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Moulin dit Niedermühle, puis moulin à papier, puis usine à papier Papeterie Schwindenhammer, puis Papeterie Ausseydat-Rey usine de Turckheim, puis Papeterie Matussière et Forest usine de Turckheim, puis Papeteries de Turckheim

Dossier IA68008460 réalisé en 2014

Fiche

  • Vue aérienne de l’usine, depuis le sud-ouest.
    Vue aérienne de l’usine, depuis le sud-ouest.
  • Impression
  • Agrandir la carte
  • Parties constituantes

    • bureau
    • atelier de fabrication
    • magasin industriel
    • salle des machines
    • chaufferie
    • garage
    • cour
    • bief de dérivation
    • entrepôt industriel
    • station d'épuration
    • écurie
    • dépendance
    • moulin
    • maison
    • bâtiment d'eau
    • buanderie

La rédaction de ce dossier intervient dans le cadre d'une opération d'urgence menée de mars à juin 2014 en raison d'un projet de requalification de la vaste friche industrielle constituée par l'ancienne papeterie Schwindenhammer avec démolition probable de certains bâtiments. Elle s'inscrit en outre dans une enquête thématique visant à interroger la transformation du paysage des vallées vosgiennes du Haut-Rhin sous l’effet de l’industrialisation. La nouvelle synthèse ci-dessous donne ainsi lieu à une organisation spécifique des informations permettant de mettre en exergue divers aspects de la problématique retenue.

Cette opération d'urgence est menée par Déborah Schmitt dans le cadre d'un stage de Master Mecadocte (Université de Haute Alsace - Mulhouse) encadrée par Frank Schwarz et accompagnée par Jérôme Raimbault pour la campagne de prises de vues sur le terrain. Une campagne de prises de vues professionnelles est conduite parallèlement par Christophe Hamm et le dossier documentaire est rédigé par Frank Schwarz à partir des notes de Déborah Schmitt. La cartographie du site est réalisé par Abdessalem Rachedi.

Historique

Réutilisation d’un site proto-industriel

La papeterie Schwindenhammer s’installe sur le site d’un ancien moulin dit Niedermühle qui appartenait à la seigneurie du Haut-Landsberg. En 1713, ce moulin est remplacé par une papeterie (A1) exploitée par Zéphyrin Meyer qui y produit du papier d’écriture pour le compte du baron de Riedwitz détenteur de la seigneurie du Haut-Landsberg. La famille Meyer exploite ce moulin équipé de trois roues hydrauliques jusqu’en 1737, date à laquelle il passe aux mains de Jean Gambs. Par la suite, plusieurs exploitants se succèdent à la tête de la papeterie. De 1749 à 1761, Jean-Frédéric Schoepflin, qui exploite la papeterie royale de Luttenbach (Haut-Rhin), prend le contrôle de l’établissement équipé de « 32 pillons et d’une machine hollandaise » selon le procès-verbal de l’inspecteur des papeteries, David Oesinger. Le papier produit sur place est transporté à Luttenbach pour y être collé et apprêté. De Schoepflin, la papeterie passe ensuite aux mains de Jean Dietrich Fahlmer qui l’exploite de 1761 à 1762, puis dans celles de Cornélius Jacob Weyher de 1762 à 1776. Son successeur, Chrétien Louis Weyher, reste propriétaire de la papeterie jusqu’en 1798. C’est à cette date qu’Ignace Schwindenhammer, cultivateur établi à Ingersheim (Haut-Rhin), rachète l’exploitation et y fonde la Papeterie Schwindenhammer de Turckheim (PST). L’établissement est alors équipé de huit piles, 32 maillets, deux cylindres et deux cuves et emploie entre 15 et 18 ouvriers.En 1880, la papeterie Schwindenhammer s’étend vers l’ouest en annexant un second moulin dit Neumühle (AC1 et AC2) équipé d’une turbine et d’une machine à vapeur pour la mouture du grain. Cet établissement a été reconstruit en 1719 par le Sieur Wentzinger et exploité par ses descendants jusqu’au décès d’Ignace Wentzinger. C’est à la suite de sa disparition que l’établissement entre, en 1880, dans le giron de la papeterie Schwindenhammer.

Implantation

La papeterie Schwindenhammer est établie sur le site d’un ancien moulin devenu papeterie en 1713 (A1) et implanté le long du canal des moulins de Turckheim, appelé Muhlbach (ou Logelbach), qui coule parallèlement au cours principal de la Fecht, sur sa rive droite. Jusqu’au début du 19e siècle, ce cours d’eau est constitué d’un entrelacs de bras de largeur variable et ne sera véritablement canalisé que vers 1850. Au cours des années 1870, la papeterie Schwindenhammer annexe le site du moulin Wentzinger (AC1 et AC2) situé à 170 mètres en amont. Les deux anciens moulins réinvestis se dressent en aval de la ville de Turckheim massée derrière ses remparts au pied de la colline du Letzenberg, sur la rive gauche de la rivière. Ces deux établissements proto-industriels sont construits sur la rive gauche du canal des moulins de Turckheim et constituent les deux seules implantations situées en aval du pont qui permet de franchir la Fecht pour se rendre à Colmar. L’ensemble des terres situées entre le cours de la Fecht et le canal des moulins est constitué de prairies désignées sous le nom de Bentzen matten sur lesquelles la papeterie va progressivement se développer. Sur la rive droite du canal des moulins, ce sont également des prairies, des vergers et des parcelles de vignes qui seront annexées du fait de l’extension de l’usine. Au moment de son acquisition par Ignace Schwindenhammer, la papeterie se compose de deux corps de bâtiment accolés (A1 et A2) et adoptant un plan rectangulaire qui sont édifiés parallèlement au canal. En 1828, deux bâtiments supplémentaires (aujourd’hui disparus) de plan rectangulaire ont été ajoutés au nord et à l’est du site, ménageant une cour d’usine. Le site est desservi par un chemin d’accès au nord, planté d’arbres. A l’ouest, une grande parcelle de jardin fait face aux bâtiments productifs. Celle-ci est transformée en parc d’agrément lors de la construction, en 1900, de la villa Schwindenhammer, au nord-ouest de l’usine (étudiée, IA68001690). En 1828, le moulin Wentzinger se compose de cinq corps de bâtiments (AA, AB1, AB2, AC1 et AC2) massés sur la rive nord du canal des moulins. Une parcelle de jardin jouxte le moulin à l’est. Le site est accessible depuis le sud, au moyen d’un pont qui enjambe le canal.

Développement du site

En 1798, Ignace Schwindenhammer (1747-1813) fonde la Papeterie Schwindenhammer de Turckheim (PST) en rachetant les bâtiments du Niedermühle (A1 et A2). L’établissement est alors équipé de 12 jeux de piles, cuves ovoïdes dans lesquelles viennent battre quatre maillets soit 48 maillets qui convertissent les vieux chiffons en pâte à papier après leur passage dans un pourrissoir. Dès 1810, on équipe la papeterie de deux défileurs de 40 kilos qui permettent de produire quatre fois plus de pâte à papier par jour. Jacques Schwindenhammer (1782-1852) prend les commandes de la fabrique en 1813. En 1826, la moitié des piles existantes sont remplacées par trois piles hollandaises qui consistent en un cylindre de bois serti de lames de métal qui frottent sur une platine constituée de lames fixées au fond de la cuve déchiquetant les chiffons à leur passage. L’établissement compte aussi un hachoir pour couper les chiffons de linge, une chambre à colle, deux chaudières, un magasin à chiffons et deux séchoirs. Vers 1837, quatre nouvelles piles sont installées, deux raffineurs et deux défibreurs au rez-de-chaussée du bâtiment A2. En 1841, la première machine à papier, de type Nicolas Robert, est installée sur le site au sein d’un local (B) accolé à l’est du bâtiment existant (A2). Cette machine, pouvant produire 400 à 500 kg de papier par jour, est issue des ateliers Koechlin à Mulhouse (Haut-Rhin). Elle est utilisée sur le site pendant 45 ans. En 1843, la papeterie s’équipe d’une chaudière à vapeur et de trois cylindres en fonte pour sécher le papier puis, en 1851, de deux raffineurs supplémentaires mis en mouvement par une turbine hydraulique Jonval.

La société Papeterie Schwindenhammer frères est fondée en 1852 et dirigée par les deux frères Schwindenhammer, Jacques fils et Louis (1828-1915), et André Scherb (1836-1909), leur beau-frère depuis son mariage avec Marie Schwindenhammer. En 1854, la production est totalement remaniée au sein de l’établissement. On place les trois piles défibreuses et les trois piles raffineuses dans le même alignement, en les actionnant par courroies horizontales. Le blanchiment se fait dans deux piles en pierre pouvant contenir 80 kg de pâte. En 1858, une nouvelle usine à papier est créée (étudiée, IA68001690) en amont de la papeterie, à l’emplacement d’un moulin à grain (moulin dit Abstmühle) qui appartenait à André Scherb. En 1860, la papeterie Schwindenhammer est équipée d’un lessiveur des ateliers Koechlin. Elle emploie alors 54 ouvriers.

L’année 1861 est une année de scission : Jacques Schwindenhammer fils se retire de l’affaire pour raison de santé et André Scherb quitte la société Schwindenhammer frères pour fonder sa propre affaire sur le site de la préparation de pâte à papier fondé en 1858 (communément appelé site 1). La société Schwindenhammer frères devient alors la Papeterie L. Schwindenhammer puisque Louis Schwindenhammer se retrouve seul dirigeant. En 1862, une seconde machine à papier produite par les ateliers mulhousiens Koechlin est installée sur le site ainsi que deux nouvelles machines à vapeur, installées au sein d’une nouvelle centrale d’énergie édifiée à l’est des bâtiments existants (C). A partir de 1880, Louis Schwindenhammer engage une phase d’expansion. Il acquiert tout d’abord le moulin à grain appartenant à la famille Wentzinger (AA, AB1, AB2, AC1 et AC2), qui se trouve à 170 mètres en amont de la papeterie pour en exploiter la force motrice. Il y fait également édifier une maison d’habitation bi-famille (AD). Puis, en 1884, il débute la construction de nouveaux espaces productifs. Il fait édifier un nouveau bâtiment de liaison qui enjambe le canal (E). Dans son prolongement, sur la rive droite du canal, il fait construire un bâtiment d’eau avec deux turbines (F) ainsi que des ateliers de fabrication (G, H1) qui adoptent un plan en L. La papeterie est alors équipée, pour le traitement des chiffons, d’un batteur, d’un coupe-chiffons, d’un blutoir, de deux lessiveurs cylindriques, d’un laveur, de quatre défileurs de 125 kg, de quatre blanchisseurs au chlore liquide, de 30 caisses d’égouttage et d’un blanchiment au chlore gazeux pour les fibres les plus réfractaires. Deux meuletons et trois piles défibreuses de 250 kg complétées par deux nouveaux raffineurs de 125 kg alimentent la nouvelle machine à papier, livrée en 1887 par l’entreprise Bell et Cie à Kriens près de Lucerne (Suisse) et installée dans la nouvelle fabrique. Cette machine, qui remplace la machine à papier de 1841, pouvait produire 5 tonnes de papier en 24h. Cet équipement est complété par une bobineuse mouilleuse, deux grandes calandres de 10 et 11 rouleaux, deux coupeuses transversales pour débiter les rouleaux de papier ainsi que différentes régleuses, coupeuses et presses pour le façonnage du papier. En 1888, l’usine qui emploie 102 ouvriers, est totalement électrifiée.

En 1896, Louis Schwindenhammer fils (1856-1935) prend la succession de son père et dirige la papeterie secondé de son frère, Charles Schwindenhammer (1869-1928). Ils transforment la société Papeterie L. Schwindenhammer en société par actions, dénommée Papeterie Schwindenhammer S.A. Les actions sont alors partagées entre les membres de la famille. Entre 1898 et 1908, Louis et Charles Schwindenhammer étendent considérablement les surfaces d’ateliers par la construction de nouveaux bâtiments au sud-ouest de l’usine (I, J1 et H2). En 1900, ils font également construire la villa familiale entre l’ancien moulin Wentzinger et la papeterie originelle, autour de laquelle ils font aménager un parc (étudiée, IA68001691). Enfin, en 1903, un garage à véhicules (K) est édifié à l’entrée nord-ouest de l’usine et une nouvelle chaufferie (L) est établie en 1904 dans le prolongement de la centrale d’énergie (C) bâtie en 1862. Elle est surmontée d’une cheminée en brique de 35 m de développement construite par les Ets Jos. Rietsch à Mulhouse (Haut-Rhin). Par la suite, les travaux d’aménagement se poursuivent au sein de l’usine avec notamment, en 1926, le rehaussement de deux niveaux du bâtiment d’eau édifié en 1884 (F) et la construction d’un entrepôt industriel à étage pour le stockage de la cellulose en 1927 (M1).

En 1928, Robert Schwindenhammer (1901-1987), le fils de Charles Schwindenhammer, prend les rennes de la papeterie familiale. Il entreprend la modernisation de l’entreprise. Il engage la construction, au nord du site le long de la voie ferrée, d’un atelier à sheds (N1) destiné au façonnage du papier. Les travaux sont réalisés par les Ets Preiswerk et Cie, architectes et entrepreneurs à Saint-Louis (Haut-Rhin). Une deuxième machine à papier est installée sur place en 1929 au sein d’un bâtiment dédié (J2). Puis, en 1938, l’usine se dote d’une unité d’expédition (O1) tandis qu’un petit atelier de sensibilisation de papier photographique industriel est aménagé. La même année, les bureaux installés dans le bâtiment du 18e siècle (A1) sont agrandis au moyen d’une extension qui flanque son élévation occidentale.

Expulsé en 1940, Robert Schwindenhammer retrouve son usine en 1945 criblée de 72 impacts d’obus. Deux bâtiments sont endommagés. Durant le conflit, en 1943, la chaufferie (C) a été agrandie d’une travée au nord couverte d’un appentis selon les plans de l’architecte colmarien Albert Schwein. A la Libération, l’inventaire des objets disparus mentionne deux machines à émulsionner les papiers héliographiques, ce qui provoque l’abandon définitif de la production de papier photographique. La papeterie reprend son activité avec 300 ouvriers et, en juin 1945, la machine à papier N°1 de 1887 est remise en service. L’usine est directement reliée au réseau ferré mitoyen en 1949, via une remorque porte-wagon et, en 1950, un nouveau hangar de stockage (P) est construit, à l’emplacement de deux anciennes baraques en bois. En 1951, l’atelier de façonnage du papier (N1) est prolongé à l’est et au sud-ouest par des travées de sheds supplémentaires (N2 et N3) dont les plans sont dressés par Walter Stierli, ingénieur-conseil à Ribeauvillé (Haut-Rhin). Pour unifier l’ensemble, il redessine l’élévation occidentale qui est ornée d’un acrotère. L’unité d’assainissement des matières premières (Q) est édifiée en 1952 et la salle des calandres (R) en 1954 sur les plans de Walter Stierli. En 1960, le bâtiment des bureaux (A1) est augmenté d’une petite extension sur pilotis qui flanque sa façade méridionale. En 1962, l’atelier de façonnage du papier (N2) est prolongé à l’est par un quai de chargement (N4). La même année, Robert Schwindenhammer perfectionne la machine à papier N°2 installée en 1929 et l’agrandit. Cependant, un incendie détruit le bâtiment (J1 et J2) qui abrite cette machine en 1964 : l’activité est stoppée, 630 personnes se retrouvent sans travail. En accord avec son fils Jacques (1931-2008), Robert Schwindenhammer choisit de reconstruire le bâtiment. Parallèlement, il lance la construction d’un nouveau bâtiment (S1), pour accueillir une troisième machine à papier. La reconstruction du bâtiment sinistré (J1 et J2) et la construction du nouvel atelier de fabrication (S1) sont conduites par l’ingénieur-conseil colmarien Pierre Ponton. Les travaux sont réalisés par l’entreprise de gros-œuvre Molinari. En 1965, la troisième machine à papier est inaugurée sur le site.

A partir de 1969, le groupe Papeteries de France devient l’actionnaire majoritaire de la Papeterie Schwindenhammer S.A. On construit alors un magasin de vente (T) équipé de quais de chargement et de bureaux. En 1970, un incendie détruit la chaufferie (C). Face aux difficultés rencontrées, Robert Schwindenhammer doit céder la gestion de l’entreprise aux Papeteries de France qui fusionnent avec le groupe Ausseydat-Rey en 1972. L’entrée sud de l’usine, du côté de la route de Colmar, est réorganisée et embellie par la plantation de vignes tandis que la toiture des bureaux installés dans le bâtiment du 18e siècle (A1 et A2) est modifiée en 1973 : les grands niveaux de greniers séchoirs de l’édifice originel disparaissent à cette occasion. En 1978, l’usine se sépare de la plupart des parcelles de vigne qu’elle possédait.

La société Ausseydat-Rey connaît des difficultés. De 1981 à 1985, l’effectif passe de 200 à 90 employés. La liquidation de l’entreprise est prononcée en 1985. La papeterie est alors rachetée par le groupe Papeterie Matussière et Forest (PMF), qui exploite l’autre papeterie de Turckheim (Papeterie Scherb, communément appelée site 1, étudiée IA68001690) pour y produire du papier recyclé. Le groupe Papeterie Matussière et Forest fusionne les deux papeteries et se lance dans une réorganisation managériale des deux sociétés regroupées. Le traitement des eaux usées est centralisé dans une nouvelle installation implantée à l’extrême est du site (U), et la machine à papier de 1965 (seule machine à papier fonctionnant sur le site Schwindenhammer), est utilisée comme quatrième machine à papier de la nouvelle structure. En 1990, l’atelier qui l’accueille est pourvu d’une extension dans son angle sud-ouest pour abriter des filtres Hédémora (S2). En 1995, la chaufferie (V1) implantée à l’est de l’usine, sur la rive gauche du canal usinier, est agrandie par la construction d’un nouveau bâtiment abritant trois chaudières et d’un corps de liaison qui enjambe le canal usinier (V2). Les plans de cette extension sont dus à l’architecte Norbert Dechristé à Labaroche (Haut-Rhin).

La production totale des quatre machines (trois sur le site Scherb et une sur le site Schwindenhammer) est de 100 000 tonnes par an. Le papier d’écriture représente 96% de la production de l’entreprise, le reste se composant de papiers spéciaux et de papier ingrain. L’effectif s’élève alors à 290 personnes. La société Matussière et Forest se voit récompensée du prix Eco-Produit à l’exposition universelle de Séville en 1992 pour son papier Alsaprint 100% recyclé. En 2001, le groupe Papeterie Matussière et Forest remporte le prix international de l’Industrie, pour son travail pionnier en matière de recyclage. En 2002, ce ne sont pas moins de 29 camions qui, chaque jour, viennent approvisionner le site en vieux papier. Les machines à papier fonctionnent 24h/24h et 360 jours/an. Avec ses quatre machines, l’usine Matussière et Forest de Turckheim produit plus de 140 000 tonnes de papier par an, tandis que la consommation d’eau s’élève à 20m3 par tonne de papier produit.

En proie à des difficultés financières, le groupe Papeterie Matussière et Forest est liquidé en 2008. Un regroupement d’actionnaires locaux décide alors de sauver la production de Turckheim en rachetant une partie des actifs de l’usine (dont la machine à papier de 1964 et les chaînes de désencrage). Début 2011, la nouvelle entité exploitée sous la raison sociale Papeteries de Turckheim, est finalement contrainte à la liquidation judiciaire, du fait de la contraction du marché du papier et de grandes difficultés pour s’approvisionner en matières premières.

Au moment de l'enquête d'inventaire, en 2014, le site est intégralement désaffecté et se cherche un nouvel avenir. L’ensemble des équipements techniques a été déposé et vendu à l’étranger.

Énergie

Au moment de son acquisition par Ignace Schwindenhammer, la papeterie est équipée de trois roues verticales mises en mouvement par les eaux du canal des moulins de Turckheim appelé Muhlbach (ou Logelbach). Une quatrième roue est ajoutée en 1824 et permet à l’installation hydraulique d’atteindre une force de 6 CV. Trois de ces roues ont leurs vannes particulières. La quatrième, placée immédiatement au-dessous des deux premières, est alimentée par l’eau qu’elles laissent échapper. En 1836, les quatre roues existantes sont remplacées par une seule roue par-dessus d’un diamètre de 2,40 m et, en 1851, on procède à l’installation d’une turbine hydraulique de marque Jonval d’une puissance de 20 CV. A cette occasion, la grande roue d’eau est remplacée par une roue plus petite, d’un diamètre de 1,20 m.

En 1854, la grande roue hydraulique est supprimée et remplacée par une seconde turbine Jonval d’une puissance de 50 CV ce qui porte la force hydraulique à 70 CV.

En 1861, la papeterie est équipée de deux machines à vapeur, destinées à actionner la machine à papier. Elles sont alimentées par une chaudière de forme cylindrique en tôle. La première machine à vapeur est verticale. Elle comprend deux cylindres et un balancier pour une force de 20 CV. La seconde machine à vapeur, plus petite, est horizontale. Elle comprend seulement un cylindre, pour une force de 6 CV.

En 1885, Louis Schwindenhammer perfectionne ses installations en équipant l’usine de deux turbines de type Girard qui, placées sous une chute d’eau de 5,15 m, produisent une force hydraulique de 200 CV. Ces turbines sont complétées par une machine à vapeur monocylindrique de 150 CV destinée à servir de moteur auxiliaire en période de basses eaux.

En 1914, l’usine fonctionne avec une force hydraulique de 210 CV, deux machines à vapeur d’une puissance respective de 75 et 150 CV et un moteur électrique de 102 CV.

Au moment de son acquisition par la papeterie Schwindenhammer, le moulin Wentzinger est équipé d’une turbine hydraulique et d’une machine à vapeur. La chaufferie avec sa cheminée tronconique en brique et la salle des machines sont établies sur la rive droite du canal. L’ensemble de ces constructions et de ces équipements a disparu.

Description

La papeterie Schwindenhammer est desservie par deux entrées. Au nord, l’entrée originelle ornée d’un portique métallique portant la raison sociale de l’entreprise (PAPETERIES SCHWINDENHAMMER) et fortement dégradé, donne accès aux bâtiments édifiés sur la rive gauche du canal des moulins de Turckheim, appelé Muhlbach (ou Logelbach) et massés autour du bâtiment des bureaux formant le noyau originel du site (A1 et A2). Il s’agit du nord au sud, d’un atelier de fabrication (N1, N2, N3 et N4), d’un magasin industriel (P), d’un second atelier de fabrication ayant accueilli la première machine à papier du site en 1841 (B), d’une ancienne salle des machines (D), de l’ancienne centrale d’énergie (C), d’une chaufferie (L) et du garage à véhicules qui contrôle l’entrée de l’usine, à l’ouest du site (K).

Au sud, l’entrée de service donne accès à une vaste cour d’usine (W) autour de laquelle s’articulent trois pôles : à l’ouest un pôle productif avec les ateliers de fabrication édifiés entre 1884 et 1964 (G, H1, H2, I, J1, J2, M2, Q, R, S1 et S2) rattachés au noyau originel de l’usine par un bâtiment de liaison qui enjambe le canal (E), un entrepôt industriel (M1) et un magasin industriel (O1 et O2) ; au nord, la nouvelle chaufferie agrandie en 1995 (V1 et V2) et à l’est un magasin industriel (T). Enfin, à l’extrême est du site est implantée la station d’épuration (U). Pour l'identification des bâtiments, se reporter au plan de situation du site figurant dans les illustrations (IVR42_20166800052NUDA).

Les bâtiments originels

Établi parallèlement au canal sur sa rive gauche, le bâtiment de bureaux (A1 et A2) constitue le noyau originel de la papeterie édifié au 18e siècle. De plan rectangulaire, il est constitué de deux bâtiments accolés. Depuis 1973, ils sont unifiés sous une toiture commune à longs pans couverts de tôle ondulée en ciment amiante. Édifié en maçonnerie enduite, le bâtiment fortement remanié, comporte un étage carré et un étage de comble. L’élévation occidentale est ornée d’une chaîne d’angle en grès à refends et couronnée d’un acrotère depuis la modification de toiture qui a vu la disparition des grands niveaux de greniers séchoirs ajourés de lucarnes. La porte d’entrée, en ferronnerie, porte les lettres « PST » pour Papeteries Schwindenhammer Turckheim. Les baies rectangulaires sont encadrées de grès sur une partie des élévations méridionales et septentrionales. Ailleurs, les fenêtres remaniées disposent d’appuis saillants en béton. Le bâtiment de bureaux est flanqué de deux extensions. La première, à l’ouest, est de plan carré. Agrémentée d’une logette, elle est couverte d’un toit à longs pans et petite croupe en ciment amiante. Elle abrite un garage au rez-de-chaussée et un bureau à l’étage. La seconde extension, plus récente, se déploie au sud. Construite sur pilotis en béton armé et maçonnerie enduite, elle comporte un bureau à l’étage. Le hall d’accueil des bureaux, au rez-de-chaussée, est décoré de trois arches en grès mouluré à clés saillantes réalisées en 1949. Dans sa partie occidentale, le bâtiment est également flanqué au sud d’une travée en rez-de-chaussée couverte d’un toit en appentis et tuiles mécaniques.

Les ateliers au nord du site

Au nord du bâtiment des bureaux (A1 et A2) se déploie un vaste atelier de fabrication en rez-de-chaussée (N1, N2, N3 et N4) réalisé en plusieurs étapes et adoptant un plan en L. Les trois travées (N1) au nord, deux de sheds et l’une couverte de longs pans, sont les plus anciennes. Édifiées en maçonnerie enduite, elles sont ajourées au nord et à l’ouest par de grandes baies rectangulaires à châssis métallique et appui en béton. Les deux travées de sheds, vitrées au nord et couvertes de tuiles mécaniques, sont soutenues par une rangée médiane de sept poteaux en fonte avec tirants métalliques. Les pignons occidentaux sont percés d’oculi. La travée à longs pans est couverte en tuile mécanique et dispose d’une verrière zénithale. Les deux travées de sheds sont prolongées à l’est par deux travées (N2) de conception plus tardive, également couvertes de sheds, avec charpente apparente en bois reposant sur des poteaux et une sous-poutre en béton armé. A l’est, le bâtiment s’achève par un quai de chargement (N4). Édifié en pan de fer et maçonnerie enduite, ce bâtiment en rez-de-chaussée à charpente métallique apparente est couvert d’un toit bombé en tôle ondulée. Au sud des trois travées initiales, deux travées de sheds supplémentaires (N3), vitrées au nord et couvertes de tuiles mécaniques, ont été ajoutées. L’ensemble des espaces de travail de cet atelier de fabrication est unifié par une façade occidentale commune couronnée d’un acrotère et ajourée de grandes baies rectangulaires à châssis métallique et appuis saillants en béton.

Dans l’angle sud-est de cet atelier de fabrication (N1, N2, N3 et N4), s’élève un magasin industriel (P) de plan rectangulaire en rez-de-chaussée sous une toiture à longs pans avec charpente métallique apparente et couverture en tuile mécanique. Il est construit en pan de fer avec remplissage en brique et béton aggloméré apparents. Le mur-pignon oriental est percé de baies rectangulaires à châssis métallique, linteaux et appuis saillants en béton armé et d’un oculus en partie supérieure. L’élévation nord est ajourée de baies filantes. La façade sud est flanquée d’un silo surmonté d’un garde-corps métallique.

Les premières constructions liées à l'industrialisation du site

Dans le prolongement oriental du bâtiment des bureaux (A1 et A2) se succèdent quatre bâtiments fortement remaniés : un atelier de fabrication ayant accueilli la première machine à papier du site en 1841 (B), une ancienne salle des machines (D), une ancienne centrale d’énergie (C) et une chaufferie (L). L’atelier de fabrication (B) de plan rectangulaire est en rez-de-chaussée avec charpente métallique apparente et toit à longs pans couverts de tuiles mécaniques et partiellement vitrés. Construit en maçonnerie enduite, l’atelier est ajouré en façade est de baies rectangulaires à châssis métallique et encadrements de briques avec appuis saillants. Au sud, cet atelier de fabrication est flanqué d’une ancienne salle des machines (D) implantée perpendiculairement. Comportant deux étages carrés, ce bâtiment en maçonnerie enduite est couvert d’un toit à longs pans en tuile mécanique. Au rez-de-chaussée et au premier étage les baies à encadrement de grès sont en arc segmentaire et, au second niveau ajouté postérieurement, elles sont rectangulaires avec appuis saillants en béton. Le rez-de-chaussée de ce bâtiment accueillait une machine à vapeur. Sur deux des poutres métalliques qui soutiennent le plancher du premier étage se trouve une plaque de fonte estampée « André Koechlin et Cie, Mulhouse 1858 ». Accolée à l’est de l’atelier de fabrication (B), l’ancienne centrale d’énergie (C) en maçonnerie enduite est de plan rectangulaire. Elle est prolongée au nord par une extension en brique apparente formant avant-corps sous un toit en appentis en tuile mécanique. Elle est couverte d’un toit à longs pans et tôle ondulée en ciment amiante. L’élévation méridionale donnant sur le canal est percée de grandes baies en arc segmentaire encadrées de grès. La baie toute hauteur à l’ouest correspond à l’ancienne salle des machines. Les deux baies plus petites à l’est ajouraient la chaufferie. Le troisième bâtiment (L) accolé à l’est de l’ancienne centrale d’énergie est une chaufferie. Construite en rez-de-chaussée sur un plan carré, elle a également été prolongée au nord par une extension couverte d’un toit en appentis. Édifié en béton armé avec remplissage en maçonnerie enduite et brique apparente, le bâtiment est couvert d’une toiture à longs pans avec charpente métallique apparente et couverture de tôle ondulée en ciment amiante. L’élévation orientale est ajourée en partie haute de baies filantes à châssis métallique.

L'entrée nord de l'usine

Implanté à l’ouest du site à proximité de l’entrée nord de l’usine, le garage à véhicules (K) comprend un rez-de-chaussée et un comble à surcroît. Construit en maçonnerie enduite et essentage de planches pour le comble, le bâtiment est couvert d’une toiture à longs pans avec grande croupe et tuile mécanique. Les baies sont ornées de linteaux en arc segmentaire et d’appuis saillants en briques. Une frise de brique délimite le comble. L’élévation occidentale est flanquée d’une tourelle avec toit en pavillon sommé d’un épi de faîtage.Le canal usinier parcourt la papeterie d’ouest en est. A proximité du bâtiment des bureaux (A1) est aménagé un bassin de retenue au fond pavé de grès. A l’approche des bâtiments productifs, le canal de très grande largeur se sépare en deux. A gauche, deux vannes de décharge qui équipent une vantellerie en blocs de grès disposés en gradins avec radier en dalles de grès, dirigent une partie des eaux sous le bâtiment de liaison (E). A droite, une vantellerie en béton armé, à deux vannes motrices, achemine les eaux jusqu’au bâtiment d’eau (F) qui abritait deux turbines aujourd’hui déposées.

Les bâtiments qui bordent la rive droite du canal usinier

L’entrée sud de l’usine, située route de Colmar, donne accès à une vaste cour d’usine (W) autour de laquelle s’organisent les bâtiments de production édifiés sur la rive droite du canal des moulins à compter de 1884. Un premier pôle, à l’ouest, est relié à l’usine originelle au moyen d’un bâtiment de liaison établi sur le canal (E). Comprenant un étage carré sous un toit à longs pans en tuile mécanique, ce bâtiment est édifié en maçonnerie enduite pour le rez-de-chaussée et en pan de bois et remplissage en maçonnerie enduite pour l’étage. Le niveau de soubassement du bâtiment est traversé d’ouest en est par le canal usinier. Le passage, surmonté d’une dalle en profilés métalliques et voûtains en béton est encadré de deux arcs en plein cintre dont l’un, sur l’élévation occidentale, avec clé millésimée 1884 et monogramme LS, pour Louis Schwindenhammer. Sur l’élévation occidentale, les baies sont en arc segmentaire avec encadrement en grès et appuis saillants au rez-de-chaussée, rectangulaires et encadrées de bois à l’étage. Sur l’élévation orientale, fortement remaniée, les baies sont rectangulaires avec appuis saillants en ciment.

Le bâtiment de liaison (E) se prolonge au sud par un bâtiment d’eau (F) de plan carré, construit en maçonnerie enduite et qui comprenait initialement un rez-de-chaussée et un étage carré. Il a été rehaussé de deux niveaux supplémentaires et coiffé d’un toit en terrasse avec garde-corps périphérique en métal. Le sous-sol accueillait deux turbines aujourd’hui disparues. Les ouvertures des deux niveaux originels sont en arc segmentaire avec encadrements en grès et appuis saillants, celles des deux niveaux postérieurs sont rectangulaires avec appuis saillants en ciment.

Accolé au sud du bâtiment d’eau (F), un vaste atelier de fabrication (G) de plan rectangulaire en maçonnerie enduite se déploie suivant un axe nord-sud. Il comprend un étage carré et un étage de comble sous un toit à longs pans en tuile mécanique. Les élévations est et ouest sont ajourées de baies en arc segmentaire avec encadrements en grès et appuis saillants. Le soutènement intérieur était assuré par deux rangées de poteaux circulaires en fonte supportant des sous-poutres métalliques de grande section. Quatre de ces poteaux sont encore visibles au premier étage, dans la partie sud du bâtiment. Ailleurs, les supports ont été remplacés par des poteaux en béton armé. Dans les combles sont encore présents les réservoirs d’eau en pierre qui étaient alimentés par deux pompes. De là, l’eau était acheminée dans l’ensemble de l’usine au moyen de conduites en cuivre.

A l’ouest de ce bâtiment (G) se déploient trois autres ateliers de fabrication qui résultent de phases de construction et de réaménagement successives. Au nord-est de cet ensemble, les deux grandes travées en rez-de-chaussée orientées est-ouest (J1 et J2) correspondent à la reconstruction du local des machines à papier N°1 et N°2. La travée au nord, en maçonnerie enduite, a été conservée et rehaussée. Elle conserve dans le registre inférieur de son élévation septentrionale les baies originelles géminées en arc segmentaire avec encadrements en grès et appuis saillants. En partie supérieure, les baies sont rectangulaires avec appuis saillants en ciment. Le pignon occidental de cette travée porte encore la trace d’une baie semi-circulaire à encadrement de grès. Les deux travées de cet atelier sont couvertes de toits à longs pans avec charpente métallique apparente et couverture partiellement ajourée en tôle ondulée en ciment amiante. Un second atelier (R) occupe l’extrémité ouest du site en bordure de la route de Colmar. Édifié en maçonnerie enduite sur un plan trapézoïdal, il se compose de quatre travées de sheds en rez-de-chaussée orientées est-ouest, vitrées au nord et couvertes en tuile mécanique. La structure porteuse en béton armé des sheds est complétée en toiture par des renforts transversaux de même matériau. L’élévation occidentale est ajourée de grandes baies rectangulaires à châssis métallique. L’angle sud-ouest du bâtiment forme une façade à redents intégrée au mur d’enceinte de l’usine. Au nord, le bâtiment est prolongé par un hangar à charpente métallique et tôle ondulée. Cet atelier est équipé d’un pont roulant d’une force de cinq tonnes. Enfin, au sud-est de cet ensemble, le troisième atelier de fabrication (H1 et H2) comprend trois travées parallèles en rez-de-chaussée orientées est-ouest et coiffées chacune d’un toit à longs pans en tuile mécanique. Construit en moellons de grès rose enduit, cet atelier présente une élévation sud à redents, ornée de pilastres en brique avec jeu de bichromie et corniche en brique à ressauts. Dans la travée la plus au sud, une charpente apparente en bois repose sur des piles de grès rose. La structure porteuse des deux autres travées se compose d’une file médiane de poteaux circulaires en fonte.

Les bâtiments qui bordent le site au sud

Au sud-est de ces ateliers de fabrication (G, J1, J2, H1, H2 et R) s’élèvent deux bâtiments de plan carré : le bâtiment des raffineuses (I) et l’unité d’assainissement des matières premières (Q). Le bâtiment des raffineuses (I), en maçonnerie enduite, se compose d’un rez-de-chaussée surélevé, d’un étage carré et d’un étage de comble dont la charpente en bois renforcée par des tirants métalliques repose sur des consoles en grès. Il est couvert d'un toit à longs pans et tuiles mécaniques. L’élévation sud, décorée d’un chaînage d’angle à refends en ciment, est ajourée de trois grandes baies en arc segmentaire encadrées de brique avec clés, impostes et appuis saillants en grès. Le pignon découvert à trois redents est ajouré d’un oculus cerné de briques et de pierres rayonnantes en grès. Il porte une table en grès avec le millésime 1898. L’unité d’assainissement des matières premières (Q), édifiée en béton armé, comporte un rez-de-chaussée surélevé et deux étages carrés ajourés de grandes baies rectangulaires à châssis métallique. Le bâtiment est couvert de deux travées de toits à longs pans avec croupes en tuile mécanique. L’élévation nord est flanquée d’un monte-charge. Au rez-de-chaussée et au premier étage, la structure porteuse faite de poteaux et de poutres en béton armé soutient une dalle haute en profilés métalliques et voûtains en béton, tandis qu’au dernier niveau elle soutient une dalle haute avec hourdis de brique.

Les bâtiments qui bordent la cour d'usine à l'est du site

La partie orientale de ce pôle productif qui occupe l’ouest de la cour d’usine (W) se compose d’un atelier de fabrication (M2), d’un entrepôt industriel à étage ayant servi au stockage de la cellulose (M1), d’un magasin industriel ayant servi d’unité d’expédition (O1 et O2) et d’un vaste atelier de fabrication pour la dernière machine à papier installée sur le site en 1965 (S1 et S2).

L’atelier de fabrication en rez-de-chaussée, ayant notamment accueilli une menuiserie (M2), se compose de deux travées à longs pans orientées est-ouest interrompues en partie médiane par un mur coupe-feu à redents. Construit en pan de bois et maçonnerie enduite, il est couvert en tuile mécanique. L’entrepôt industriel (M1) de plan rectangulaire comporte deux étages carrés couronnés d’une toiture de béton en terrasse. Construit en béton armé avec remplissage en brique enduite, il est flanqué sur son élévation orientale d’un monte-charge. Les étages sont ajourés au nord et au sud de trois séries de baies rectangulaires jumelées à châssis métallique et appuis saillants en béton. Le soutènement intérieur est assuré par un système de poteaux-poutres en béton armé. Au premier étage est conservé un meuleton en granit à deux meules verticales et une meule horizontale. L’axe horizontal porte la raison sociale du fabricant : « GMPH DUREN PI WOLFF & SOHNE DRP ».

Le magasin industriel (O1) servant d’unité d’expédition est un bâtiment en rez-de-chaussée, de plan rectangulaire, édifié en béton armé et remplissage en brique enduite. Il comporte trois travées orientées nord-sud. La travée centrale, couronnée au nord et au sud par un fronton triangulaire percé d’un oculus, est couverte d’une verrière. Les deux travées latérales sont couvertes d’un toit en terrasse. La structure porteuse intérieure est constituée de poteaux et de sous-poutres en béton armé. Au-dessus de l’entrée sud-ouest du bâtiment figure une plaque en fonte millésimée 1938. Cet entrepôt industriel est prolongé au sud-ouest par un espace de stockage (O2) résultant de la couverture d’une cour d’usine au moyen d’une charpente métallique apparente supportant un toit à longs pans en tôle ondulée. A l’est, le bâtiment est flanqué de deux silos métalliques, l’un pour le talc, l’autre pour l’amidon.

L’atelier de fabrication de grande hauteur (S1) qui contrôle l’entrée sud de l’usine a accueilli la dernière machine à papier installée sur le site. De plan rectangulaire allongé, il comporte un étage carré sous une charpente métallique apparente et un toit à longs pans avec couverture en bitume. Construit en pan de fer et remplissage en brique au rez-de-chaussée et en béton aggloméré à l’étage, le bâtiment présente une élévation sud rythmée par 23 travées ouvertes de baies rectangulaires filantes à châssis métallique. Trois travées supplémentaires, à l’ouest, sont occultées par une adjonction (S2) en charpente métallique et bardage en tôle nervurée destinée à accueillir des filtres Hédémora. Cette adjonction porte la raison sociale de l’entreprise : « mf USINE DE TURCKHEIM ». Le bâtiment de la machine à papier est également flanqué au nord-ouest de deux corps de bâtiments en rez-de-chaussée sous un toit en appentis. A l’intérieur, le soutènement est assuré par un système de poteaux et de poutres en béton armé. La machine à papier a été déposée mais il subsiste, au premier étage, la fosse longitudinale qui occupe une grande partie du bâtiment.

Au nord de la cour d’usine (W) se dresse la nouvelle chaufferie (V1 et V2) édifiée à cheval sur le canal usinier. Elle se compose de quatre corps de bâtiment de grande hauteur en charpente métallique et bardage en tôle nervurée, coiffés de toits en terrasse avec bitume en couverture. L’ensemble des installations de chauffage a été déposé. La chaufferie est prolongée au nord-est par l’unité de stockage du fuel.

Le magasin industriel (T) en rez-de-chaussée qui ferme la cour d’usine à l’est servait d’unité d’expédition et de magasin de vente. De plan rectangulaire, il est édifié en charpente métallique et bardage en tôle nervurée sur un soubassement en béton armé. Il est couvert par deux travées de toits à longs pans parallèles en tôle nervurée. L’angle nord-ouest du bâtiment est occupé par un quai de chargement couvert et sa partie sud-ouest comporte un espace de bureaux dont l’entrée est protégée par un auvent en béton armé portant le sigle de l’usine : « mf PAPETERIES MATUSSIERE & FOREST ».

La station d'épuration

A l’extrême est du site est implantée la station d’épuration (U) qui comprend le bâtiment des presses en bardage métallique sur un soubassement en béton armé et quatre bassins circulaires pour le traitement des eaux usées : le bassin-tampon d’un diamètre intérieur de 50 m, l’épaississeur d’un diamètre intérieur de 14 m, le turbocirculator d’un diamètre intérieur de 18 m et le clarificateur d’un diamètre intérieur de 36 m.

Sur la parcelle d’espaces verts aménagée à gauche de l’entrée méridionale de l’usine, en bordure de la route de Colmar, sont exposées une meule en granit et une cuve en fonte portant la raison sociale du constructeur et le millésime de construction : « ALLIMAND A RIVES ISERE 1932 ».

Le site de l’ancien moulin Wentzinger

Le site de l’ancien moulin Wentzinger, situé à 170 m en amont de la papeterie, se compose d’ouest en est des écuries et dépendances reconverties en logements (AA, AB1 et AB2), du bâtiment du moulin (AC1 et AC2) adoptant un plan en L et prolongé au nord-est par un corps de liaison (AE) et une maison d’habitation bi-famille (AD).

Les écuries et dépendances (AA, AB1 et AB2) sont fortement remaniées suite à leur transformation en logements. Elles ont été unifiées au sein d’une même construction adoptant un plan en U. Elles comportent un rez-de-chaussée, un étage carré et un comble à surcroît sous un toit à longs pans avec demi-croupes et tuiles plates. Elles sont construites en maçonnerie enduite et pan de bois pour l’aile méridionale (AB2) constituant l’ancienne buanderie. L’élévation orientale, donnant sur la cour, est pourvue d’une galerie extérieure sur poteaux de bois.

Le moulin Wentzinger (AC1 et AC2) se compose de deux corps de bâtiment accolés selon un plan en L. Le premier (AC1), orienté nord-sud, compose l’ancien logis. Construit en maçonnerie enduite, il comporte un rez-de-chaussée, un étage carré, un étage à surcroît et un étage de comble sous un toit à longs pans et tuiles plates. Le mur-pignon nord à deux travées d’ouvertures révèle un remaniement des étages postérieur à 1882. Les baies du rez-de-chaussée aux encadrements de grès en arc segmentaire sont contemporaines de la construction du bâtiment en 1819. Les baies des étages, en arc segmentaire et clé saillante au premier, rectangulaires et surmontées d’un arc de décharge en briques au deuxième, sont postérieures à 1882 tout comme l’oculus encadré de grès qui ajoure l’étage de comble. La porte d’entrée, percée sur l’élévation occidentale, est surmontée d’un linteau portant le millésime 1819 et les monogrammes M.W. et F.H. Le corps de bâtiment à l’arrière (AC2), orienté est-ouest et parallèle au canal des moulins, abritait l’atelier de fabrication du moulin. Comportant un rez-de-chaussée, un étage carré et un étage de comble, il est bâti en maçonnerie enduite et pan de bois pour le comble sous un toit à longs pans avec demi-croupes et tuiles en écaille. Les baies sont rectangulaires et encadrées de grès au rez-de-chaussée et à l’étage, en plein cintre et à encadrement en bois pour le comble.

La maison d’habitation (AD) comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage de comble sous un toit à longs pans et croupes brisés en ardoise avec lucarnes à fronton triangulaire. Construite en maçonnerie enduite, la maison est ornée de bandeaux d’étage, d’un cordon et de chaînes d’angle à refends et tables saillantes en grès rose. Les baies à encadrement de grès sont rectangulaires au rez-de-chaussée et en arc segmentaire à l’étage. L’élévation antérieure à six travées d’ouvertures est percée de deux portes d’entrée en partie médiane desservies par un perron surélevé en blocs de granit assisés à bossage rustique et garde-corps en fer forgé. Les deux portes sont protégées par une marquise en fer forgé d’inspiration Art Nouveau. L’élévation sud est pourvue, au rez-de-chaussée, d’une logette en bois en partie médiane. L’élévation orientale est flanquée d’une véranda postérieure à la construction de la maison. En pan de bois et maçonnerie enduite sous un toit bombé couvert en zinc, la véranda est de plan rectangulaire et comporte deux pans coupés sur un soubassement de blocs de grès à bossage.

La maison d’habitation a été reliée au logis du moulin, postérieurement à sa construction, par un corps de liaison (AE) en maçonnerie enduite comportant un rez-de-chaussée surélevé et un étage carré de moindre largeur. Les trois grandes baies rectangulaires de l’élévation nord sont encadrées de grès et surmontées d’une terrasse à garde-corps en fer forgé.

Appellations Niedermühle , Papeterie Schwindenhammer , Papeterie Ausseydat-Rey usine de Turckheim , Papeterie Matussière et Forest usine de Turckheim , Papeteries de Turckheim
Destinations moulin à papier, usine à papier
Parties constituantes non étudiées bureau, atelier de fabrication, magasin industriel, salle des machines, chaufferie, garage, cour, bief de dérivation, entrepôt industriel, station d'épuration, écurie, dépendance, moulin, maison, bâtiment d'eau, buanderie
Dénominations moulin
Aire d'étude et canton Vallées vosgiennes du Haut-Rhin - Wintzenheim
Hydrographies Fecht (dérivation de la)
Adresse Commune : Turckheim
Lieu-dit : Papiermuehle
Adresse : 06 route d' Ingersheim , route de Colmar
Cadastre : 2016 46 48, 61 à 71, 80, 91, 102, 103 ; 2016 48 45, 49 à 52, 54, 61 à 63, 157 à 59 ; 2016 52 4, 5, 7, 172, 177, 178, 200 à 206, 208, 209, 211, 212

La Papeterie Schwindenhammer de Turckheim est fondée en 1798 sur le site d'un ancien moulin. En 1841, elle est équipée d'une machine à papier, de type Nicolas Robert. En 1862, une seconde machine à papier est installée sur le site. A partir de 1884, la construction de nouveaux espaces productifs est engagée. Un bâtiment de liaison enjambe désormais le canal usinier. Dans son prolongement, on édifie un bâtiment d’eau et des ateliers de fabrication.

En 1896, les Ets Papeterie L. Schwindenhammer sont transformés en société par actions, dénommée Papeterie Schwindenhammer S.A. Entre 1898 et 1908, les surfaces d’ateliers sont considérablement étendues par la construction de nouveaux bâtiments au sud-ouest de l’emprise usinière. En 1903, un garage à véhicules est édifié à l’entrée nord-ouest de l’usine et une nouvelle chaufferie voit le jour en 1904. En 1926, le bâtiment d’eau est rehaussé et un entrepôt industriel à étage est construit en 1927. L'année suivante, un atelier à sheds est bâti le long de la voie ferrée par les Ets Preiswerk et Cie. En 1938, l’usine se dote d’une unité d’expédition et les bureaux, installés dans un bâtiment du 18e siècle, sont agrandis .

En 1943, la chaufferie est étendue selon les plans de l’architecte colmarien Albert Schwein et, en 1950, un nouveau hangar de stockage est construit. En 1951, l’atelier à sheds est prolongé à l’est et au sud-ouest par l' ingénieur-conseil Walter Stierli auquel on doit également l'unité d’assainissement des matières premières édifiée en 1952 et la salle des calandres réalisée en 1954. En 1964, on lance la construction d’un nouveau bâtiment, pour accueillir une troisième machine à papier, sous la conduite de l'ingénieur-conseil Pierre Ponton.

A partir de 1969, le groupe Papeteries de France devient l’actionnaire majoritaire de la Papeterie Schwindenhammer S.A. On construit alors un magasin de vente (T). Passée sous le contrôle de la société Ausseydat-Rey, l'usine connaît des difficultés au début des années 1980. La liquidation de l’entreprise est prononcée en 1985. La papeterie est rachetée par le groupe Papeterie Matussière et Forest (PMF), pour y produire du papier recyclé. En 1995, la chaufferie est agrandie par l’architecte Norbert Dechristé.

Le groupe Papeterie Matussière et Forest est cependant liquidé en 2008. L'usine est alors exploitée par une nouvelle entité, elle-même liquidée au début de l'année 2011. Au moment de l'enquête, en 2004, le site est intégralement désaffecté et se cherche un nouvel avenir.

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle, 3e quart 19e siècle, 4e quart 19e siècle, 1er quart 20e siècle, 2e quart 20e siècle, 3e quart 20e siècle, 4e quart 20e siècle
Principale : 1er quart 19e siècle
Dates 1841, daté par source
1843, daté par source
1854, daté par source
1862, daté par source
1884, porte la date
1898, porte la date
1900, daté par source
1903, daté par source
1904, daté par source
1927, daté par source
1928, daté par source
1929, daté par source
1938, porte la date
1950, daté par source
1952, daté par source
1954, daté par source
1965, daté par source
1969, daté par source
1995, daté par source
1819, porte la date
Auteur(s) Auteur : Preiswerk et Cie,
Preiswerk et Cie

Architectes et entrepreneurs installés à Saint-Louis (Haut-Rhin)


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architecte, attribution par source
Auteur : Schwein Albert (architecte)
Auteur : Stierli Walter,
Walter Stierli

Ingénieur-conseil établi à Ribeauvillé (Haut-Rhin)


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ingénieur, attribution par source
Auteur : Ponton Pierre,
Pierre Ponton

Ingénieur-conseil établi à Colmar (Haut-Rhin)


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ingénieur, attribution par source
Auteur : Molinari, entrepreneur, attribution par source
Auteur : Dechristé Norbert,
Norbert Dechristé

Cabinet d'architecte à Labaroche (Haut-Rhin)


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architecte, attribution par source
Auteur : Schwindenhammer Ignace,
Ignace Schwindenhammer (1747 - 1813)

Fondateur de la papeterie Schwindenhammer à Turckheim (Haut-Rhin) en 1798.


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auteur commanditaire, attribution par source, attribution par travaux historiques
Auteur : Schwindenhammer Louis, auteur commanditaire, attribution par source

Les bâtiments de la papeterie Schwindenhammer se déploient de part et d'autre du canal usinier. Sur sa rive gauche, le bâtiment de bureaux constitue le noyau originel de la papeterie, édifié au 18e siècle. Il est prolongé, vers l'est, par une succession de quatre bâtiments construits en maçonnerie enduite et couverts de toits à longs pans : un atelier de fabrication ayant accueilli la première machine à papier du site, une ancienne salle des machines, une ancienne centrale d’énergie et une chaufferie. Au nord des bureaux s'étendent des ateliers en rez-de-chaussée, couverts de sheds, réalisés en plusieurs étapes et adoptant un plan en L. Dans l’angle sud-est de cet ensemble s’élève un magasin industriel en rez-de-chaussée sous une toiture à longs pans avec couverture en tuile mécanique. L’entrée nord de l’usine est commandée par un garage à véhicules en rez-de-chaussée avec comble à surcroît.

Sur la rive droite du canal s’organisent les bâtiments de production édifiés à compter de 1884. Un premier pôle, à l’ouest, est relié à l’usine originelle au moyen d’un bâtiment de liaison établi sur le canal. Il est prolongé au sud par un bâtiment d’eau de plan carré coiffé d’un toit en terrasse et par un atelier de fabrication à un étage carré et un étage de comble sous un toit à longs pans. A l'ouest de cet ensemble, se succèdent cinq ateliers de fabrication accolés, en rez-de-chaussée et coiffés de toits à longs pans et de sheds pour le plus occidental. Au sud-est, ces ateliers de fabrication sont flanqués de deux bâtiments de plan carré : le bâtiment des raffineuses et l’unité d’assainissement des matières premières. Un second pôle, qui borde le sud-ouest de la cour d'usine, est constitué d’un atelier de fabrication en rez-de-chaussée sous deux travées à longs pans, d’un entrepôt industriel à deux étages carrés en béton armé, d’un magasin industriel en rez-de-chaussée couvert d'une verrière en partie centrale et d'un vaste atelier de fabrication de plan rectangulaire allongé et de grande hauteur, ayant abrité la dernière machine à papier installée sur le site.

Au nord de la cour d’usine se dresse la nouvelle chaufferie édifiée en charpente métallique et bardage en tôle nervurée, à cheval sur le canal usinier. Un magasin industriel en rez-de-chaussée ferme la cour à l’est. Enfin, à l’extrême est du site est implantée la station d’épuration avec quatre bassins circulaires pour le traitement des eaux usées.

Le site de l’ancien moulin Wentzinger, situé à 170 m en amont de la papeterie, se compose d’ouest en est des écuries et dépendances reconverties en logements, du bâtiment du moulin adoptant un plan en L et prolongé au nord-est par un corps de liaison et une maison d’habitation bi-famille.

Murs maçonnerie enduit
béton béton armé
béton béton aggloméré
moellon
pan de fer
pan de bois
brique
essentage de tôle
essentage de planches
Toit tôle nervurée, tuile mécanique, tuile en écaille, ciment amiante en couverture, béton en couverture, bitume, zinc en couverture, verre en couverture, ardoise
Plans plan rectangulaire régulier, plan carré régulier, plan régulier en L, plan régulier en U
Étages sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, en rez-de-chaussée, 2 étages carrés, étage en surcroît, étage de comble, comble à surcroît
Couvertures toit à longs pans demi-croupe
toit à longs pans croupe
toit bombé
shed
terrasse
verrière
appentis
toit à longs pans brisés
toit en pavillon
Énergies énergie hydraulique produite sur place
énergie thermique produite sur place
énergie électrique achetée
Statut de la propriété propriété d'une personne morale

Références documentaires

Bibliographie
  • SCHWINDENHAMMER, Robert. Monographie de la papeterie Schwindenhammer de Turckheim (Haut-Rhin). s.l., s.d.

(c) Région Grand Est – Inventaire général - Schmitt Déborah - Schwarz Frank - Raimbault Jérôme
Jérôme Raimbault

chercheur à l'Inventaire Général du Patrimoine Culturel Région Grand Est


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