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Institut de recherche, édifice d'enseignement supérieur : Institut Charles Sadron (Centre de recherche sur les macromolécules)

Dossier IA67040112 réalisé en 2009

Fiche

Œuvres contenues

Précision dénomination Institut Charles Sadron
Centre de recherche sur les macromolécules
Parties constituantes non étudiées amphithéâtre, laboratoire d'essais
Dénominations institut de recherche, édifice d'enseignement supérieur
Aire d'étude et canton Strasbourg - Strasbourg
Adresse Commune : Strasbourg
Adresse : 6 rue Boussingault
Précisions

Le Centre d’Etudes de Physique Macromoléculaires (CEPM) à l’Institut de Physique

En 1947, le CNRS crée le centre d’études de Physique Macromoléculaire. Celui-ci est installé dans l’aile est du bâtiment de l’institut de PhysiquePlan du rez-de-chaussée de l'Institut de Physique avec l'implantation du CEPM.Plan du rez-de-chaussée de l'Institut de Physique avec l'implantation du CEPM., dépendant de la faculté des sciences et situé au 3 et 5 rue de l’Université.

Mais l’extension rapide de ce laboratoire, ainsi que la nécessité d’adjoindre aux physiciens des équipes de chimistes et de biologistes, conduit la commission de Chimie physique ainsi que le groupe de chimie du CNRS à adopter, en 1951, la proposition de création d’un centre de recherche sur les macromolécules (CRM) consacré à l’étude des substances macromoléculaires dans ses trois aspects, physique, chimique et biologique.

Le Centre de recherche sur les Macromolécules (CRM) futur Institut Charles Sadron (ICS) rue Boussingault

La demande de terrain de la faculté pour la construction d’un nouveau centre est formulée en juin 1951 et s’accompagne d’une convention régissant le fonctionnement de la future institution, maintenant les prérogatives de maître d’œuvre du CNRS tout en accordant un droit de regard à l’Université. La municipalité œuvre de son côté pour l’obtention d’un terrain d’implantation.

Jouxtant l’institut de mécanique des fluides, l’emplacement choisi est situé 6 rue Boussingault à Strasbourg, à la lisière d’un « quartier calme et résidentiel », en bordure du canal de la Marne au Rhin.

En 1952, Charles Sadron obtient de façon ferme la création de l’institut. Il peut donc à la fin de la même année soumettre au CNRS un devis de construction à hauteur d’un montant de 230 millions de francs. Le devis est approuvé et les moyens importants ainsi obtenu permettent au chantier de construction d’avancer rapidement de sorte que le bâtiment est achevé à l’automne 1954Vue de la façade est du C.R.M. en fin de construction depuis la rue Boussingault (mars 1954).Vue de la façade est du C.R.M. en fin de construction depuis la rue Boussingault (mars 1954)..

L’inauguration officielle a lieu le 6 octobre 1954, sous la présidence du ministre de l’Education nationale et sous la présidence effective de M. H. Longchambon secrétaire d’Etat à la Recherche scientifique et au progrès technique. Sont également présents M. Dupouy, directeur du CNRS, M. Champetier, directeur adjoint, ainsi que des personnalités du monde scientifique - telles le professeur Staudinger, prix Nobel de chimie-, ou des représentants de l’Université, ou du monde politique et industriel d’Alsace.

Les plans de l’édifice sont réalisés par l’architecte Bernard Monnet, assisté des architectes J.Galinowski, L.Cromback eet J.Brun, ainsi que des ingénieurs conseils Ch. Kuhlmann et L.Weill.

L’architecte Bernard Monnet (1900-1989) a réalisé de nombreuses commandes pour l’enseignement. A Strasbourg, outre le CRM, c’est lui qui dans les années 1960 dessine les plans de l’extension de l’institut de physique de l’université de Strasbourg, ainsi que le bâtiment de l’UFR de mathématique et de l’Ecole et observatoire des sciences de la terre. Il travaille également pour les institutions européennes : il est l’auteur des plans du bâtiment B du conseil de l’Europe (1950) ainsi que du premier bâtiment du palais des droits de l’Homme.

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Une extension est construite en 1963, toujours selon les plans de Monnet, assisté de J. Brun, avec cette fois F.Papillard et C.Kutiewicz. Les ingénieurs conseils sont les mêmes que pour le bâtiment principalVue du C.R.M. depuis la rue Boussingault (après 1963)Vue du C.R.M. depuis la rue Boussingault (après 1963).

L’installation sur le campus de Cronenboug

En date du 1er juillet 1993, un courrier de Paul Rigny, directeur du département des sciences chimiques du CNRS, évoque pour la première fois le regroupement sur le site de Cronenbourg de l’Ecole de chimie, polymère et matériaux (EPC), de l’institut de physique et chimie des matériaux de Strasbourg (IPCMS) et de l’Institut Charles Sadron.

Les démarches auprès du service juridique du CNRS commencent dès l’année suivante et permettent quatre ans plus tard la mise en place d’un comité de suivi de projet. Le projet, baptisé ICS 2000 s’inscrit dans le contrat triennal «Strasbourg, ville européenne 2000-2002 ». Le pré-programme est établi fin 2000 et validé dans sa version définitive l’année suivante. Le maître d’œuvre est choisi en 2002 et la première pierre posée en janvier 2005. Les travaux se prolongent sur trois ans et permettent le déménagement des matériels scientifiques et l’installation du personnel en février 2008.

Le bâtiment construit e développe en réalité pour une partie dans un bâtiment existant (pour 1800 m²) et pour une autre partie en construction neuve (équivalente à 6200 m²), les différentes parties de l’édifice étant reliées entre elles par une épine dorsale, la rue intérieure.

Le site de la rue Boussingault

Moins de deux mois après l’inauguration officielle du nouveau édifice sur le site de Cronenbourg, le 2 juin 2008, le promoteur Kaufmann & Broad, qui avait signé une promesse d’achat du terrain au CNRS en 2006, annonce la démolition de l’ancien bâtiment rue Boussingault, au profit de la construction de quatre immeubles « de standing » de trois étages chacun. Mais le permis de construire est racheté en 2010 par le promoteur Stradim. Il est dénoncé, en vain, auprès du

tribunal administratif par l’association de quartier ADIQ (Association de défense des intérêts des quartiers centre-est de Strasbourg) au motif que le projet ne respecte pas le plan d’occupation des sols (POS) et notamment la réglementation « verte » propre au secteur, interdisant de construire au-delà de 25 % de terrain.

Le désamiantage est effectué à partir de janvier 2011, et la démolition est réalisée en avril de la même année. Les travaux de construction du nouveau programme immobilier débutent à l’automne et les quatre immeubles des « Ambassadeurs » sont achevés fin 2012.

Période(s) Principale : 2e moitié 20e siècle , (détruit)
Dates 1954, daté par source
1963, daté par travaux historiques
2011, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Monnet B, architecte
Auteur : Galinowski J., architecte
Auteur : Cromback Lucien, architecte
Auteur : Brun, architecte
Auteur : Kuhlmann Ch., ingénieur
Auteur : Weill J., ingénieur
Auteur : Papillars F., architecte
Auteur : Kutkiewicz C.

Bâtiment principal, inauguré en 1954 :

En forme de L, le bâtiment comporte 4 étages, chacun d’une superficie de 900 m² environ. Sa façade principale est orientée vers le sudPlan du rez-de-chaussée du bâtiment construit en 1954Plan du rez-de-chaussée du bâtiment construit en 1954Entrée et façade sud du C.R.M.Entrée et façade sud du C.R.M..

Il est muni d’une salle de conférence, d’une bibliothèque et d’un vaste atelier, ainsi que d’environ 80 pièces à usages de laboratoires et de bureau (en 1958, une centaine de personnes travaillent dans le centre dont plus de la moitié sont des chercheurs et le reste correspond au personnel technique et administratif).

Il est modulé sur une trame de 3,86 m. Ce chiffre a été déterminé par une étude menée sur la cellule-type de laboratoire, dont les dimensions sont de 3,75 m par 5,10 m, et sur la cellule de travail, faisant 3,75 m sur 3,60).

Matériaux mis en œuvre

Il est composé deux trois parties : l’aile principale sur rue et l’aile en retour, construites en « lourd » (maçonnerie de briques pleines sur soubassement en béton) et abritant toutes les installations de laboratoires exigeant le maximum de

stabilité (mécanique, thermique, acoustique) et d’inertie. La troisième partie correspond à un élément de jonction à ossature en béton arméElément de jonction (façade sud).Elément de jonction (façade sud)., qui rassemble les espaces de circulations principaux (escaliersVue depuis l'aile est au 1er étage de l'escalier principalVue depuis l'aile est au 1er étage de l'escalier principal, ascenseurs) ainsi que les locaux et les installations bruyantes (hall d’entréeVue de la loge d'accueil, à proximité de l'escalier principal, depuis l'aile est.Vue de la loge d'accueil, à proximité de l'escalier principal, depuis l'aile est., chaufferie, amphithéâtre…)

Les murs goutterots et murs de refend extérieurs constituent les éléments porteurs des deux ailes, traversées par les gaines de ventilation. Des murs de refend transversaux permettent la fixation d’appareils ultra-sensibles.

Les éléments de béton apparents sont bruts de décoffrage tandis que les maçonneries sont enduites de crépi tyrolien protégé par silicone.

La couverture, en bacs d’aluminium sur voligeage jointif, est portée par une charpente en sapin, reposant elle-même sur le plancher béton des combles.

L’escalier de l’entrée principale a été décoré de compositions réalisées en éléments de céramiquesVue du hall d'entrée de l'institut avec la fresque de Christiane d'EstienneVue du hall d'entrée de l'institut avec la fresque de Christiane d'Estienne par Christiane d’Estienne

Disposition intérieure

Il a été conçu pour réunir en contact permanent des physiciens, des chimistes et des biologistes. Le bâtiment comprend donc une section de physique, une de biologie, et une de chimie.

La section de physique

Elle nécessite pour ses recherches et ses mesures des laboratoires stables dont la température varie peu – ils peuvent pour cela être obscurcis- et demande par ailleurs un équipement électrique important. C’est pourquoi ils ont été groupés au sous-sol et au rez-de-chaussée et orientés plein nord.

La section de biologie

Elle comprend des chambres chaudes et froides et des salles de stérilisation et de centrifugation qui dont installées au premier étage/

La section de chimie

Elle nécessite le même type d’espaces mais exige également des grandes surfaces de paillasses carrelées, des hottesPlan et élévation d'une paillasse murale avec sorbonne escamotablePlan et élévation d'une paillasse murale avec sorbonne escamotable et des alimentations en fluides divers (eau, gaz, air comprimé… est quant à elle implanté au deuxième étage.

Dans le bâtiment ont également été prévus des espaces de services généraux. Il comprend ainsi :

- des bureaux pour l’administration et une bibliothèque, installés dans la partie sud du rez-de chaussée

- un amphithéâtre de 100 placesVue de l'amphithéâtre depuis le fond de la salle.Vue de l'amphithéâtre depuis le fond de la salle., situé au premier étage

- un atelier Vue de l'atelier depuis l'entréeVue de l'atelier depuis l'entréedans le sous-sol del’aile nord.

- un appartement pour le directeur et un logement pour le concierge.

L’extension construite en 1963.

L’extension reprend l’orientation est-ouest avec la façade principale orientée sur rue, côté sud, quoi qu’en retrait par rapport au bâtiment principalPlan du C.R.M. comprenant l'extension construite en 1963Plan du C.R.M. comprenant l'extension construite en 1963.

Elle adopte la même trame pour la disposition des cellules de travail faisant face aux cellules de laboratoire, et répartis de part et d’autre d’un long couloir médian. Les fluides sont véhiculés dans de larges gaines fixées au plafond de ce couloir, ce qui en permet la surveillance continueVue d'un des laboratoires de chimie au deuxième étage, et du couloir médian menagé dans l'axe du bâtiment.Vue d'un des laboratoires de chimie au deuxième étage, et du couloir médian menagé dans l'axe du bâtiment..

La liaison entre les deux bâtiments est assurée par un élément de jonction articulé sur le hall de dégagement de l’escalier principal, à chaque niveau. Les gaines de ventilation sont disposées dans l’épaisseur des murs extérieurs qui présentent de ce fait une structure alvéolaire (?). Cette disposition a permis de supprimer les points d’appui intérieur et de ménager une salle de réunions pour 200 personnes au 2e étage (transformé ensuite en réfectoire ?).

L’extrémité est de la nouvelle aile était à l’origine prévue pour l’aménagement d’un ascenseur pour de lourdes charges, et d’un laboratoire de grande dimension – sur deux étages – que le centre espérait pouvoir développer et permettant d’accueillir du matériel de grande dimension. Mais la chose ne put se réaliser et les deux niveaux furent séparés (zone correspondant aux grandes salles de réunion/réfectoireVue du réfectoire depuis le fond de la salleVue du réfectoire depuis le fond de la salle).

L’institut comprend également côté nord un bâtiment pour les réserves de produits chimiques Vue arrière de l'institutVue arrière de l'institutet un petit laboratoire de produits radioactifs. (Bâtiment D).

Murs brique maçonnerie crépi
béton
Toit fer en couverture
Plans plan régulier en L
Étages 3 étages carrés, rez-de-chaussée, sous-sol
Couvrements
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier droit, en maçonnerie
Autres organes de circulations ascenseur, monte-charge
Énergies énergie électrique achetée
États conservations détruit après inventaire
Techniques céramique
Représentations représentation non figurative
Précision représentations

L'escalier de l'entrée principal comporte un décor en céramique non figuratif mais qui évoque peut-être les macromolécules ?

Mesures l : 55.0 m
la : 27.5 m
l : 120.0 m

Références documentaires

Documents d'archives
  • Centre de recherche sur les macromolécules, CNRS, 1958

  • Centre de recherche sur les macromolécules in l’Architecture française, n° 179/180, (constructions scolaires II) 1954, p. 53-56.

  • Centre de recherche scientifique à Strasbourg in l’Architecture française, n° 249/250, mai-juin 1963, p. 25.

Bibliographie
  • Hottin, Christian. "L'architecture universitaire des Trente Glorieuses - Des temples du savoir à l'université de masse", dans Universités et grandes écoles à Paris. Les palais de la Science, 1999, p. 187-191.

  • Delanes, Sabine. "L'architecture universitaire en France, des années de croissance aux temps de crise (1960-1980)", Labyrinthe [en ligne], 4/1999. Disponible sur : http://labyrinthe.revues.org/298 (vu le 03/03/2014)].

(c) Inventaire général ; (c) Université de Strasbourg - Issenmann Delphine - Weill Gilbert
Gilbert Weill

Ancien chercheur au centre de recherche sur les macromolécules, qu'il a dirigé. Actuellement professeur émérite, il a accompagné l'inventaire dans les phases d'identification, collecte et documentation des objets.


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