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Edito

Depuis sa création en 1964, les chercheurs, cartographes et photographes du Service de l’Inventaire du Patrimoine de la Région Alsace ont constitué une importante documentation sur le patrimoine alsacien, riche de plus de 50.000 dossiers documentaires et de près de 250.000 clichés. 

Réalisée en format papier jusqu’en 2004 puis nativement numérique, cette documentation est désormais accessible depuis le site internet de l'inventaire du Patrimoine d’Alsace. Vous êtes ici sur la page vous permettant d’accéder directement aux dossiers numériques. Celle-ci s’enrichira pour regrouper à terme l’intégralité de la documentation produite. Vous pouvez d’ores et déjà consulter environ 20 000 dossiers des communes et enquêtes dont la liste détaillée est disponible sur cette page

D’autres dossiers viendront bientôt compléter cette base. En attendant, nous vous invitons à consulter également les dossiers documentaires numérisés sur l’onglet « dossiers documentaires » de notre site ou sur le portail documentaire du Ministère de la Culture (http://www.culture.gouv.fr/culture/inventai/patrimoine/) 

Nous vous souhaitons une agréable découverte.

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Lumière sur

Centre ville

HISTORIQUE :

L’URBANISATION DU CENTRE-VILLE

Au milieu du XIXe siècle, l’urbanisation de ce secteur n’est pas engagée, exception faite de quelques terrains bâtis le long des deux axes de communication que constituent les routes de Bischwiller de Hausbergen. Ainsi, lorsque les sœurs de la Charité s’installent à Schiltigheim en 1857, c’est presque en pleine campagne qu’elles établissent leur orphelinat1.

La croissance du second 19e siècle

Les facteurs stimulants

Plusieurs éléments concourent à la transformation rapide de cet espace. Dès 1860, l’installation des industries strasbourgeoises à Schiltigheim, au premier rang desquelles comptent les brasseries, dans la pointe sud du territoire communal (les brasseries Schutzenberger en 1860, de l’Espérance en 1863, Fischer en 1884, mais également l’entreprise de conserverie alimentaire Ungemach en 1888, Vix Bara, etc.) en constitue la première étape. Ce phénomène de « débordement » strasbourgeois, se double de la création ou du développement d’entreprises schilikoises (brasserie Ehrhardt fondée en 1864).

Le réseau de chemin de fer joue également un rôle décisif2. Désirant tirer parti de la voie de chemin de fer Paris-Strasbourg inaugurée en 1852 qui traverse l’extrémité occidentale du territoire communal, plusieurs industriels de Schiltigheim fondent en 1870 la Société des chemins de fer de Schiltigheim qui prend en charge un certain nombre d’aménagements (magasins d’entrepôts, quais de chargement, voies de raccordement). En 1876 l’ouverture d’une seconde voie ferrée, de Strasbourg à Lauterbourg complète ce réseau.

Industrialisation et transport ferroviaire constituent deux facteurs qui ont largement influé sur les modalités du développement urbain du secteur envisagé. En effet, dans un premier temps, l’urbanisation ne s’y est pas faite par extension de l’ancien village, mais à partir des noyaux attractifs qu’ont constitués les usines sises en bordure méridionale du territoire communal, aux portes de Strasbourg et des voies de chemin de fer. Ainsi, les industriels et la bourgeoisie ont-il privilégié pour leurs implantations propres les terrains sis dans la partie est de ce secteur, de part et d’autre de la rue de la Patrie, tandis que des lotissements modestes sont réalisés à partir des années 1870-1880 entre la rue des Malteries et la voie ferrée Strasbourg-Lauterbourg3. Infirmant quelque peu cette hypothèse, les lotissements des rues de Charlemagne, du Soleil, de la Lune et de la rue Rouge, accolés au nord de l’ancien village semblent eux aussi être antérieurs à 1900. Leur développement semble toutefois pouvoir être rapproché de l’activité de l’entreprise de menuiserie Voglet dont le dirigeant, Emile Voglet, était également propriétaire d’une partie au moins des terrains sur lesquels ils sont aménagés.

Ainsi, et exception faite de ce dernier exemple, le développement urbain du secteur est amorcé depuis le sud et le sud-ouest de la commune pour remonter petit à petit vers le nord et l’est. Il est d’ailleurs éloquent que la nouvelle mairie construite en 1876 et le tribunal cantonal (1898) soient fondés en bordure méridionale du village à proximité immédiate du secteur industriel sud.

La jonction avec l’ancien village semble se faire dans les premières années du XXe siècle.

Les aménagements du début du XXe siècle

Au tournant du siècle, exclusivité de l’initiative privée

L’urbanisation du centre ville au tournant des XIXe et XXe siècle est le fait d’initiatives privées. Le lotissement précoce de la zone sud, évoqué précédemment, n’a pas permis à la commune, démunie d’outils réglementaires adaptés jusque dans les premières années du XXe siècle4, de contrôler ce phénomène dans ce périmètre. Reprenant le parcellaire agricole ancien, le lotissement s’y fait en bandes, selon un mode opératoire globalement identique : les lots se répartissent de part et d’autre d’une voie centrale prévue. Lorsqu’une partie des lots est vendue, le propriétaire du terrain semble se désintéresser de son bien, sans que ni la voie et ni les terrains non bâtis ne soient davantage aménagés. Le cas de la rue Moser, lotie à partir des années 1880, constitue un exemple éloquent5. Ce cas de figure, qui est attesté jusqu’à une date avancée du XXe siècle, est à l’origine du tracé rectiligne et souvent étroit des voies dans la partie sud et est du secteur (rue de l’Ecole, impasse des Fleurs, rue des Roses, rue de l’Etoile, rue Moser, rue Louise, rue des Bosquets, rue de Barr, rue Charlemagne, rue Rouge, etc.).

Parmi les personnes à l’origine de ces lotissements qui ont pu être identifiées, la majorité sont originaires ou résident à Schiltigheim. Dans le cas des lotissements les plus anciens (autour, voire avant 1900), les archives consultées mentionnent essentiellement l’identité des propriétaires des terrains. Ceux-ci semblent être dans l’ensemble des agriculteurs ou des artisans. La mention de personnes se déclarant entrepreneur (« Bauunternhemer ») n’apparaît que dans les années suivantes, dans le courant de la première décennie du XXe siècle, pour se généraliser par la suite.

Le cas d’Emile Voglet constitue à ce propos un exemple intéressant. Propriétaire d’une usine de menuiserie dans le village, il commence à lotir certains de ses terrains dans les années 1890 (lotissement de la rue Charlemagne6). Il intervient par la suite dans plusieurs opérations de lotissement où il est mentionné comme entrepreneur (5 autres parmi les lotissements repérés avant 1914). Il semble donc que, mesurant l’opportunité liée à la croissance de la commune, Voglet ait diversifié son activité. La maison qu’il se fait édifier à l’angle de la route de Bischwiller et de la rue de Rosheim témoigne de sa réussite.

Parallèlement, plusieurs aménageurs, Schilikois ou non, sont mentionnés comme architectes et entrepreneurs (le strasbourgeois Auguste Brion en 1902, Franz Scheyder à partir de 1905…). Les décennies suivantes conforteront cette évolution conduisant à une concentration de l’aménagement du territoire entre les mains de quelques « aménageurs professionnels » dont les noms apparaissent régulièrement dans les documents d’archives (Georges Luttmann, André Walzer).

Les premiers plans d’aménagement du centre ville

A partir de 1900, et face à l’activité des aménageurs, la ville tente de prendre position dans la politique d’urbanisation. Les lois de 1879 et de 1892 limitant la liberté de bâtir7 s’appliquent sur le territoire communal.

En 1900, le Conseil Municipal décide d’établir un règlement de construction (Bauordnung) pour le territoire communal. Son contenu, approuvé en 1902, témoigne de la volonté de la commune d’exercer un contrôle sur l’urbanisation de son territoire8. Elle établit la liste des documents à fournir pour l’obtention d’un permis de construire (section I) et fixe un certain nombre de prescriptions en matière d’hygiène et de sécurité (section II). La section III fixe les densités et les hauteurs maximales des constructions. Ces dernières sont conditionnées par la largeur de la rue. La Bauordnung, document réglementaire, est complétée par des plans d’aménagement (Bebauungsplan ou Baufluchtplan). Le premier exécuté, en 1900, est celui du secteur nord de la ville. C’est donc dans ce secteur, aux confins du territoire communal de Bischheim, que s’amorce la politique municipale d’aménagement du territoire. Aucun plan daté de 1900 n’a été retrouvé lors de l’enquête. En revanche, un Bebauungsplan, approuvé par l’administration impériale en 1915 (mais antérieur selon toute vraisemblance), montre les rues prévues ou nouvellement percées, organisées selon un réseau orthonormé dans lequel s’insèrent des îlots constructibles (« Bebauungsblock »). Certains chemins ruraux sont conservés en partie ou en totalité. Ainsi en est-il de l’ancien chemin rural du Hinterweg qui débouchait au nord sur le ban de Bischheim. En 1905, il est intégré à la voirie communale sous le nom de rue de Wissembourg9. Le chemin rural qui lui était parallèle, dans un premier tronçon, puis qui s’engageait vers l’ouest est en partie aménagé10. A la différence de la zone sud, le tracé des rues ne reprend que partiellement le parcellaire rural. Dans l’ensemble, ce plan d’aménagement a été respecté.

Entre 1903 et la guerre, des plans d’aménagements similaires sont élaborés pour les parties ouest et sud (à partir de 1903) puis est du secteur urbain. Leur validation respective en 1905 (partie sud et ouest) et 1909 (partie est) par décret impérial, permet à la ville d’encadrer l’initiative privée dans le domaine de la construction. Dans les zones où l’urbanisation était déjà engagée, le réseau projeté des voies tente de concilier les plans de lotissements en bandes, essentiellement le fruit de l’initiative privée et le réseau orthonormé prévu par la municipalité11.

Parallèlement, dans les zones jouxtant le territoire de Strasbourg, des modifications sont apportées aux plans d’aménagement pour concilier les stratégies d’aménagement des deux villes, en 1904, puis en 1910, dates auxquelles sont modifiés les règlements de construction de Strasbourg. La mise en œuvre progressive de ces éléments de contrôle du développement de la commune reflète le rythme de croissance de la ville. En effet, l’urbanisation de la commune, partie du sud et du sud-ouest du ban communal, se poursuit par le nord, l’ouest.

Au seuil de la première guerre mondiale, le secteur urbain envisagé est presque entièrement construit.

L’urbanisation du centre-ville pendant l’entre-deux-guerres

L’accélération du lotissement et la densification du bâti

Ralenti par la guerre, le rythme des lotissements reprend de plus belle à partir des années 1920. La mise sous séquestre de certaines entreprises, le manque de logements, ainsi que l’état du réseau urbain (eau, gaz, chaussées…)12 conduit les aménageurs à engager la construction de lotissements résidentiels sur des terrains industriels, plutôt que d’étendre la zone d’urbanisation de la commune. On assiste donc à une densification du secteur urbain et à une résidentialisation des zones industrielles. Ce phénomène, engagé vraisemblablement dès les années 1910, croît en importance dans les années 1920 et 193013.

L’intervention croissante de la commune

La nouvelle Bauordnung approuvée en 1921, met en place un système de zonages sur le territoire communal14. Le centre ville est divisé en zones industrielles, en zones ouvertes (pour les terrains encore non lotis) et en zones fermées, correspondant aux espaces urbanisés avant la guerre. De cette dernière catégorie, sont exclus certains ensembles classés en zone protégée (« Schutzgebiet »). Ceux-ci correspondent, au sud, au lotissement des rues de Sainte-Marie-aux-Mines, d’Andlau, de Benfeld, ainsi qu’aux lotissements des rues de Barr, des Bosquets, de Rosheim et le tronçon est de la rue de Mundolsheim et, au nord, aux terrains sis à proximité de l’église de la Sainte-Famille. Déjà sensible avant la guerre, la pénurie de logements devient véritablement problématique dans les années 1920 et 1930. Après de nombreuses tergiversations, la commune s’engage dans une politique volontariste en faveur du logement15.

Mise en œuvre dans les secteurs urbanisés ou à proximité immédiate et disposant encore de terrains libres, c’est dans le secteur du centre ville qu’il est possible d’en apprécier les réalisations.La transformation en logements d’usines mises sous séquestre au lendemain de l’armistice constitue une première étape rapidement insuffisante16.

Désirant encourager l’initiative privée, la Ville s’engage dès les années 1920 dans une démarche d’aménagement de rues et de vente de lots à bâtir à bas prix17. En 1926, elle adhère à l’Office départemental d’habitations bon marché rendant possible l’édification à l’est du centre-ville d’une cité d’HBM18. Celle-ci sera complétée au lendemain de la guerre par un second ensemble un peu plus au nord.

Le centre ville dans la seconde moitié du 20e siècle

1950-1977 : La modernisation du centre ville

Les nouveaux projets urbains mis en œuvre sur le territoire communal se font en lien avec le groupement d’urbanisme de Strasbourg (créé en 1951 et approuvé en 1959) et le plan directeur d’urbanisme de Schiltigheim conçu par l’architecte urbaniste Henri-Jean Calsat (validé, dans sa seconde version, en 1969). Ils répondent à trois objectifs : la fluidification du réseau de voies de communication, l’amélioration sanitaire du bâti ancien et l’augmentation du parc de logements ainsi que des équipements correspondants19.

Le centre ville, reste toutefois relativement à l’écart de ces bouleversements urbanistiques.Il demeure en effet guère touché par le plan de « remodelation » prévu par Calsat, dont l’emprise correspond, pour l’essentiel, à l’ancien village. De même, il n’y est pas prévu à court terme de grandes opérations urbaines qui se concentrent sur les secteurs non bâtis du territoire communal. Seules sont envisagées des opérations ponctuelles, d’envergure plus ou moins importante. Toutefois, celles-ci, par leur fréquence et leur présence sur l’ensemble du secteur envisagé modifient l’aspect du centre ville.

L’extension de l’espace bâti

Au cours de cette période, les espaces périphériques du centre ville qui demeuraient encore non lotis (au nord-est et sud-est essentiellement) sont aménagés. C’est notamment le cas du quartier urbain du Grasweg et du lotissement Pfoeller aux confins nord du territoire communal aménagés respectivement à partir de 1953 et 19609 ou, au sud, des lotissements de la rue Contades et Schiltighimer Matt en 1957 et 1960. Ces ensembles associent, dans des proportions variables, logements individuels et collectifs ainsi que équipements municipaux voire communautaires. Deux d’entre eux, le Grasweg et le lotissement de la rue Contades, se distinguent par une réflexion en matière d’aménagement paysager et, dans le cas du second, sur les cheminements piétons. Par ces caractéristiques, ces opérations se distinguent de celle dite « quartier sud-est » qui apparaît comme un fragment du projet urbain que Calsat entendait mener à l’échelle du centre ancien de la commune dans le cadre de son plan de « remodelation » approuvé en 196820.

L’aménagement des espaces résiduels

Parallèlement, des opérations sont mises en œuvre dans des terrains non bâtis interstitiels ou à la place d’édifices anciens jugés insalubres ou inadaptés. Poussées par l’urgence de la crise du logement qui s’accentue dans les années d’après-guerre, plusieurs opérations sont engagées à proximité immédiate de terrains déjà construits, sans doute afin de bénéficier des aménagements préexistants. C’est dans ce contexte qu’en 1947 est édifiée, sur une ancienne aire de jeu, la cité HBM de la rue Oberlin. Celle-ci apparaît comme le prolongement de l’ensemble HBM des rues d’Alsace, de Lorraine et de la Moselle.

Ce type d’opération sera reconduit dans les ensembles HLM de la rue Sainte-Odile et dans l’Opération Million, rue de Gambsheim21. Cette tendance se poursuivra dans les décennies suivantes, encouragée par ce qui apparaît comme le phénomène majeur du dernier quart du XXe siècle pour le centre ville de Schiltigheim : la désindustrialisation.

La fin du XXe siècle : la fin de l’ère industrielle

Dans les dernières années du XXe siècle, l’ensemble du secteur du centre ville est urbanisé. Tout nouveau projet implique désormais la destruction du bâti préexistant. Dans le même temps, on assiste à l’accélération du processus de désindustrialisation de Schiltigheim déjà engagé depuis quelques années. Né de l’industrie, autour de laquelle il s’était en partie structuré, le centre ville est le secteur le plus touché par ce phénomène. Les espaces laissés vacants par les usines ou les ateliers sont réutilisés –après destruction partielle ou totale des bâtiments, à des fins de logement dans la majorité des cas. Ces opérations concernent des sites d’importance tels que celui de l’ancienne brasserie Perle qui, après destruction du site, fait l’objet de plusieurs opérations d’aménagement à partir de 1984 (implantation d’une agence commerciale France Télécom, constructions de logements sociaux et de logements en accession à la propriété, ensemble hôtelier). Certains projets tentent de préserver, en partie du moins, le passé industriel du site, c’est notamment la cas de l’ancienne usine Ungemach aménagée en un ensemble de bureaux et de logements.

De nombreux sites artisanaux ou de petites industries sont également touchés par la désindustrialisation du centre ville. Si, du fait de leur échelle moindre, leur disparition ne bouleverse pas ponctuellement le paysage urbain, leur récurrence dans le centre ville contribue à modifier en profondeur le visage de celui-ci.

Au moment de la conduite de l’enquête d’inventaire, le centre ville reste confronté à la question, souvent douloureuse en raison de leurs implications sociales, de la fermeture des industries et du devenir des sites. Si, en 2000, le choix a été fait par la Ville du rachat et de la destruction quasi intégrale des bâtiments de la brasserie Adelshoffen (détruits en 2008), l’inscription au titre des Monuments Historiques de la brasserie Schutzenberger en 2007, la cessation d’activité de la brasserie Fischer en 2009 posent des questions nouvelles en matière de gestion et de valorisation de ce qui aujourd’hui apparaît comme le patrimoine de la Ville.

DESCRIPTION

Limites et éléments structurants

Le secteur urbain du centre ville, organisé autour de l’ancien village, occupe la partie centrale du ban de Schiltigheim pris entre la limite communale de Strasbourg, au sud, celle de Bischheim, au nord, l’avenue Pierre-Mendès-France à l’est et la voie-ferrée Strasbourg-Lauterbourg à l’ouest.

Les axes primaires

Il est structuré par un réseau de voies de communication qui le traverse selon un axe nord-sud. L’avenue Pierre-Mendès-France marque sa frontière à l’est. Plus à l’ouest, la route de Bischwiller en constitue en quelque sorte la colonne vertébrale, la voie ferrée de Strasbourg à Lauterbourg et la route du Général-de-Gaulle qui traversent sa partie sud. Les éléments structurants est-ouest sont moins saillants. On peut toutefois mentionner l’axe formé par les rues du Tribunal, de la Mairie se prolongeant par les rues Saint-Charles et la route de Hausbergen. Cet axe est renforcé par certains des édifices qui le bordent (brasserie Heineken, couvent Saint-Charles, gare de marchandise) et qui accentuent son caractère monumental.

Les axes secondaires

Quelques axes de communication secondaires ont pu être identifiés. Certains d’entre eux sont d’anciens chemins ruraux dont le rôle, par le passé, a sans doute été déterminant. Il s’agit notamment des rues des Poilus, de la Patrie, des Malteries, de Wissembourg et du tronçon sud de la rue de Vendenheim. C’est à partir de ces axes que s’est structuré l’urbanisation du centre ville suivant une orientation souvent orthogonale.

Structure et organisation de l’espace

Le bâti prédominant du centre ville remonte à la seconde moitié du 19e siècle et à la première moitié du 20e. Fruit d’un développement urbain somme toute maîtrisé tardivement, il mêle étroitement espaces résidentiels, commerce, artisanat et ensembles industriels. Ce phénomène est tout particulièrement marqué dans l’espace central du secteur, soit l’espace pris entre la route de Bischwiller et la voie ferrée. Les confins sud-ouest et nord-est semblent avoir conservé un caractère plus résidentiel, tandis que la frange sud-est apparaît comme une zone d’urbanisation plus récente.L’espace pris entre la rue de Dachstein, la route du Général-de-Gaulle et le cimetière Ouest est une zone à vocation essentiellement résidentielle. Reprenant le parcellaire agricole, son aménagement s’y est fait en lanières, les rues étant essentiellement orientées est-ouest. Sa partie orientale, prise entre la route du Général-de-Gaulle et la voie ferrée est l’une des zones d’urbanisation les plus anciennes du centre ville. Le réseau viaire y est étroit, le parcellaire de taille réduite et le bâti essentiellement composé de petites maisons avec quelques dépendances agricoles ou artisanales (voir notamment l’impasse des Fleurs, la rue Claire).

La zone ouest, légèrement postérieure (à partir des années 1900) est déjà en partie implantée sur le quartier de Schiltigheim Ouest22. Elle présente une typologie relativement proche, avec toutefois un caractère plus « rural » dans sa partie sud, à l’extrémité de la rue des Poilus où un bâtiment remarquable (No 10, rue de Cronenbourg) a pu être identifié. L’extrémité nord, présente, quant à elle, un caractère plus résidentiel. Quelques ensembles présentent une homogénéité et un certain soin dans la mise en œuvre des édifices (lotissement de la rue de Dachstein) tandis que des édifices présentant un intérêt pour l’histoire de la commune ont été repérés (cité ouvrière No 3 à 7A, rue de la Paix)

Le secteur de la rue des Malteries : compris entre la rue Saint-Charles, la route du Général de Gaulle et la route de Bischwiller. Traversé par la rue des Malteries qui en constitue l’épine dorsale et sur laquelle débouchent les rues orientées est-ouest, est une zone aujourd’hui essentiellement résidentielle dont l’urbanisation remonte aux premières décennies du 20e siècle. L’extrémité sud avait toutefois une vocation industrielle affirmée, dont, hormis la brasserie Fischer toujours en activité au moment de l’enquête, il est possible de déceler des traces (Vix Bara, rues d’Epernay et de Champagne, usines Kallinich, rue de Mundolsheim, brasserie A la Ville de Paris, route de Bischwiller et rue de Mundolsheim). Il convient bien entendu de considérer à part le couvent Saint-Charles, sis au sud de la rue du même nom. D’aspect globalement plus « urbain » que dans la zone précédente, le bâti, où se mêlent habitat, commerce et artisanat, voire petite industrie, est constitué de quelques maisonnettes (rue Moser, tronçon est de la rue Sainte-Hélène et, dans une certaine mesure, la rue Louise), de maisons datant pour l’essentiel de l’entre-deux-guerres (rue Jean-Jaurès, rue d’Epernay, rue du Nideck) et d’immeubles de rapport (rue d’Andlau, rue de Rosheim, rue de Benfeld, rue de Mundolsheim). Il présente un tissu essentiellement ouvert (rue Jean-Jaurès, rue Moser, rue Louise, rue d’Epernay) bien que quelques lotissements soient en tissu fermé (rue d’Andlau, rue de Benfeld, rue de Rosheim). Des ensembles cohérents et intéressants ont été identifiés (alignement rue des Bosquets, côté nord de la rue de Rosheim), de même que quelques édifices remarquables23.

Secteur compris entre les rues du Parc et Schutzenberger, la route de Bischwiller et la rue Schutzenberger. Cette zone, qui était essentiellement occupée par des établissements industriels dont certains sont encore en activité (anciennes brasseries Schutzenberger et de la Perle, établissements Quiri), présente également quelques ensembles résidentiels anciens (rue du Parc notamment dont le bâti est proche de celui des rues d’Andlau et de Rosheim).

Zone comprise entre la rue de la Patrie, la rue du Tribunal, l’avenue Pierre-Mendès-France et la limite communale sud. Cet espace, qui présentait une urbanisation peu développée jusqu’à la seconde moitié du 20e siècle (quelques édifices rues du Tribunal et du Barrage), a fait l’objet d’importants projets d’aménagement dans le troisième quart du 20e siècle. En ce sens, il constitue un espace de transition avec les secteurs occidentaux du territoire communal, d’urbanisation récente. Le tracé de voirie s’y différencie nettement des autres zones du centre ville (abandon de l’orientation est-ouest) et le bâti y est majoritairement implanté par blocs et isolé. Il est constitué à la fois d’équipements municipaux ou communautaires, et d’habitat individuel et collectif. La présence d’espaces vers (parc du château, jardin des Roses) en fait l’une des zones les plus vertes du centre ville.

Le secteur de la gare : entre la voie ferrée de Strasbourg à Lauterbourg, la limité communale nord, la route de Bischwiller et la rue Saint-Charles. Le développement de ce secteur s’est fait à partir des extrémités est (route de Bischwiller) et ouest (place de la gare) dont l’urbanisation est engagée au seuil du 20e siècle. La mise en place, dès ce moment, d’un plan d’aménagement (Baufluchtplan) a permis un développement raisonné de ce secteur selon une trame orthonormée. A l’exception de quelques édifices importants et structurants (ancienne brasserie Adelshoffen – en cours de destruction au moment de l’enquête, gare de Bischheim, église et cimetière de la Sainte-Famille, actuelle brasserie Heineken), le bâti remonte pour l’essentiel à la première moitié du 20e siècle et se compose de petits immeubles et de maisons. Plusieurs petits établissements artisanaux ou industriels ont été repérés, dont certains sont implantés en fond de parcelle (passages d’entrée en façades d’immeubles rue de Lauterbourg, rue de la Gare) témoignant de la diversité d’activité de cette zone. La présence de jardins regroupés en fond de parcelle, a été observée à plusieurs reprises, notamment rues de Sarrebourg et de Lauterbourg. Quelques ensembles homogènes ou intéressants ont pu être identifiés (débouché occidental de la rue de Sarrebourg). Dans le contexte de la densification du tissu urbain dans l’après-guerre puis dans celui de la désindustrialisation, plusieurs opération d’aménagement « en poche » ont été effectuées (ensemble HLM Sainte-Odile, ensemble d’immeubles le Tassigny, lotissement Léo-Lagrange, modification du tracé de la rue De-Lattre-de-Tassigny (ancienne rue de la Poste).

Secteur compris entre la route de Bischwiller, la limite communale nord, l’avenue Pierre-Mendès-France et l’ancien village. Cet espace présente un visage relativement disparate. L’extrémité orientale de ce secteur présente une urbanisation relativement ancienne (les rues Charlemagne, Rouge, du Soleil et de la Lune comptant parmi les plus anciennes du centre ville) avec une typologie de bâti proche de celles des rues des Roses, ou de la rue Moser (parcellaire réduit, maisonnettes en alignement de la voie, dépendances artisanales ou agricoles) se prolongeant par un type de bâti de type plus urbain remontant au premier tiers du 20e siècle (rue Woerth, cité HBM, rue de la Roberstau) que l’on retrouve également dans quelques ensembles au nord de la zone considérée (rue de Walbourg, rue de Niederbronn et de Haguenau). Comme dans le secteur de la gare et de la rue des Malteries, des espaces liés à l’artisanat, voire à la petite industrie sont mêlés à l’habitat.L’extrémité nord du secteur présente pour sa part une urbanisation plus récente (seconde moitié du 20e siècle) à caractère résidentiel.

1Voir dossier Ancien orphelinat Saint-Charles, maison de retraite, IA67018025 2Voir dossier les réseaux de l’agglomération de Strasbourg, IA67018201. 3Voir dossiers lotissement de la rue Moser, IA67015144 et lotissement de la rue Louise IA67015187 4cf. dossier ville IA67016136 5cf. dossier lotissement de la rue Moser, IA67015144 6Voir dossier IA670155145 7Ces lois, conçues dans un premier temps pour la Neustadt de Strasbourg (1879) puis étendues au reste du territoire de Strasbourg et aux communes qui en feraient la demande permettent aux autoristés municipales de contrôler dans une certaine mesure la production du bâti.8Voir dossier Ville IA67016641 9Voir dossier rue de Wissembourg, IA67015822 10Voir dossier rue de Vendenheim, IA67015823 11Voir dossier lotissement de la rue de Rosheim IA67015049 12cf. plan d’Otton Sauer dans dossier Ville 13cf. dossier lotissement de la rue de Sainte-Marie-aux-Mines, Benfeld, Andlau IA67015047, lotissement de la rue du Nideck IA67015098, lotissement Vix-Bara IA67015106 14voir dossier ville, IA67016641 15cf. dossiers Les cités, IA67016643 16cf. dossier Ancienne usine de fabrication de cigarettes Kallinich, actuellement immeubles à logements IA67015097 17cf. dossiers lotissement de la rue du Soleil, lotissement de la rue d’Alsace 18cf. dossier Cité dite cité d'Habitations à Bon Marché réf. IA67015563 19cf. dossier ville, IA67016641 20cf. dossier quartier sud-est IA67015568 21cf. dossiers Cité dite cité d’Habitation bon Marché IA67016037, Cité d'Habitation à Loyers modérés Sainte-Odile, Lotissement de la rue de Gambsheim, voir également dossier Les cités : IA67016643 22Cf. Quartier de Schiltigheim ouest IA67016329 23Brasserie Fischer (IA67013876), maisons 9 et 48, rue de Mundolsheim (IA67015067 et IA67013981), maison 21, rue de Barr (IA67015066), maison 55, route du Général-de-Gaulle (IA67013602)
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