au centre de ce vaste ensemble dessinant un plan en U, sont édifiées deux constructions postérieures : un atelier de fabrication (C) en briques de couleur jaune avec charpente métallique apparente, prolongé au sud par un atelier moderne (C’) et la centrale hydroélectrique (U) en béton armé et maçonnerie de briques enduites qui conserve l'une de ses deux turbines.

Au nord-ouest du site, se déploie un atelier de fabrication (A) en rez-de-chaussée et couvert de sheds (démoli après inventaire) et au sud-est, un entrepôt industriel composé d’une charpente métallique essentée de tôle nervurée et prolongé au nord et au sud par deux hangars industriels avec toit en appentis.

La partie nord de l'emprise usinière est occupée par un atelier de fabrication (V) en charpente et bardage métalliques sous une couverture en tôle nervurée et un second atelier de plan rectangulaire allongé (R), en maçonnerie enduite, prolongé au nord par une petite construction en pan de fer (T) et flanqué à l’est d’une extension en rez-de-chaussée (S). Au nord-est, se succèdent différentes constructions isolées : un transformateur électrique (Q), la teinturerie (P) avec une ossature en béton armé et un toit en terrasse, un ensemble des magasins industriels (L), (M), (N) et(O) et un édifice de plan carré ayant accueilli l’usine à gaz et la forge de l’usine (K).

Enfin, au sud des bâtiments productifs sont édifiées deux constructions en pan de bois et maçonnerie enduite (W) et (X), comportant un rez-de-chaussée et un étage de comble sous un toit à longs pans et tuiles plates. Pour l'identification des bâtiments, se reporter au plan de situation du site figurant dans les illustrations (IVR42_20166700074NUDA).

Murs béton béton armé
brique maçonnerie enduit
grès moellon enduit
maçonnerie enduit
pan de métal
pan de bois
essentage de tôle
Toit tuile plate, tuile mécanique, verre en couverture, béton en couverture, tôle nervurée, tôle ondulée, ciment amiante en couverture
Étages en rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans croupe
toit à longs pans lanterneau
shed
appentis
toit à deux pans
toit à plusieurs pans
terrasse
toit en pavillon
Énergies énergie hydraulique produite sur place roue hydraulique verticale
énergie thermique produite sur place
énergie électrique achetée
États conservations détruit après inventaire
Techniques sculpture
Représentations ordre dorique
Précision représentations

A l’étage de l'atelier de fabrication (D), construit entre 1833 et 1837 à l'est du site, le soutènement est assuré par 36 poteaux circulaires en bois ornés de chapiteaux doriques.

Statut de la propriété propriété d'une personne morale

Références documentaires

Bibliographie
  • WINLING, Nicolas. Chronik der Gemeinde und Pfarrei Hüttenheim im Unter-Elsass. Sélestat : Buchdruckerei Kruch, 1937.

Périodiques
  • ORTLIEB, Daniel. Société Anonyme de Filature et Tissage mécanique du Bas-Rhin Huttenheim (1826-1881). Annuaire de de la Société d'Histoire des quatre cantons, 18, 2000, p. 93-110.

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