Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Filature Dietz, puis usine textile dite Fabrique de laines Renaissance et Filature Daniel, puis usine de produits agro-alimentaires Merguez Azoulay

Dossier IA67077942 réalisé en 2014
Appellations filature Dietz, usine textile Fabrique de laines Renaissance et Filature Daniel Michel
Dénominations filature, usine textile, usine de produits agro-alimentaires
Aire d'étude et canton Barr - Barr
Hydrographies Kirneck
Adresse Commune : Barr
Adresse : 53 rue de la Vallée

En 1791, Jean-Jacques Dietz (1769-1839), fils du fabriquant de tissu barrois Jean-Georges Dietz, s’établit à Barr en tant que maitre teinturier. Il fonde, sur la rive gauche de la rivière Kirneck, une teinturerie qui emploie 7 personnes à ses débuts. Spécialisé dans le rouge d’Andrinople, son établissement prend de l’ampleur. En 1807, il fonde sur le site actuel, une filature mue à ses débuts par la force motrice des eaux de la Kirneck acheminées jusqu’au bâtiment d’eau au moyen d’un canal d’amenée percé au sud de la parcelle.

La production de fil est assurée sur place par 89 personnes. En 1818, Jean-Jacques Dietz fonde une unité de tissage maîtrisant ainsi toute la chaine de production de la balle de coton jusqu’aux toiles teintes. En 1834, il dote sa filature d’une machine à vapeur produite par les Ets Augustin Périer de Chaillot (aujourd’hui un quartier de Paris dans le 16e arrondissement) pour servir de moteur auxiliaire à la roue hydraulique. Au moment du décès de Jean-Jacques Dietz, en 1839, son entreprise intégrée emploie 250 hommes, 180 femmes et 90 enfants et procure de l’ouvrage à 400 personnes qui travaillent à domicile dans les villages environnants. En 1842, la filature, équipée de 5 000 broches, est pourvue d’une seconde machine à vapeur d’une force de douze chevaux également produite par les Ets Augustin Périer de Chaillot. La chaudière sort des ateliers de l’entreprise Stehelin et Huber de Bitschwiller (Haut-Rhin). La seconde machine à vapeur et sa chaudière prennent place dans la centrale d’énergie existante, édifiée en 1834. Dès 1853, Jacques Dietz père et fils souhaitent cependant remplacer leurs deux machines à vapeur par une seule d’une puissance de 30 chevaux et les deux générateurs de vapeur par une chaudière unique. Cette nouvelle installation est autorisée par arrêté préfectoral du 31 août 1859. C’est vraisemblablement à cette occasion qu’est édifié l’avant-corps en rez-de-chaussée qui flanque l’élévation antérieure de la salle des machines. En effet, celui-ci n’apparaît pas sur le cadastre napoléonien de 1835 mais se trouve représenté sur le plan de 1853 joint à la demande d’autorisation des Sieurs Jacques Dietz, père et fils (ADBR 5M 159).

L’entreprise Dietz se maintient jusqu’en 1856, date à laquelle le tissage est transformé en logements. En 1861, on ne dénombre plus que 300 employés au sein des différents ateliers. L’invention des colorants d’aniline nécessite une modernisation de la teinturerie à laquelle les fils de Jean-Jacques Dietz, Jacques et Charles, ne veulent consentir. En 1865, ils cèdent la teinturerie à Richard Speckel qui l’exploite encore quelques années et finit par vendre son établissement au tanneur Gustave Dergermann. Peu de temps après la vente de la teinturerie, l’activité s’arrête également au sein de la filature qui reste vide jusqu’en 1872 lorsque Daniel Michel y fonde une fabrique de laine élaborée à partir de textiles recyclés et exploitée sous la raison sociale « Fabrique de laines Renaissance et Filature Daniel Michel ».

L’établissement est victime d’un incendie vraisemblablement au cours de l’année 1901. Sa reconstruction fait l’objet d’un règlement approuvé par le Maire de Barr le 13 novembre 1901. En 1911, l’entreprise dirigée par le fils de Daniel Michel emploie 25 personnes sur le site. Par la suite, la filature est exploitée par la société Ditner avant d’être vendue à la société de fabrication de Merguez Azoulay qui fait édifier, au cours des années 1960 le grand entrepôt industriel implanté à l’ouest du site. Désaffecté depuis de nombreuses années, le site fait aujourd'hui l'objet d'un projet de construction à vocation résidentielle dont la réalisation prévoit la démolition des bâtiments existants.

Période(s) Principale : 1er quart 19e siècle , daté par source
Secondaire : 2e quart 19e siècle , daté par source
Secondaire : 3e quart 19e siècle , daté par source
Secondaire : 3e quart 20e siècle , daté par source
Dates 1807, daté par source
1834, daté par source
1853, daté par source

Établie sur la rive droite de la rivière Kirneck, l’ancienne filature se compose, d’est en ouest, de l’atelier de fabrication originel (A) flanqué à l’est d’un bâtiment d’eau (B) et prolongé dans son angle nord-est de travées de sheds (C) ; de la centrale d’énergie (D) comprenant la salle des machines, la chaufferie et un transformateur électrique ; d’un magasin industriel (E) et d’un entrepôt industriel de construction plus récente (F). Au nord, le site productif est séparé de la rivière par un mur de soutènement en moellons de grès. Au sud, on devine, au pied du talus, le profil de l’ancien canal d’amenée d’eau aujourd’hui disparu.

De plan rectangulaire, l’atelier de fabrication originel (A) comporte un sous-sol partiel voûté en berceau dans son extrémité orientale, un étage carré et un étage de comble sous un toit à longs pans et tuiles mécaniques. Élevé en maçonnerie enduite, il présente une élévation ordonnancée à 13 travées d’ouvertures avec encadrements rectangulaires en grès. Au rez-de-chaussée, certains ébrasements sont fortement évidés. Les dalles en profilés métalliques et voûtains maçonnés sont soutenues par deux rangées de 12 poteaux circulaires en fonte. L’élévation méridionale est flanquée d’une extension en rez-de-chaussée sous un toit en appentis et tuiles mécaniques. Cet atelier initial est prolongé à l’est par l’ancien bâtiment d’eau (B) parcouru en sous-sol par un canal usinier en pierres de taille assisées. Élevé en maçonnerie enduite, il est couvert d’un toit en appentis et tuiles mécaniques. Son organisation intérieure a été fortement remaniée avec création de dalles. Enfin, l’atelier originel a été augmenté, dans son angle nord-est, d’un espace de travail couvert de sheds vitrés au nord et comptant trois travées à l’est et deux travées au nord qui reposent sur une rangée de poteaux circulaires en fonte. Cette extension en rez-de chaussée, couverte en tuiles mécaniques et tôles ondulées en ciment amiante, est bâtie en pan de bois et maçonnerie enduite. Elle est ajourée au nord de grandes baies rectangulaires à châssis métalliques.

L’ancienne centrale d’énergie (D) est accolée au mur-pignon occidental de l’usine. La salle des machines, à droite, présente un avant-corps en rez-de-chaussée sur l’élévation antérieure. Édifiée en maçonnerie enduite sous un toit à longs pans et tuiles mécaniques, elle est ajourée de baies en plein cintre et encadrement en grès. A l’arrière, la chaufferie est presque intégralement démolie. Il subsiste sur place le corps de chauffe en métal riveté de la chaudière et les vestiges effondrés de l’ancienne cheminée carrée en brique. Un transformateur électrique flanque l’ensemble au sud-est.

Relié à la centrale d’énergie par un petit corps de liaison plus tardif, le magasin industriel (E) est partiellement effondré. De plan rectangulaire et en rez-de-chaussée, il est construit en maçonnerie enduite sous un toit à longs pans et tuiles mécaniques. Les baies rectangulaires sur l’élévation antérieure à trois travées sont encadrées de grès.

Enfin, à l’ouest du site est implanté un vaste entrepôt industriel en pan de fer et maçonnerie enduite de plan rectangulaire dont la conception est plus tardive. De grande hauteur sous une charpente métallique apparente, il est couvert d’une toiture à longs pans et tôle ondulée en ciment-amiante.

Murs maçonnerie enduit
bois pan de bois
fer pan de fer
Toit tuile mécanique, verre en couverture, ciment amiante en couverture
Étages sous-sol, 1 étage carré, étage de comble
Couvertures toit à longs pans
appentis
shed
Énergies énergie hydraulique produite sur place
énergie thermique produite sur place
États conservations menacé
Statut de la propriété propriété d'une société privée
© Inventaire général - Schwarz Frank