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Demeure de la famille Vitztum d'Egersberg, Lembach

Dossier IA67008522 réalisé en 1999

Fiche

Le dossier d'inventaire de la demeure des Vitztum d'Egersberg (IA67008522) a été réouvert suite à l'apport de données nouvelles (analyses dendrochronologiques, plans et photos anciens, correspondance) transmises en 2016 par les nouveaux propriétaires de l'édifice, dans le cadre d'importants travaux de restauration. Le dossier originel, rédigé en 1999 par Brigitte Parent - Emmanuel Fritsch, est consultable dans sa version papier archivée dans le classeur vert de la commune de Lembach. Le nouveau dossier numérique a été rédigé par Jérôme Raimbault en 2016. Cette opération ponctuelle n'a pas donné lieu à la prise de photographies professionnelles.

Appellations Manoir des Fleckenstein, Schloessle
Destinations presbytère
Parties constituantes non étudiées cour, jardin, grange, étable, porcherie, poulailler, hangar agricole, remise agricole, bassin, banc de jardin
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Wissembourg - Wissembourg
Adresse Commune : Lembach
Adresse : 7 rue du Château
Cadastre : 2017 4 2 section et parcelle d'implantation du manoir ; 2017 3 187 section et parcelle d'implantation des dépendances

Historique de la demeure

La propriété nommée Manoir des Fleckenstein ou Schloessle comprend une demeure ouvrant sur un jardin ainsi qu’un groupe de trois dépendances placées autour d’une cour. Les dates de construction de la demeure et de l’une des trois dépendances ont été livrées par des analyses dendrochronologiques rendues en mars et juin 2015 à partir de prélèvements effectués dans leurs charpentes. Ces analyses ont été réalisées par le dendrochronologue allemand Willy Tegel à la demande de la SCI des Vitzthum (Denis Elbel - Jean-Paul Mayeux), propriétaire de cet ensemble immobilier depuis le mois d’avril 2015. Il apparaît que la demeure a été couverte de sa charpente au cours de l’année 1739, les bois mis en œuvre ayant été coupés l’année précédente. Son commanditaire est Ignace Louis Vitztum d’Egersberg (1676-1748), qui s’établit à Lembach en compagnie de ses sept enfants après le décès de son épouse Julie Sidonie de Fleckenstein-Windeck en 1735. La famille Vitztum d’Egersberg habitait dans le village de Trimbach en Basse Alsace depuis 1712, et auparavant dans celui de Schaidt en Rhénanie-Palatinat. Héritière du baron Henri Jacques de Fleckenstein-Windeck (1636-1720), dernier de cette lignée formée en 1594, Julie Sidonie de Fleckenstein-Windeck laissait à son époux le château de Fleckenstein ainsi qu’une partie du village de Lembach (côté rive gauche de la rivière Sauer). La demeure construite par Ignace Louis Vitztum d’Egersberg prit place sur la rive droite de la Sauer, dans la partie de Lembach nommée Flecken, formant un fief donné en 1720 par le roi de France aux Princes de Rohan. Au cours de la seconde moitié du 18e siècle, les décors intérieurs de la demeure ont été complétés et des bancs de jardin en grès (dont l’un porte la date 1770) mis en place à l’extérieur. La propriété familiale de Lembach resta aux mains des Vitztum d’Egersberg jusqu’à sa vente révolutionnaire le 14 février 1796 (25 Pluviôse An IV), après qu’elle ait été vidée de son mobilier suite au départ de Louis Vitztum d’Egersberg.

Elle est alors acquise avec ses terres par Jean Hoepffner, pasteur du village de Hatten, qui augmente ses possessions à Lembach par l’achat de 36 ha de terres supplémentaires. Les archives révolutionnaires conservent une description de la demeure (AD Bas-Rhin, Q2098). Elle a fait l’objet d’un métré (55 pieds et demi de long et 37 pieds et demi de large) et d’une description intérieure. Son premier niveau partiellement enterré comprend une cave voûtée, une cuisine et une chambre pour un valet. Le rez-de-chaussée surélevé renferme trois pièces disposant du chauffage et trois chambres. Le niveau de comble brisé est aménagé en huit chambres. La famille Hoepffner conserve la demeure dans son patrimoine pendant plus de 200 ans. Cette dernière remplit la fonction de presbytère protestant tout au long du 19e siècle, jusqu’à l’édification autour de 1900 du nouveau presbytère sur une portion du terrain de la propriété concédée par un membre de la famille Hoepffner.

Au cours de la période d’occupation par les troupes allemandes durant la Seconde Guerre mondiale, des boiseries (alcôve, lambris) auraient disparu d’une des anciennes chambres à coucher. La demeure sert d’école provisoire aux enfants de la commune à la suite de la destruction de la mairie-école, consécutive au dynamitage des ponts au milieu de l’année 1940 par le Génie militaire français. Le 15 mars 1945, elle est endommagée (angle nord-est de la charpente en particulier) à l’occasion des derniers affrontements entre les troupes américaine et allemande. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, les combles de la demeure sont mis à disposition de l’architecte Théo Berst et de ses collaborateurs, que le Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme avait chargés de rebâtir le centre de la commune et les principaux bâtiments municipaux. Dans ce contexte, le cabinet de Th. Berst établit en novembre 1946 le devis estimatif des travaux à effectuer sur la demeure à un montant de 2,4 millions de francs, dresse en octobre et décembre 1946 les plans des trois niveaux de la demeure et relève ses façades. Il assure sa restauration et remploie le parquet ancien d’une maison strasbourgeoise démolie après 1945 afin de remplacer un parquet originel abîmé dont des vestiges sont conservés dans les collections du musée Westercamp de Wissembourg. La couverture est également complétée à l’aide de tuiles provenant de la même maison strasbourgeoise.

La demeure fait l’objet d’un important programme de travaux pour les années 2016-2017, comprenant une reprise des maçonneries de son angle nord-ouest, la restauration de la couverture et de la charpente et le ravalement de ses façades.

Historique des bâtiments annexes

Les dépendances de la propriété comportent une grange-étable et deux petits bâtiments parallèles. La grange-étable a été bâtie en 1755, selon le millésime gravée à la clef d’arc de sa porte charretière. Selon le descriptif révolutionnaire, elle mesurait 46 pieds sur 30 et comprenait une écurie et cinq places pour les cochons de chaque côté de l’aire de battage centrale. En septembre 1941, la grange est entièrement ravagée par un incendie consécutif à la défectuosité d’une cheminée. Th. Berst est chargé de relever les deux travées ouest du bâtiment pour abriter un garage et une orangerie, selon les plans qu’il établit le 14 mars 1956. Les propriétaires actuels envisagent la reconstruction de la travée est de la grange. Les deux dépendances annexes peuvent correspondre aux bâtiments cités à la fin du 18e siècle dans les archives révolutionnaires. Elles sont mentionnées sur le cadastre napoléonien levé en 1831 (section F). La dépendance ouest, qui était initialement une remise, a fait l’objet d’une analyse dendrochronologique. Celle-ci révèle que sa charpente est composée de pièces de bois provenant de troncs coupés en 1818. Elle a été prolongée au sud en 1841 à l’aide de bois abattus l’année précédente. Au début des années 1930, elle fait l’objet d’une transformation en conciergerie par élévation d’un mur de briques percé d’une porte et de fenêtres. Une salle de bains est aménagée en 1976, sur l’espace de la remise ouverte. Cette dépendance est concernée par un projet de restauration en logement.

Période(s) Principale : 2e quart 18e siècle , datation par dendrochronologie
Secondaire : 3e quart 18e siècle , porte la date
Secondaire : 1ère moitié 19e siècle , datation par dendrochronologie
Secondaire : 3e quart 20e siècle , daté par source
Dates 1738, datation par dendrochronologie
1755, porte la date
1818, datation par dendrochronologie
1840, datation par dendrochronologie
1956, daté par source
1770, porte la date

Description de la demeure

La demeure adopte un plan rectangulaire et comprend un sous-sol total partiellement enterré, un rez-de-chaussée surélevé et un étage de comble sous un toit à longs pans et croupes brisés. Elle est construite en maçonnerie enduite de moellons de grès, avec des encadrements d'ouverture en grès ; elle est couverte de tuiles en écaille. Sa façade antérieure sur cour est percée dans l'axe de la porte d'entrée principale, dotée d'un encadrement rectangulaire mouluré et orné de svastikas à la base des jambages ; à sa gauche, la porte d'entrée en plein cintre du cellier, flanqué de deux soupiraux ; à sa droite, la baie en plein cintre et les deux fenêtres ajourant la cuisine. Une porte d'entrée secondaire se situe dans l'axe de la façade sud-est, dont l'encadrement rectangulaire mouluré présente des rosettes à la base des jambages. Le rez-de-chaussée surélevé est éclairé par des fenêtres rectangulaires dont les encadrements à crossettes sont moulurés et dotés d'appuis saillants. L'étage de comble sous le brisis est éclairé par un rang de lucarnes à fronton, le 2e niveau de comble sous le terrasson par de petites lucarnes à croupe. Quatre bancs de jardin en grès sont distribués de part et d'autre des deux portes d'entrée.

Le sous-sol se divise en un cellier voûté en berceau dans la partie nord et en une cuisine avec grande hotte et four à pain dans la partie sud. Deux escaliers intérieurs droits à marches en grès donnent accès au rez-de-chaussée surélevé, recoupé par un couloir longitudinal. Un escalier placé au fond de ce couloir conduit vers l'étage de comble. Le rez-de-chaussée comprend trois pièces au nord et deux au sud, qui ont conservé des éléments de décor ancien.

Description des dépendances

Les dépendances sont édifiées en maçonnerie enduite et sont couvertes par des toits à longs pans (tuiles en écaille pour les petites dépendances, tuiles mécaniques pour la grange). Les petites dépendances placées en vis-à-vis comprennent une remise ouverte sur poteaux. Leurs pignons sont en pan-de-bois, ainsi que le niveau de comble à surcroît de la dépendance est. La grange est ouverte par une large porte charretière en arc segmentaire en grès rose, portant un millésime à la clef.

La propriété est enclose par un mur de maçonnerie, percé d'un portail aux piédroits en grès rose à refends ouvrant sur la cour. Le jardin de la demeure comprend un bassin à jet d'eau. La parcelle arborée où sont élevées les dépendances est accessible par une porte aux piédroits en grès rose à refends sommés de boules.

Murs grès moellon sans chaîne en pierre de taille enduit
bois pan de bois
Toit tuile en écaille, tuile mécanique
Étages sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, étage de comble
Couvrements voûte en berceau
Couvertures toit à longs pans brisés croupe brisée
toit à longs pans
Escaliers escalier de distribution extérieur : escalier droit, en maçonnerie
Jardins pelouse, groupe d'arbres
États conservations restauré
Techniques sculpture
Précision représentations

Sur l'encadrement de la porte d'entrée principale : svastikas. Sur l'encadrement de la porte d'entrée secondaire : rosettes.

Statut de la propriété propriété d'une société privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections inscrit MH, 1999/02/10
Précisions sur la protection

L'inscription concerne les façades et toiture de la demeure, les portails d'entrée sur jardin et sur rue, les façades et toitures des dépendances est et ouest.

Références documentaires

Bibliographie
  • SCHLOSSER, Charles. Lembach. Au fil du temps. 2014.

(c) Inventaire général - Parent Brigitte - Fritsch Emmanuel
Emmanuel Fritsch

Chercheur au Service de l'Inventaire Général du Patrimoine Culturel, Alsace.


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- Raimbault Jérôme
Jérôme Raimbault

Chercheur au Service de l'Inventaire Général du Patrimoine Culturel de la Région Grand Est.


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