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Moulin à farine de Steinbourg, puis laminoir, puis usine de transformation des métaux dite clouterie Voelckel, puis Société Nouvelle des Etablissements Voelckel & Cie

Dossier IA67080353 réalisé en 2018

Fiche

Cette opération ponctuelle est menée en mai 2018 par Frank Schwarz dans le cadre d'un projet de valorisation patrimoniale du site souhaité par les propriétaires. Les collectivités locales, favorables au projet, réfléchissent à sa faisabilité et à leur engagement respectif.

La campagne de prises de vues est réalisée par Frédéric Harster. Une cartographie du site a en outre été réalisée par Abdessalem Rachedi.

Précision dénomination clouterie
Appellations Voelckel
Parties constituantes non étudiées bief de dérivation, cour, bureau, atelier de conditionnement, atelier de fabrication, magasin industriel, logement d'ouvriers, entrepôt industriel, bâtiment d'eau, forge
Dénominations moulin, laminoir, usine de transformation des métaux
Aire d'étude et canton Saverne - Saverne
Hydrographies Zorn (dérivation de la)
Adresse Commune : Steinbourg
Lieu-dit : Adresse : 12 rue de la Gare
Cadastre : 2018 20 01 115, 225

La clouterie Voelckel occupe l’emplacement de l’ancien moulin à farine de Steinbourg, attesté dès 1454 par un bail emphytéotique passé entre le couvent d’Altorf (Bas-Rhin), qui en est alors propriétaire, et le meunier qui l’exploite. En 1542, l’abbesse d’Andlau (Bas-Rhin) cède le moulin à l’évêque Erasme de Strasbourg. Durant la Guerre de Trente Ans, en 1634, l’établissement est pillé et dévasté. Il est reconstruit en 1635. Le moulin épiscopal est ensuite exploité par différents meuniers emphytéotes jusqu’à la Révolution de 1789. Il est alors acquis par l’exploitant en place, Ignatz Ramspacher. En 1801, un incendie détruit l’établissement. Son propriétaire engage sa reconstruction sous la forme d’un moulin à trois meules, d’un moulin à huile avec presses en fer et d’une maison d’habitation avec grange et étables. En 1806, le moulin fait l’objet d’une adjudication par expropriation. Les acquéreurs en sont Joseph Lohr et son épouse Catherine Kleinclauss. Ce sont eux qui font construire le logis (A) qui ferme actuellement la cour d’usine au sud, comme en atteste le linteau de porte gravé du millésime 1807 et des lettres LOR. Leur fils, Louis Lohr, prend leur succession. Après son décès, sa veuve vend le moulin, en juin 1858, à l’industriel Gustave Goldenberg, établi au Zornhoff à proximité de Saverne (Bas-Rhin). Ce dernier y installe un laminoir à froid qui fonctionne jusqu’en 1927.

Le site est alors loué. En 1931, il est acquis par Edouard Voelckel qui le convertit en clouterie. Pour ce faire, il procède à la construction d’un atelier de fabrication en rez-de-chaussée (J), couvert de sheds, dans le prolongement oriental du logis du moulin (A). Ces travaux nécessitent la démolition de deux bâtiments annexes. Une forge (I) est installée en lieu et place de l’ancien laminoir. En 1933, Edouard Voelckel fait édifier une villa patronale (étudiée, IA67080356) au sud de l’usine. En 1936, il équipe ses ateliers d’une nouvelle turbine. Un deuxième atelier à sheds (E) voit le jour au nord du site, à cheval sur le canal usinier. Il accueille la tréfilerie prolongée à l’est par un entrepôt industriel pour le fil brut (F). Après la Seconde Guerre mondiale, une nouvelle campagne d’extension est menée. En 1947, on procède à la construction d’un atelier d’emballage et de nettoyage (B), à l’ouest de la clouterie, et d’un magasin industriel (C) prolongé d’un logement d’ouvriers (D) qui ferment la cour d’usine au nord. Les plans de ces bâtiments sont livrés par l’architecte Paul-Ernest Zigan de Saverne. En 1949, une unité de décapage (G) est édifiée, au nord-est de l’usine. En 1950, une dernière extension (H) est réalisée à l’est de la forge et de la tréfilerie, à cheval sur le canal de dérivation. Elle abrite un magasin industriel et le bâtiment d’eau qui est équipé de deux turbines de type Francis et d’un moteur diesel. Cette installation est réalisée par les Ets Camille Dumont & Cie de Pont de Saint-Uze (Drôme). En 1963, la clouterie est reprise par Charles Voelckel, le fils du fondateur, et l’année suivante, elle se dote d’un nouveau moteur diesel couplé à un générateur. Vers 1980, les turbines hydrauliques cessent de fonctionner, l’usine étant alors mise en mouvement par l’énergie électrique. Elle dispose à cet effet d’un transformateur implanté à l’arrière des locaux. La clouterie est exploitée par la famille Voelckel jusqu’en 1997. A cette date, l’activité est poursuivie par un repreneur sous la raison sociale Société Nouvelle des Etablissements Voelckel & Cie. L’entreprise compte alors dix salariés. En 2008, la nouvelle entité quitte les bâtiments historiques de la clouterie pour s’établir dans de nouveaux locaux au sein de la zone industrielle de la commune et emporte avec elle l’ensemble des machines de production. Depuis lors, les locaux sont vacants et se cherchent un nouvel avenir.

Période(s) Principale : 1er quart 19e siècle , porte la date
Principale : 2e quart 20e siècle , daté par source
Principale : 3e quart 20e siècle , daté par source
Dates 1807, porte la date
1931, daté par source
1936, daté par source
1947, daté par source
1949, daté par source
1950, daté par source
Auteur(s) Auteur : Zigan Paul-Ernest ,
Paul-Ernest Zigan

Architecte établi à Saverne (Bas-Rhin).


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architecte, attribution par source
Auteur : Voelckel Edouard , auteur commanditaire, attribution par source

Les bâtiments de production, établis à cheval sur le canal de dérivation de la Zorn, se déploient à l’est d’une cour d’usine autour de laquelle se distribuent le bâtiment de bureaux aménagés au sein du logis du moulin (A), l’atelier d’emballage (B), le magasin industriel (C), prolongé à l’ouest par un logement d’ouvriers (D). A l’arrière, se succèdent, du nord au sud, la tréfilerie (E), prolongée à l’est de l’entrepôt pour les fils bruts (F) et l’unité de décapage (G), un magasin industriel et le bâtiment d’eau avec ses turbines (H), la forge (I) et l’atelier de fabrication pour la clouterie (J). Au sud de l'usine, se dresse la villa patronale (étudiée, IA67080356). Pour l'identification des bâtiments, se reporter au plan de situation du site figurant dans les illustrations (IVR42_20186702006NUDA).

L’ancien logis du moulin, de plan rectangulaire, comprend un rez-de-chaussée et un étage carré sous un toit à longs pans avec demi-croupe et tuiles mécaniques. Édifié en maçonnerie enduite sur un soubassement en appareil de grès, il est flanqué sur rue d’un petit appentis et décoré de chaînes d’angle régulières. Il est ajouré au rez-de-chaussée de baies rectangulaires avec encadrements en grès et à l’étage de baies ovales. L’ancienne porte d’entrée, sur l’élévation méridionale, aujourd’hui murée, est décorée d’une clé saillante sculptée du millésime de construction de l’édifice : 1807 et des lettres LOR qui désignent vraisemblablement son commanditaire : Joseph Lohr. L’atelier d’emballage (B) et le magasin industriel (C) qui délimitent la cour sont contemporains et de conception identique. De plan rectangulaire, ils comportent un rez-de-chaussée et un étage carré et sont construits en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès à bossage. Ils sont percés de larges baies rectangulaires avec châssis métalliques et appuis saillants en pierre artificielle. La seule différence réside dans la forme de toiture : toit en appentis pour l’atelier d’emballage, toit à longs pans pour le magasin industriel avec couverture en tuiles mécaniques pour les deux bâtiments. Le magasin industriel conserve son monte-charge. Le logement d’ouvriers (D), de plan carré, est bâti en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès à bossage. Il comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage en surcroît sous un toit à longs pans avec demi-croupe à l’ouest et tuiles mécaniques. Les niveaux d’habitation sont ajourés de baies rectangulaires avec appuis saillants en pierre artificielle, le comble d’un oculus percé en pignon.

L’atelier de tréfilerie (E), établi au nord du site et à cheval sur le canal usinier, comporte quatre travées de sheds en rez-de-chaussée, orientées nord-sud, vitrées à l’est et couvertes de tuiles mécaniques. Bâti en maçonnerie de briques apparentes, il est supporté par une ossature métallique faite de poteaux et de sous-poutres profilés en I sur laquelle repose une charpente en bois. Cet atelier est prolongé vers l’est par l’entrepôt pour les fils bruts (F) et l’unité de décapage (G), disposés dans le même alignement. Tous deux se déploient en rez-de-chaussée et sont de plan rectangulaire. Édifiés en maçonnerie de briques apparentes avec pignons essentés de planches, ils sont couverts d’un toit à longs pans avec tuiles mécaniques. L’unité de décapage, de plus grand développement, est sommée d’un lanterneau à claires-voies. Le magasin industriel et le bâtiment d’eau (H) leur sont accolés au sud. Cet ensemble se compose de quatre travées de sheds en rez-de-chaussée, orientées nord-sud, vitrées à l’est et couvertes de tuiles mécaniques. Bâti en maçonnerie de briques apparentes, il est supporté par une ossature métallique faite de poteaux et de sous-poutres profilés en I sur laquelle repose une charpente en bois. Les deux travées nord sont occupées par le bâtiment d’eau qui conserve deux turbines verticales de type Francis, à chambre d’eau, associées chacune à un régulateur qui porte, tout comme les turbines, la plaque du constructeur : Ets Camille Dumont & Cie de Pont de Saint-Uze. La première développe une puissance de 55 CV, la seconde de 35 CV. Il renferme également un moteur diesel contemporain des turbines et produit par les Ets Motoren-Werke Mannheim A.G. et un second moteur diesel, ajouté ultérieurement, qui porte la plaque du constructeur : Établissements Duvant Valenciennes avec mention du type (6VDS), du numéro de série (2286) et de l’année de construction (1964). Ce dernier est couplé à un alternateur produit par les Ets Aubry Simonin. Le tableau de commande est également en place.

Au cœur du site, bordé de toutes parts d’ateliers, se trouve la forge (I) qui résulte de la réutilisation du bâtiment du laminoir à froid. Bâti en maçonnerie enduite, il comporte un rez-de-chaussée coiffé d’un toit à longs pans avec tuiles mécaniques. Au sud du site, dans le prolongement du logis du moulin (A), s’étend l’atelier de fabrication de la clouterie (J). De plan rectangulaire, il comporte trois travées de sheds en rez-de-chaussée, orientées est-ouest, vitrées au sud et couvertes de tuiles en écaille. Bâti en maçonnerie enduite au sud et en briques apparentes à l’est, il est supporté par deux rangées de trois poteaux métalliques avec sous-poutres profilées en I sur laquelle repose une charpente en bois. Il est ajouré au sud et à l’est de baies en arc segmentaire avec châssis métalliques et appuis saillants en ciment. A l’intérieur sont conservés les axes de transmission avec leurs poulies.

Murs grès
maçonnerie enduit
brique
essentage de planches
Toit tuile mécanique, tuile plate, verre en couverture
Plans plan rectangulaire régulier, plan carré régulier
Étages sous-sol, étage en surcroît, 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans demi-croupe
shed
appentis
lanterneau
Énergies énergie hydraulique produite sur place turbine hydraulique
énergie électrique achetée
États conservations établissement industriel désaffecté
Statut de la propriété propriété d'une personne privée
(c) Région Grand Est – Inventaire général - Schwarz Frank